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Maurice

Areff Salauroo veut des DRH qui gèrent les « richesses humaines »

1 aoû 2017 | PAR Jean-Michel Durand | N°321
« Il y a encore des dirigeants qui ne croient pas en l’importance d’une gestion efficace de la principale ressource de l’entreprise : l’humain. » Beekash Roopun
Le président de la MAHRP (Association of Human Resource Professionals of Mauritius) se penche sur le rôle incontournable du DRH dans un environnement économique et social en pleine mutation.


L’Eco austral : Quels sont les problèmes que rencontrent les directeurs des ressources humaines (DRH) et quelles solutions avez-vous identifiées ? 
Areff Salauroo
: Ils sont liés aux évolutions économiques et sociétales comme le vieillissement de la population, la baisse de la natalité, l’urbanisation, etc. À ces défis, que je dirais structurels, s’ajoutent d’autres problématiques liées à notre marché du travail, comme la promotion de la culture du travail, la culture organisationnelle, l’innovation et les améliorations continues, l’optimisation de la chaîne de production et la logistique. Autre point important : la question de la performance tant individuelle que collective, et cela tout en assurant la motivation.

Le métier de DRH évolue profondément à Maurice. Vous-mêmes, vous préférez parler désormais de gestion des richesses humaines plutôt que de gestion des ressources humaines ?
Oui, j’ai opté pour ce terme parce que nous devons reconsidérer la place de l’humain dans le travail. L’entreprise ne peut exister qu’avec les hommes et les femmes qui la constituent. Ainsi, la question des plans de carrière est devenue primordiale. Les employés veulent faire progresser leurs carrières. Mais comment acquérir de nouvelles compétences dans un environnement en pleine mutation ? La technologie, l’intelligence artificielle et la robotisation l’impactent profondément. Il faut s’adapter et se « réformer ». C’est pourquoi la MAHRP a organisé dernièrement une conférence internationale sur « l’avenir du travail et de l’emploi ».

Beaucoup d’entreprises, en particulier les petites PME, n’ont pas les moyens d’avoir un DRH. L’externalisation est-elle une solution ?
Les entreprises doivent à tout prix développer ce poste. Malheureusement, il y a encore des dirigeants qui ne croient pas en l’importance d’une gestion efficace de la principale ressource de l’entreprise : l’humain. Bien sûr, la technologie permet d’externaliser quelques aspects de notre fonction. Toutefois, le cœur de notre métier doit rester dans les mains de spécialistes. La motivation, la culture, la satisfaction, la performance, la formation et la promotion doivent être gérées professionnellement afin de construire une entreprise compétitive.

LA MAHRP
L’Association of Human Resource Professionals of Mauritius a été créée en 1976. Son objectif est de promouvoir et de développer le profession-nalisme dans la gestion et le développement des ressources humaines. Elle apporte sa réflexion sur l’environnement professionnel et social et sur la législation. La MAHRP compte 400 membres dont une dizaine de Corporate Members et trente étudiants.
AREFF SALAUROO
Il est le directeur des ressources humaines de La Sentinelle Ltd, groupe de presse, éditeur notamment du quotidien L’Express, et imprimerie, qu’il a rejoint en 2007. Il a débuté sa carrière comme DRH chez Mauri-Garments. Il a ensuite rejoint Air Mauritius, puis la State Investment Corporation. Areff Salauroo détient un MBA et un Postgraduate Diploma en Quality Management. Il est membre du Chartered Institute of Personnel and Development. Il détient également un Fellowship de l’Indian Institute of Quality Management. Il a été reconduit à la présidence de la MAHRP en 2016.
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Areff Salauroo veut des DRH qui gèrent les « richesses humaines »

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