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Après la crise économique, une crise politique voire constitutionnelle ?

30 aoû 2020 | PAR La rédaction
75 000 voire 150 000 personnes (Maurice compte 1,3 million d'habitants) auraient arpenté les rues de la capitale mauricienne, le 29 août. Le mot d'ordre, la sauvegarde de l'environnement, a largement été occulté par des revendications socio-politiques. - DR
S’il est difficile d’évaluer la foule qui a arpenté les rues de la capitale mauricienne hier - certains évoquent 75 000 voire 150 000 personnes (Maurice compte 1,3 million d'habitants), il est indéniable que cette manifestation a été une grande réussite. À noter que la diaspora mauricienne s’est, elle aussi, mobilisée de par le monde.

Mot d’ordre principal des manifestants ? La crise du MV Wakashio (du nom du vraquier qui s’est échoué fin juillet) et surtout sa gestion. Mais cette crise semble surtout avoir cristallisé toutes les colères et frustrations d’une population mauricienne déjà durement frappée par la crise post-Covid-19. Selon une récente étude de l’INSEE locale et de la Banque mondiale, 30 % des foyers mauriciens ont vu leur revenu baisser  !
Bref, il parait évident que derrière cette volonté de protéger et de sauvegarder l’environnement se cache d’autres revendications socio-économiques mais aussi politiques. 
Et si de multiples scénarios ont été et sont élaborés, il apparait évident que la personnalité charismatique de Bruneau Laurette pourrait bousculer le jeu politique. Cet expert en krav-maga (art martial d’origine israélienne) est à l’initiative de cette marche. Il avait déjà porté plainte contre les ministres de l’Environnement, Kavi Ramano, et de la Pêche, Sudheer Maudhoo, pour avoir « failli à leurs tâches pour protéger nos lagons ».
Est-ce que Bruneau Laurette saura capitalisé sur cette mobilisation ? À noter que la classe politique, qui après avoir pris ses distances avec lui, s’en est rapproché. Mais elle a été assez discrète lors de la marche de samedi… 
Quoiqu’il en soit, l’un des éléments d’attractivité de Maurice est sa stabilité politique - de par sa nature, le le régime politique parlementaire est très stable - mais à contrario il empêche l’émergence de nouvelles forces politiques.
Certains éditorialistes ont évoqué un « Printemps mauricien » en référence aux printemps arabes qui ont abouti, en 2010-2012, à la chute de multiples régimes. Or la plupart de ces printemps ont « mal tourné et les hivers, qui ont suivi, ont été et sont rudes ».
Et Maurice, qui est déjà frappé par une grosse crise économique, peut-il se permettre une crise politique, voire constitutionnelle ?
En effet, imaginons que face à cette manifestation massive de défiance, le Premier mauricien décide de dissoudre l’Assemblée nationale et donc de provoquer de nouvelles élections législatives.
S'il les gagne, ce qui est possible vu le modèle politique actuel qui prévaut (il faut tenir compte des circonscriptions clés), que se passera-t-il alors ? 

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Après la crise économique, une crise politique voire constitutionnelle ?

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