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Alain Ripert, membre du directoire de la Cepac en charge de l’Outre-mer : « Nous avons réunifié La Réunion et augmenté les délégations »

1 mar 2019 | PAR Alain Foulon | N°337
« Les critiques que j’ai entendues étaient justifiées. Les dossiers de crédit prenaient trop de temps à être instruits. » Guillaume Foulon
Le « Monsieur Outre-mer » de la deuxième Caisse d’Épargne de France a tout revu en nommant un seul directeur commercial, Pierre Bonnery, responsable également de Mayotte et doté de plus de pouvoir sur les financements. Katia Schlögel est chargée du marché des entreprises.

Alain Ripert qui, au sein du directoire de la Cepac, à Marseille, se consacre à 100 % à l’Outre-mer, a pris le temps d’analyser la situation. Mais il avait l’avantage de connaître La Réunion et notamment la clientèle de la BR dont il a été administrateur. « Les critiques que j’ai entendues étaient justifiées. Les dossiers de crédit prenaient trop de temps à être instruits. » Des inconvénients qui s’ajoutaient au bug informatique subi lors de la fusion (la Cepac a absorbé la BR), sans parler du choc culturel à gérer avec des départs à la clé. « C’est vrai, la fusion a été douloureuse et cela fait seulement quelques mois que nous en sommes sortis. On peut dire que 2018 a été encore une année transitoire. » Alain Ripert a d’ailleurs attendu que la banque soit en ordre de marche pour annoncer officiellement sa réorganisation. « Après deux ans, nous pouvons dire que nous avons une culture commune (Cepac et BR – NDLR), mais dans le respect des spécificités des uns et des autres. »
C’est donc le 7 mars qu’un communiqué officiel a annoncé les changements engagés dès le début de l’année. Il s’agit de la réunification de La Réunion que se partageaient auparavant deux directeurs commerciaux : Sébastien Nourry et Pierre Bonnery. Ce dernier prend en charge l’ensemble du territoire alors que Sébastien Nourry a rejoint la Caisse d’Épargne Rhône Alpes.
La réunification s’accompagne d’un niveau de pouvoir décisionnel plus élevé. Alain Ripert ne veut pas citer de montant, mais il assure que le changement est conséquent. « Je fais pleinement confiance à Pierre Bonnery qui connaît bien le marché pour avoir occupé des postes à responsabilités à la BR depuis 2004. Il a d’ailleurs été directeur des risques. » À noter que Katia Schlögel, chargée du marché des entreprises, est également une ancienne de la BR où elle a été notamment analyste risque et responsable des engagements. Aux côtés de Pierre Bonnery et de Katia Schlögel, un directeur adjoint en charge des marchés spécialisés a été nommé en la personne d’André Auzet qui est issu de la Caisse d’Épargne.
Quand on signale à Alain Ripert que le pouvoir de décision demeure quand même à Marseille pour les gros dossiers, contrairement au Crédit Agricole qui est une caisse locale autonome, il répond : « On peut aussi voir ça comme un avantage car le poids de la Cepac lui permet d’aller très loin. » 
Le patron de l’Outre-mer considère que le niveau de réactivité locale devrait être suffisant pour que la banque soit plus compétitive alors que la fusion lui a fait perdre des parts de marché.  
Au-delà de la réunification et de l’augmentation des pouvoirs, Alain Ripert envisage de renouer avec certaines spécificités de la BR comme l’organisation de son grand cocktail annuel où se pressaient, non seulement les gros clients, mais tous les acteurs économiques de l’île. En ce qui concerne le département de Mayotte qui se situe dans le périmètre de Pierre Bonnery, il est suivi par un directeur de territoire en la personne de Richeville Robert. Pour Alain Ripert, Mayotte n’est pas qu’une simple annexe de La Réunion. « Nous voulons avoir une politique spécifique pour ce territoire. » 

Alain Ripert met fin à une énorme fraude au Cameroun
Connu dans la région pour avoir dirigé la BMOI à Madagascar de 2012 à 2015, Alain Ripert a par la suite dirigé au Cameroun la BICEC, une autre filiale du groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d’Épargne). C’est là qu’il met fin à une fraude interne évaluée à 82 millions d’euros, la plus grosse jamais subie par le groupe. Âgé de 57 ans, ce diplômé d’EM Lyon, première école de commerce de province en termes de résultats, a commencé sa carrière à la Banque de Savoie, une banque régionale et familiale qui ressemblait beaucoup à ce qu’était la Banque de la Réunion (BR). Cette banque est entrée en 1988 dans le groupe CCF. Et c’est en 1994 qu’Alain Ripert a rejoint le réseau Caisse d’Épargne qui appartient aujourd’hui au groupe BPCE. 
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Alain Ripert qui, au sein du directoire de la Cepac, à Marseille, se consacre à 100 % à l’Outre-mer, a pris le temps d’analyser la situation. Mais il avait l’avantage de connaître La Réunion et notamment la clientèle de la BR dont il a été administrateur. « Les critiques que j’ai entendues étaient justifiées. Les dossiers de crédit prenaient trop de temps à être instruits. ...