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Océan Indien

Au secours ! Les néocons vont revenir avec Hillary Clinton

27 oct 2016 | PAR Alain Foulon | N°313


Entre l’ingérable populiste Donald Trump et l’ancienne ministre des Affaires étrangères chargée d’une multitude de casseroles, comme le montre l’inventaire de Charles Gave dans ce numéro, on se demande qui est le plus dangereux pour la paix du monde. Mais l’on doit déjà s’attendre à l’arrivée d’Hillary Clinton à la tête de la première puissance militaire du monde. Plus par rejet de l’épouvantail Trump que par un réel assentiment des Américains. De la même manière qu’en France, François Hollande a pu profiter en 2012 du rejet de Nicolas Sarkozy ou que Sir Anerood Jugnauth, à Maurice, a bénéficié, en décembre 2014, de l’impopularité de Navin Ramgoolam. Dans le sillage d’Hillary Clinton, on verra le retour des « néocons » particulièrement doués quand il s’agit de semer le chaos aux quatre coins de la planète. Mais bon ! L’Amérique d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a seulement dix ans. Elle devra compter avec un monde multipolaire et sa survie en tant que grande puissance repose sur l’inféodation de l’Europe. Ce qui nous promet de passionnantes parties d’échecs (ou de jeu de go) avec une Histoire qui revient au grand galop. 

L’OCÉAN INDIEN AU CŒUR DE LA GÉOPOLITIQUE MONDIALE


Nos îles de l’océan Indien peuvent sembler bien loin de cette scène géopolitique, mais pas autant que cela puisque les marines de guerre des grandes puissances naviguent dans nos parages, que Diego Garcia, dans l’archipel des Chagos, abrite une base militaire américaine et que certains journalistes d’investigation ont établi un lien avec la disparition mystérieuse du Boeing 777 de Malaysia Airlines… Sans parler du terrorisme islamique qui s’étend en Afrique, non loin de nos rivages. On ressent plus positivement le monde multipolaire sur le plan économique avec, du côté de Madagascar, un développement des relations d’affaires avec la Turquie et bientôt peut-être avec la Russie, un voyage de prospection étant organisé par la Chambre de commerce de Moscou pour novembre prochain. N’oublions pas non plus les investissements chinois, y compris à La Réunion avec un hôtel haut de gamme à Saint-Philippe. 
La géopolitique se trouve aussi aux premières loges quand il s’agit des relations entre la France et ses anciennes colonies. Les îles Eparses restent un sujet de discorde, compliqué d’ailleurs puisque les Glorieuses sont revendiquées à la fois par Madagascar et par les Comores. Mais c’est surtout Mayotte qui ressemble à une épine dans le pied… 

ERICKA BAREIGTS DÉCEVANTE À MAYOTTE


La départementalisation de cette île de l’archipel des Comores n’a pas arrangé les choses, sur le plan politique aussi bien qu’économique puisqu’elle accentue la distance. Et rend plus attirant ce territoire où les Comoriens considèrent qu’ils sont chez eux tout autant que dans les trois autres îles de l’archipel. Ce qui ne les empêche pas de profiter du droit du sol français. En clair, quand une Anjouanaise entre clandestinement à Mayotte pour y accoucher, son enfant a droit à la nationalité française. La récente visite de la ministre des Outremer, Ericka Bareigts, à Mayotte est d’ailleurs décevante puisqu’elle s’est contentée d’annoncer plus de moyens pour lutter contre l’immigration clandestine. Une fois encore, on s’attaque aux effets mais pas à la cause. On intercepte les clandestins et on les renvoie à Anjouan ; ils reviennent par la suite s’ils ne se noient pas au passage. Un tonneau des Danaïdes dont on ne vient jamais à bout. Il suffirait pourtant que la France remette en cause à Mayotte ce droit du sol et que, dans le même temps, elle contribue au développement du reste de l’archipel. Je n’ai pas les chiffres en main, mais je suis prêt à parier que l’investissement dans un hôpital et une maternité de bon niveau à Anjouan serait moins coûteux que les dispositifs d’interception des immigrés clandestins en mer ou à Mayotte et le financement de leur retour à la case départ. Le développement du reste de l’archipel aurait d’ailleurs un effet sur celui de Mayotte puisqu’il générerait du pouvoir d’achat dont pourraient profiter les entreprises mahoraises qui réclament une zone franche. Demande à laquelle est restée sourde la ministre. Mais sans doute qu’à six mois de l’élection présidentielle, son rôle est plutôt de ratisser large avec ce nouvel attrape-nigaud qu’on appelle « l’égalité réelle ». 

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