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Attitude Réunion veut valoriser les entreprises qui s’impliquent dans le territoire

1 juin 2016 | PAR Philippe Stéphant | N°309
Arnaud Lobez (à gauche), fondateur de l’agence de notation Biom Work et Jean-Louis Dupuis, président d’Attitude Réunion, lors de la COP 21 : « C’est avant tout pour la défense de l’emploi réunionnais que nous cherchions un outil de différenciation pour les entreprises qui réinvestissent localement. » DR
Cette nouvelle association est issue d’un partenariat avec Biom Work, une agence de notation d’un genre particulier. Elle s’intéresse à la valeur ajoutée sociétale à travers l’emploi, les contributions au service public et à l’environnement.

La Biom attitude fait son chemin à La Réunion depuis octobre 2015, déjà adoptée par plus de 70 entreprises. Une appellation qui évoque la notion de biome, un ensemble d’écosystèmes qui se maintiennent en vie dans une aire géographique déterminée. « Partout, des entreprises agissent pour dynamiser leur territoire, favorisent le bien-être de leurs salariés et privilégient des fournisseurs locaux, remarque Arnaud Lobez, fondateur de l’agence de notation Biom Work, à Nantes, fin 2012. Combien pèse cette valeur ajoutée sociétale qui s’exprime par l’emploi, les contributions au service public et les actions en faveur de l’environnement ? De plus en plus, les écarts de prix dans les offres dépendent des politiques responsables des entreprises et des charges attenantes. Il faut donner un prix à cette valeur et rendre ces entreprises visibles en les évaluant de manière objective et indépendante. » 

UN INDICATEUR POUR VENDRE MIEUX

Ingénieur, Arnaud Lobez a construit son expertise au cours d’une vingtaine d’années au sein de grands groupes français où il étudiait des modèles économiques permettant de mettre en place du développement durable sur les territoires. Aujourd’hui, Biom Work lui permet de mettre son expérience en application avec le plus grand nombre. L’agence opère sur tout le territoire national, déjà partenaire d’un réseau d’entreprises et de collectivités qui représentent 12 500 emplois et près de 3 milliards d’euros de contributions à l’emploi et à l’environnement. 
Pour remettre l’homme au cœur de l’économie, selon le discours de Biom Work, le développement durable se construit à partir de l’emploi local et des contributions sociales et fiscales qui financent des services publics se tournant de plus en plus vers l’environnement. Il fallait donc un indicateur pour calculer et quantifier ce que l’entreprise apporte, en plus des biens ou services marchands, à son territoire. C’est le rôle de l’indicateur Biom, qui devient aussi un argument de vente et d’achat. 
 

Elsa Panechou, responsable du développement de Biom Work Réunion :  « Le calcul est réalisé en fonction du bilan comptable et de 72 critères issus de 35 référentiels publics du développement durable. »  DR
Elsa Panechou, responsable du développement de Biom Work Réunion : 
« Le calcul est réalisé en fonction du bilan comptable et de 72 critères issus de 35 référentiels publics du développement durable. »  DR
 

UN INDICATEUR QUI NE MENT PAS

« C’est l’indicateur qui nous manquait pour pouvoir, dans tous les secteurs, justifier des engagements d’une entreprise en faveur du bien commun, déclare François Mandroux, directeur général de Master Group, leader de la communication dans l’océan Indien. C’est très important pour moi, dans le domaine des services et de la dématérialisation, pour donner aux clients des critères objectifs de comparaison avec des offres qui paraissent moins chères. » L’indicateur Biom permet de visualiser l’effet « Kiss Cool » d’un prestataire en faveur de l’écosystème régional, et la moins-value collective que peut représenter une offre moins contributrice. 
« J’ai toujours rêvé d’un indicateur simple qui ne mente pas et qui mesure le bien commun auquel je contribue, confie Arnaud Lobez. C’est tout simplement un indicateur comptable. Le pourcentage de son chiffre d’affaires que reverse une entreprise sur son territoire à travers l’emploi, les services publics et toutes les actions qu’elle mène pour l’environnement. » Avec cet indicateur, les entreprises vendent mieux, valorisent l’acte d’achat responsable de leurs clients et donnent du sens au travail de leurs salariés.
 

