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Madagascar

Agriculture biologique : un secteur porteur à promouvoir

L’agriculture biologique fait vivre directement plus de 45 000 producteurs. ©Droits réservés
Face aux multiples problèmes affectant la filière bio, le Syndicat malgache de l’agriculture biologique (Symabio) se mobilise. Et pour cause, le secteur connaît une croissance des volumes exportés de 33 % par an depuis dix ans.

À Madagascar, l’agriculture biologique existe depuis 1980 mais ne s’est développée qu’au milieu des années 1990. Aujourd’hui, la surface certifiée bio est de 121 000 hectares plantés et en collectes sauvages, soit la première dans l’océan Indien et la quatrième sur 39 en Afrique. Les surfaces exploitées se concentrent sur presque toute la côte est, au nord et sur l’île de Nosy Be. La filière fait vivre directement plus de 45 000 producteurs de fruits frais et transformés, d’épices et autres plantes à parfum. La Grande Île est ainsi le premier producteur mondial de vanille ou d’huile essentielle d’ylang-ylang certifiées biologiques. 
Le secteur connaît une croissance annuelle des volumes exportés de l’ordre de 33 % par an depuis 2008. D’après Gaëtan Etancelin, président du Syndicat malgache de l’agriculture biologique (Symabio), le chiffre d’affaires annuel serait de l’ordre de 90 millions d’euros en 2018 contre 22,6 millions en 2012. Le pays exporte ses principaux produits vers les marchés européens, en particulier la France, la Hollande, l’Allemagne, la Belgique et l'Italie, et vers États-Unis. Le marché des pays asiatiques, en particulier le Japon, est également en très forte progression depuis ces deux dernières années.
Malgré tout, des problèmes subsistent. Outre la difficulté à satisfaire des demandes exponentielles, l’importance du bio est méconnue à grande échelle, explique le président du Symabio. « Les producteurs basculent vers le conventionnel même à l’issue d’une première certification, faute de marchés réguliers annuels, même si un investissement en formation ou autre leur a été donné ».  
Également à blâmer, l’absence d’informations sur les principes et méthodes de production, les difficultés d’accompagner les producteurs, le manque d’informations sur les marchés, la faible maîtrise des systèmes de contractualisation, de traçabilité et de contrôle et l’absence de cadres politique, réglementaire et de normes.

 

Symabio anime un réseau de 5 000 partenaires producteurs, représentant plus de la moitié du secteur.
Symabio anime un réseau de 5 000 partenaires producteurs, représentant plus de la moitié du secteur.   ©Procom
 

Cadre réglementaire

Symabio, qui compte une trentaine de membres et un réseau de 5 000 partenaires producteurs en milieu rural, représentant plus de 50 % du secteur, s’est fixé plusieurs objectifs. En plus de la mise en place d’un cadre réglementaire, qui devrait être présenté au Parlement cette année, il veut promouvoir des mécanismes d’apprentissage et de parrainage entre entreprises pour accélérer l’acquisition de connaissances et faciliter la conversion au bio. 
Le renforcement des compétences des agriculteurs certifiés biologiques ou non, à travers un plan de formation en adéquation avec les pratiques des régions d’implantation, est également prévu. La mise en place de territoires à vocation agricole biologique augmenterait par ailleurs la surface cultivée en bio du pays, une approche de développement territorial innovante, car c’est la zone qui est certifiée et non l’individu. Le concept est d’ailleurs en train d’être élaboré en partenariat avec l’organisme de certification Ecocert. Et pour le développement du marketing pays, la mise en place du label « Bio Origines Madagascar » est à privilégier pour protéger l’identification géographique des lieux de production face à la concurrence.

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