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Réunion

Alain Akbaraly « La silver économie représente un vivier d’emplois »

1 oct 2019 | PAR Arnaud Thomelin | N°344
Au sein de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion (CCIR), Alain Akbaraly préside la commission Services aux entreprises et à la personne. En suivant de près l’évolution de la silver économie et son potentiel de développement.

 

Alain Akbaraly
La Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion veut professionnaliser la filière de la silver économie.  ©Droits réservés
 




L’Éco austral : La Réunion a-t-elle pris conscience des enjeux liés à la silver économie ? 
Alain Akbaraly
: Bien entendu ! La filière silver économie a vu le jour au plan national en 2013 seulement. À La Réunion, existait alors déjà, depuis plusieurs années, un groupement des entreprises de services à la personne. Évidemment, l’économie des seniors recouvre un champ d’activités beaucoup plus vaste que les seuls services à la personne, mais la CCIR a bénéficié de cette expérience pour initier dès 2015 le Club de la silver économie.  
 
Quels sont les objectifs de ce club ? 
En regroupant les entrepreneurs et les porteurs de projets locaux, dans des domaines très variés (santé, domotique, habitat, loisirs…), l’idée et la réalité d’une silver économie réunionnaise ont émergé. Autour de cette structure, une dynamique s’est créée, qui encourage l’innovation, notamment technologique. Afin de récompenser les acteurs les plus impliqués, un Challenge du bien-vieillir a d’ailleurs été lancé. Par ailleurs, la tenue d’afterworks B-to-B trimestriels permet d’entretenir le réseau et les échanges entre les différents acteurs, privés et publics. À ce jour, on estime qu’une grosse centaine d’entreprises péi sont partie prenante de la silver économie.  Et ce nombre ne va faire qu’enfler ! La silver économie, c’est le futur proche et toutes les entreprises s’y préparent inévitablement. 

L’enjeu est-il également social pour La Réunion ? 
La silver économie constitue une niche et un vivier d’emplois essentiels pour l’avenir de notre île et de sa jeunesse, particulièrement touchée par le chômage. Je parle ici de plusieurs dizaines de milliers d’emplois potentiels à créer pour répondre aux besoins suscités par la silver économie ! C’est la raison pour laquelle je porte depuis plusieurs années un projet de création d’un pôle d’excellence, avec des formations professionnalisantes adaptées au marché. L’ambition est de professionnaliser la filière, en apportant le confort d’un plateau technique dédié aux entreprises et aux apprentis. Je l’espère pour 2020 ou 2021 au pire.
L’autre enjeu social de la politique publique liée à la silver économie tient au maintien des personnes âgées à domicile, dans des habitats adaptés. En effet, sur les quelque 15 000 personnes âgées dépendantes que recense La Réunion, près de 90 % vivent à domicile, contre 60 % seulement en Métropole. Et d’ici 2030, le nombre de seniors en situation de dépendance devrait plus que doubler… Les enjeux sociaux, sanitaires et d’habitat sont donc énormes. C’est pourquoi je sensibilise actuellement les députés réunionnais à ces spécificités, et je milite pour l’adoption d’un décret silver économie particulier visant à accompagner les DOM en matière de silver économie. Car la silver économie, c’est avant tout l’économie du bien-vieillir, au service de nos aînés.  

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