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Maurice

Aurélie Li : au nom du père

« Bien-sûr que la transition avec mon père fait encore des étincelles. Mais nous nous complétons, surtout nous nous écoutons. » Photo : Davidsen Arnachellum
À la tête de l’entreprise familiale Albert Trading, elle a su surfer sur l’évolution sociologique et économique du pays pour constituer en quelques années un groupe aux activités diversifiées. Premier portrait de notre série sur les nouveaux entrepreneurs mauricien.

« Nous réussissons enfin à nous rencontrer », s’excuse, poignée de main énergique, la directrice d’Albert Group. Il est vrai qu’Aurélie Li a dû annuler deux rendez-vous pour nous accueillir dans le salon d’accueil de l’entreprise familiale où trônent fièrement les récompenses recueillies. « En cinquante d’existence », précise la jeune trentenaire comme pour mettre en avant la longue chaîne commencée avec la petite quincaillerie créée en 1969 par Albert Li, son grand-père, et dont elle est aujourd’hui le maillon fort. 
Vêtue d’un ensemble blanc, lunettes de soleil sur le front, difficile d’imaginer - n’était de légers cernes  trahissant un emploi du temps bien chargé - qu’on a en face de soi une véritable « working girl » qui enchaîne réunions stratégiques, rendez-vous avec les fournisseurs et rencontres avec ses 90 salariés (dont 50 pour Albert Trading). « J’ai passé huit ans en Angleterre où j’ai bouclé mes études en business et comptabilité et débuté ma carrière, puis j’ai fait le choix du retour aux sources en 2013. » Pour s’installer confortablement dans le fauteuil d’« héritière » qui lui est naturellement destiné, Business as usual ? Ce serait mal la connaître.

Profondes mutations

Tout au contraire, Aurélie Li va développer le portefeuille d’activités de l’entreprise. Surfant sur l’évolution sociologique et l’augmentation du pouvoir d’achat des Mauriciens, elle duplique le modèle à succès d’Albert Trading en ouvrant, en 2015, avec son cousin Christopher revenu du Canada (il a depuis intégré l’entreprise), Urban Home. Situé au centre commercial de Bagatelle, ce magasin, « qui s’inspire de la chaîne d’ameublement britannique Habitat », se veut « le » lieu où on trouve des luminaires (la marque de fabrique d’Albert Trading), des meubles, des accessoires de décoration et des produits de rénovation. « Tous nos produits sont mis en situation. Ma jeune sœur, qui est architecte d’intérieur, nous conseille même si elle réside à l’étranger. » Preuve du succès, l’enseigne a aujourd’hui trois magasins. Convaincue que sa stratégie est la bonne, elle continue sur sa lancée. 
 C’est à ce moment que Christopher et son épouse Carine, une ancienne directrice de la formation pour Guerlain au Canada, découvrent The Face Shop, la marque coréenne de cosmétiques naturels. Créée en décembre 2003, cette filiale du chaebol (conglomérat) LG, à l'instar de la marque française Yves Rocher, « allie science et nature pour proposer des produits de qualité et bon marché ». Carine convainc Christopher d’obtenir le contrat de représentation pour Maurice et l'Afrique et ouvrent leur première boutique au Caudan.

Nouveaux besoins

« Malgré son nom, les produits The Face Shop s'adressent à l’ensemble du corps. Ils sont adaptés aux différents types de peaux que l'on trouve sous les tropiques », assure Aurélie Li. Cette nouvelle offre dédiée aux Mauriciens, mais aussi aux étrangers, prouve que l’élévation du pouvoir d’achat a créé de nouveaux besoins « qu’il aurait été difficile d’imaginer, il y a encore 15 ans », reconnaît la jeune femme. 
Pour acter ces profondes mutations, l’entreprise devient alors Albert Group avec à sa tête Aurélie. Son père, Charles, en devenant le président. Elle chapeaute quatre structures dont Albert Trading et ses deux divisions, l'une spécialisée dans l'outillage et l'autre dans le luminaire. « Cela reste notre core business, ces deux activités représentent toujours 50 % de notre chiffre d'affaires ». Les trois autres sont liés à la volonté de positionner le groupe sur le bien-être : il s’agit d’Urban Home, de The Face Shop et de l’entité qui gère la marque Agathe Bijoux. Quel chemin parcouru depuis la quincaillerie d’Albert Li…

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