ID

Maurice

Agalega : un autre Diego Garcia ?

30 mai 2021 | PAR Jean-Michel Durand
Des images satellites, en libre accès sur « Google Maps », démontrent la construction d’une piste d’atterrissage et d’une jetée sur l’archipel mauricien de 250 habitants. (Photo Goggle Maps).

« Maurice n’a aucun accord avec l’Inde pour mettre en place une base militaire à Agalega », a martelé le Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth, à l’Assemblée nationale. Toutefois le chef du gouvernement, reconnaissant les travaux sur l’archipel, devait ajouter qu’outre une « nouvelle piste de trois kilomètres de long et la jetée », il y aura « une tour de contrôle, un terminal passagers, un hangar, de l’éclairage de piste permettant des atterrissages de nuit (…) ». Surtout que « des avions et bateaux militaires (apparemment sans exclusivité de nationalité - NDLR) se poseront et jetteront (bien) l’ancre à Agalega » (…). Et pour rassurer la représentation nationale et la population, il devait préciser « qu’aucun entrepôt pour le stockage d’armes et de munitions ne sera construit ».
Cette intervention au Parlement était très attendue, mais, pour de nombreux observateurs, elle n’a guère dissipé les interrogations de la population et de la communauté internationale, en particulier du « grand océan Indien ». Car depuis plusieurs mois, des « fuites », appuyées par des analyses et des articles de presse, souvent publiés en Inde, et surtout des images satellites édifiantes, en libre accès sur Google Maps, ont bien démontré la construction d’une piste d’atterrissage (de 3 000 mètres) et d’une jetée sur l’archipel mauricien de 250 habitants.
Mais surtout se pose la question du pourquoi de tels travaux dont le coût s’élèverait à 87 millions de dollars entièrement pris en charge par l’Inde. L’accord signé entre les deux États n’a jamais été clairement dévoilé et donc expliqué…
New Delhi renforce à la fois ses infrastructures militaires, via des bases dans des pays alliés (vassaux ?), et ses alliances en particulier avec Paris et Canberra pour contrer l’influence de Pékin dans notre région.
Mais pour Port-Louis, il y a deux risques majeurs.
Sur le plan intérieur, cela risque de renforcer la défiance d’une partie de la population mauricienne exaspérée par « cet alignement systématique » envers l’Inde. Or l’actuel gouvernement semble très impopulaire.
Sur le plan extérieur, de nombreux analystes pointent la contraction des autorités mauriciennes qui, d’un côté, contestent la présence militaire américaine sur l’archipel (mauricien) des Chagos et de l’autre autorisent la construction d’infrastructures permettant l’accueil d’aéronefs (l’Inde, qui est puissance nucléaire, a acquis, en 2016, 36 avions de combat Rafale) et de navires militaires étrangers. Enfin se pose le respect par Port-Louis du traité de Pelindaba dont elle est signataire et qui a pour objectif de créer une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique…
 

Réagissez à cet article en postant un commentaire

 

Maurice

Agalega : un autre Diego Garcia ?

« Maurice n’a aucun accord avec l’Inde pour mettre en place une base militaire à Agalega », a martelé le Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth, à l’Assemblée nationale. Toutefois le chef du gouvernement, reconnaissant les travaux sur l’archipel, devait ajouter qu’outre une « nouvelle piste de trois kilomètres de long et la jetée », il y aura « une tour de contrôle, ...