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Océan Indien

Armée française : des responsabilités sur 24 millions de kilomètres carrés

5 sep 2014 | PAR La rédaction | N°287
Général Jean-François Hogard : « Nous devons veiller à la souveraineté française sur une zone maritime de 3 millions de kilomètres carrés et sur 11 îles. » - DR
Les Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI), basées à La Réunion, sont l’un des quatre centres de commandement français sur le continent africain, en charge de la zone la plus vaste où surveillance, coopération et interventions humanitaires vont de pair.

Quelque 3 millions de kilomètres carrés de domaine maritime français et 11 îles à surveiller. Ce n’est pas le « Désert des Tartares », célèbre roman de Dino Buzatti où un vieux fort militaire fait face à un désert énigmatique. La mer poissonneuse attire son lot de pirates et le général de division Jean-François Hogard, issu d’une famille de militaires, ayant assuré deux fois un commandement en Afghanistan, est en charge d’une zone de 24 millions de kilomètres carrés. Il conduit en effet la coopération militaire française dans la zone de la COI (Commission de l’océan Indien) et dans le périmètre de la SADC (communauté de développement d’Afrique australe). Ce baroudeur issu des troupes aéroportées est sur le départ et devrait quitter son poste fin juillet. « L’idée, c’est d’être l’élément moteur de la zone COI et d’apporter notre contribution à la constitution d’une force africaine », déclare-t-il à propos de sa mission. « La brigade australe est déjà opérationnelle. » Le fruit d’une coopération qui passe par l’envoi de formateurs et par l’accueil de militaires des pays de la SADC. La surveillance et la protection maritimes occupent une place importante dans l’activité des FAZSOI (Forces armées de la zone sud de l’océan Indien). Récemment, il a fallu former des commandos mauriciens comme EPE (Équipes de protection embarquées) affectées aux nouveaux thoniers senneurs-surgélateurs de la SAPMER battant pavillon mauricien. Une unité anti-piraterie a été formée aux Seychelles avec la collaboration d’experts des autres pays de la COI. Une action menée dans le cadre du programme MASE financé à hauteur de 37 millions d’euros par l’Union européenne. Un accord de partenariat de défense est en œuvre avec l’Union des Comores, « différent d’un accord de défense, précise le général Hogard, car il vise à développer la coopération, mais il ne prévoit pas d’intervention automatique. Huit accords de ce type ont été signés en Afrique. Il n’y a d’ailleurs plus d’accord de défense sur ce continent ».
Le canal du Mozambique est un espace stratégique où se concentrent gaz et pétrole… et des pirates somaliens de loin en loin. Pas moins de 2 000 kilomètres constituent la frontière entre les eaux mozambicaines et la zone économique exclusive (ZEE) française. D’où le recours salutaire aux satellites. « Les bateaux de toutes les grandes puissances évoluent dans la région. »
Les FAZSOI ont aussi leur poids économique, à La Réunion, où siège leur commandement, en employant 2 200 personnes. Une force interarmées capable de répondre à une crise de tout type. Comme en 1983 où des parachutistes du 2ème RPIMA (Régiment parachutiste d’infanterie de marine), basé à La Réunion, ont sauté sur Agaléga pour apporter les premiers secours suite au cyclone Andry et alors que l’île n’était plus accessible. À Tuléar, fin 2012, c’est 50 tonnes de fret alimentaire qui ont été acheminés à Tuléar par le patrouilleur L’Albatros. 

En 1983, des parachutistes du 2ème RPIMA (Régiment parachutiste d’infanterie de marine), basé à La Réunion, ont sauté sur Agaléga pour apporter les premiers secours suite au cyclone Andry et alors que l’île n’était plus accessible. - Armée de l’air/Alban Battestini
 

GÉNÉRAL JEAN-FRANÇOIS HOGARD

Il est le commandant supérieur des forces armées dans la zone sud de l’océan Indien depuis le 1er  août  2011. Général de division depuis 2013, il est âgé de 53 ans et père de trois enfants. Il a servi dans l’armée de terre et plus précisément dans les troupes aéroportées où il a commandé le 3ème RPIMA (Régiment parachutiste d’infanterie de marine), basé à Carcassone. Le général Hogard a mené à de nombreuses reprises des missions à l’extérieur, au Tchad, en Irak, en Centrafrique, en Côte d’Ivoire et en Afghanistan à deux reprises. Il est officier de la Légion d’Honneur, commandeur de l’Ordre national du mérite, croix de la Valeur militaire (2 citations), commandeur de la Légion d’Honneur de Côte d’Ivoire, officier de l’Ordre du 27 juin de Djibouti, Meritorious Service Medal (États-Unis), Ordre de Maiwand (Afghanistan) et chevalier de l’Ordre national malgache.
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