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2017:L’ANNÉE DES CHEFS?

3 Jan 2017 | PAR Alain Foulon
Et si, tout simplement, la crise actuelle était une crise de l’autorité, le résultat d’une pénurie de vrais chefs, dotés d’une vision, d’une stratégie et surtout d’un pragmatisme leur permettant de prendre la bonne décision au bon moment ? François Bert, ancien officier parachutiste à la Légion étrangère, reconverti dans le management avec son cabinet « Edelweiss RH » fondé en 2011, vient de publier un petit livre de 100 pages fort instructif sur la question. « Le temps des chefs est venu – Autopsie de la personnalité présidentielle & solutions pour l’avenir » (Éditeur : CreateSpace Independent Publishing Platform) se montre assez féroce avec les principales personnalités politiques françaises qui ont dirigé l’État ou ont la prétention de le diriger. François Bert cite Louis XIV : « Gouverner, c’est laisser agir la facilité du bon sens », et il examine le cas des sept présidents de la Ve République française à travers les figures du « prêtre », du « prophète » et du « roi », ce dernier étant le chef par excellence. Seuls Georges Pompidou et François Mitterrand font partie de cette catégorie et cela étonnera sans doute plus d’un lecteur d’en voir exclu le général de Gaulle. Mais François Bert explique comment celui-ci est davantage un visionnaire qu’un chef de guerre. À trois reprises, lors de grands tournants historiques, il semble dépassé par les événements et ne prend pas les bonnes décisions : en 1946 (à la sortie de la guerre), puis au moment de la guerre d’Algérie et, enfin, lors de la révolte étudiante de mai 68 qui entraîne un vaste mouvement social et son départ. Depuis Nicolas Sarkozy et François Hollande, la pénurie de chefs s’est aggravée et l’on a bien du mal à distinguer des personnalités de chef parmi ceux qui briguent le mandat présidentiel à l’heure actuelle. Marine Le Pen elle-même est victime de la dictature des communicants et s’en tient à la catégorie du « prêtre », au contraire de Marion Maréchal-Le Pen qui n’est cependant pas la candidate du Front national. Sur la scène internationale, des chefs ont émergé comme Vladimir Poutine, mais l’on ne sait pas encore ce qu’il en sera de Donald Trump lorsqu’il sera censé exercer le pouvoir. Une chose est sûre, on manque de chefs et la classe politique a besoin de se renouveler. Au contraire de ce qu’on pourrait penser, le chef n’est pas celui qui manifeste de l’autoritarisme (de ce côté-là, le « prêtre » et le « prophète » peuvent être autant, sinon plus redoutables). Il est celui qui se place au-dessus de la mêlée, mais « se nourrit des contextes pour produire du discernement et donc de la décision ». Ce qui lui confère une autorité naturelle. On pourrait presque dire « surnaturelle » et ce n’est pas pour rien que François Bert se penche sur le personnage de Jeanne d’Arc. Ceux qui veulent en savoir plus peuvent accéder à une interview de François Bert à partir du lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=mwGwc3G2Lmo
 
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