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ALTEO : L’émergence d’un nouveau poids lourd régional

12 avr 2014 | PAR La rédaction | N°284
Sébastien Lavoipierre (à gauche), directeur des opérations d'Alteo et Patrick de Labauve d'Arifat, CEO : « L’union fait la force. » - Davidsen Arnachellum

Résultat de la fusion des activités sucrières du groupe CIEL et de celles du groupe GML, ce nouvel acteur se développera à Maurice et en Afrique dans l’industrie de la canne (y compris l’énergie), dans l’immobilier et sans doute dans l’éco-tourisme. 

Au 30 juin 2013, fin de son premier exercice financier, Alteo affichait 153,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et 35,6 millions d’euros de résultat net, de quoi occuper la 45e position dans le classement des 500 premières entreprises de la région. Un bon début pour ce nouvel acteur qui a vu le jour le 20 juillet 2012, suite à la fusion entre Deep River-Beau Champ Limited (DRBC) du groupe CIEL et Flacq United Estates Limited (FUEL) du groupe GML. Mais ces deux poids lourds de l’économie mauricienne ne détiennent que 20,96% du capital pour CIEL et 27,46% pour GML, le reste du capital (51,58%) étant coté à la Bourse. « L’union fait la force. Dans une conjoncture difficile, cette fusion rend nos activités plus compétitives et permettra de mieux développer certains projets à Maurice et dans la région », déclare-t-on du côté des deux groupes fondateurs.

Dans la corbeille de la mariée, CIEL a apporté son programme immobilier Amalthéa, nouvelle phase d’Anahita, mais aussi son activité sucrière en Tanzanie, au pied du Kilimandjaro. Une vaste plantation, une usine sucrière, une usine thermique et la possibilité de développer un projet d’éco-tourisme en profitant d’un paysage et d’un climat attractifs. Surtout que la Tanzanie connaît à l’heure actuelle un boom spectaculaire de son activité touristique. Alteao n’en dit pas plus pour l’instant et se charge d’y cultiver 8 000 hectares de cannes qui donnent quelque 100 000 tonnes de sucre. Une montée en puissance pourra se faire en récupérant notamment les équipements des sucreries de Maurice qui ont cessé leurs opérations. 

 

PROJET D’UNE NOUVELLE CENTRALE AVEC PLUS DE BIOMASSE
 

À Maurice, la fusion renforce la productivité de l’industrie sucrière qui a dû faire face à une importante baisse du prix du sucre, imposée par l’OMC (Organisation mondiale du commerce) à l’Union européenne. On ne parle d’ailleurs plus d’industrie sucrière, mais d’industrie de la canne et Alteo est impliquée dans la production d’énergie. Suite à la fermeture de la sucrerie de DRBC et afin d’honorer le contrat signé avec le CEB (Central Electricity Board), Alteo fera fonctionner sa centrale principalement avec du charbon jusqu'en 2015. Une évolution qui a irrité les partisans d’une île Maurice plus verte. Mais Patrick d’Arifat se veut rassurant en précisant qu’il ne s’agit que d’une solution transitoire qui ne dépassera pas un an. L’apport de bagasse permettra de réduire la part du charbon. « La centrale devait de toute manière bruler du charbon pendant l’entrecoupe, environ six mois. Suite à la fermeture de la sucrerie de DRBC, les cannes acheminées vers Union Flacq permettront à la centrale d’Alteo Energy Ltd de produire quelque 50 GWh d’énergie bagasse additionnelle et de réduire ainsi de manière significative sa production d’énergie à partir du charbon », explique Sébastien Lavoipierre, Chief Operations Officer Industrial Activities d’Alteo.

Pour s’engager encore davantage dans les énergies renouvelables, Alteo a aussi soumis à la National Energy Commission un projet pour une nouvelle centrale à très haute efficience qui permettrait de maximiser l’énergie produite à partir de la bagasse et de toute autre biomasse disponible, incluant la paille de canne, le bois et l’Arundo Donax, une plante particulièrement performante en terme de production d’énergie et dont la plantation a été lancée à Maurice. La nouvelle centrale aura une capacité de 50 MW à 110 Bar de pression et encouragera la production de biomasse, favorisant un développement durable.

 

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