Ingénieur, Arnaud Lobez a construit son expertise au cours d’une vingtaine d’an-nées au sein de grands groupes français où il étudiait des modèles économiques permettant de mettre en place du développement durable sur les territoires.  DR
Ingénieur, Arnaud Lobez a construit son expertise au cours d’une vingtaine d’an-nées au sein de grands groupes français où il étudiait des modèles économiques permettant de mettre en place du développement durable sur les territoires.  DR
 

LA CRÉATION D’UNE AGENCE BIOM WORK RÉUNION

À La Réunion, territoire insulaire, cet indicateur de rupture, pour une nouvelle dynamique locale, manifeste un pouvoir rassembleur. « Nous avons créé l’association Attitude Réunion pour toutes les entreprises et collectivités partenaires de la Biom Attitude », annonce Patrice Fages, président du groupe éponyme, leader dans l’aménagement paysager. La responsabilité du développement de Biom Work est confiée à une Réunionnaise, Elsa Panechou, qui ouvrira officiellement l’agence Biom Work Réunion d’ici quelques semaines. « Le processus d’évaluation, pour l’attribution d’un indicateur Biom, sera toujours effectué à Nantes, pour des raisons impératives de confidentialité, souligne Elsa Panechou. Le calcul est réalisé en fonction du bilan comptable et de 72 critères issus de 35 référentiels publics du développement durable. C’est un travail de fond, qui nécessite un dialogue étendu pour identifier toutes les actions et dépenses à valeur sociétale menées par l’entreprise. Vient ensuite une étape de restitution où l’analyse est entièrement expliquée et détaillée chez l’adhérent. » 
Biom Work emploie six personnes à Nantes et une cinquantaine de collaborateurs dans tout l’Hexagone. Sa mission de notation est donc rétribuée par les entreprises adhérentes. À partir de 550 euros, en pré-évaluation, pour les commerçants et TPE, et de 2 350 euros pour les structures employant moins de dix salariés. La prestation court sur deux ans et inclut des outils de communication et des outils commerciaux qui assurent la visibilité de la démarche. La valeur de référence est de 22% du chiffre d’affaires recyclés dans l’économie locale. Au-delà, l’indicateur décerne la mention « Très Bien » et même « Excellente » à partir de 44%. 
 

Patrice Fages, président du groupe éponyme, leader dans l’aménagement paysager : « Nous avons créé l’association Attitude Réunion pour toutes les entreprises et collectivités partenaires de la Biom Attitude. »  Philippe Stéphant
Patrice Fages, président du groupe éponyme, leader dans l’aménagement paysager :
« Nous avons créé l’association Attitude Réunion pour toutes les entreprises et collectivités partenaires de la Biom Attitude. »  Philippe Stéphant

VENDRE LA VALEUR BIOM RÉUNION À L’EXPORT

« C’est avant tout pour la défense de l’emploi réunionnais que nous cherchions un outil de différenciation pour les entreprises qui réinvestissent à La Réunion, déclare Jean-Louis Dupuis, président des Ets Legros, qui a représenté la démarche Attitude Réunion à la COP 21, en décembre 2015. Nous l’avons trouvé dans cet indicateur, que je souhaite devenir un marqueur influant et un élément pondérateur pour la rédaction d’appels d’offres et l’utilisation des finances publiques régionales. » Président de la nouvelle association, Jean-Louis Dupuis relie cette dynamique à celle de la stratégie du bon achat, désormais défendue par quinze organisations professionnelles et huit collectivités territoriales. « Attitude Réunion porte un ensemble de mesures concrètes pour faire de nos entreprises locales la force de notre économie », commente Dominique Vienne, président du groupe Convergence, qui a découvert l’existence de l’indicateur Biom en 2015. Dans le partenariat avec Biom Work est incluse la création d’un observatoire « Où va notre argent ? » et d’une commission étudiant la façon de vendre la valeur Biom à l’export. « Il faut vendre le bien qu’on fait à la planète et proposer du dévelop-pement, en faisant convergence pour optimiser les investissements », conseille Arnaud Lobez. L’idée de créer une French Love Mark réunionnaise à partir de Biom est déjà évoquée pour valoriser les offres de La Réunion à l’export.

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