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Madagascar

Afrobaromètre : la corruption gangrène la Grande île

10 juil 2019 | PAR Solofonjatovo Ranaivo
Transparency International - Initiative Madagascar reste convaincue que, sous conditions, la Grande-île pourrait enrayer la corruption. - Solofo Ranaivo / L'Eco austral
Transparency International, en partenariat Afrobaromètre, vient de publier le résultat de sa vaste enquête sur la corruption dans 35 pays en Afrique en 2017. Pour Madagascar, comme pour la grande majorité des États du continent d’ailleurs, les chiffres ne traduisent rien de bon.

Une triste hausse. En 2017, le taux de citoyens malgaches touchés par la corruption atteint les 27 % contre 16 % en 2015. Le nombre de personne affirmant avoir payé un pot-de-vin au cours de l’année 2017 a augmenté considérablement. Quant aux opinions de la population, 76% des individus interrogés dans le cadre de ces enquêtes de l’Afrobaromètre pensent que la corruption a empiré en 2017. Seuls 10 % des Malgaches considèrent que la présidence de Hery Rajaonarimampianina a fait de l’action positive pour lutter contre la corruption. Ce qui met Madagascar en 2e place en Afrique en termes d’insatisfaction quant à la lutte contre cette gangrène qui entrave au développement, tant économique, sociale que politique du pays.
« Certes, la réalité a certainement changé depuis ces deux ans, mais ce document servira toujours d’outil pour les décideurs », lance Désiré Razafindrazaka, Directeur de Coef Ressource, partenaire national d’Afrobaromètre à Madagascar. En effet, réalisé en janvier 2018 et concernant les douze mois de 2017, les chiffres s’avèrent obsolètes sachant que la politique de l’Etat et les actions menées pour lutter contre la corruption ont bien changé depuis cette année.
Transparency International dépose ces résultats auprès des décideurs afin qu’ils puissent adapter la politique anticorruption à la réalité. Afrobaromètre avance des recommandations en fonction de la réalité relevée sur terrain, comme entre autres la création de mécanismes pour recueillir les doléances des citoyens et la protection des lanceurs d’alerte (sachant que les gens ont peur des représailles), l’adoption de la transparence dans le financement des partis politiques… En effet, le document est assez complet. Il montre par exemple que les services des forces de l’ordre (la Police précisément) sont le plus corrompu, les juges et les magistrats suivent tout juste après.
Sans avoir eu de données chiffrées, Transparency International s’attend à des résultats meilleurs pour le prochain tour de ces enquêtes. Ayant tiré, très probablement, de l’inspiration des précédents Afrobaromètre, l’Etat malgache se montre très impliqué dans la lutte contre la corruption depuis janvier 2019.

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