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Réunion

Avec ses logiciels, Fouad Mazouz réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’export

1 avr 2016 | PAR La rédaction | N°307
À La Réunion, Orika emploie 20 personnes mais a besoin d'une dizaine d'ingénieurs, difficiles à trouver dans l'île. L'entreprise n'a qu'un seul commercial et travaille beaucoup par le bouche à oreille et sur les salons professionnels.
Son entreprise Orika développe sur une base Linux des logiciels de caisse pour la grande distribution et les enseignes de bricolage. Elle gère plus de 8 000 caisses

Né à Casablanca, au Maroc, Fouad Mazouz arrive en France à l’âge de 19 ans pour intégrer une école d’ingénieurs à Paris. À la fin de ses études, il travaille comme chercheur pour le compte de grandes entreprises telles que IBM et Bull. Au cours de ses premières expériences, l’opportunité lui est donnée de réaliser une mission à La Réunion. Il y restera quatre ans avant de retourner vivre à Casablanca où il travaille dans une banque d’affaires. Passionné par les possibilités de développement qu’offre Linux, il revient s’installer à La Réunion et crée la société Orika en 2001. La première idée est de former des ingénieurs au système d’exploitation ouvert Linux. Orika forme ainsi des personnels de l’AFPAR à l’utilisation de Linux afin qu’ils forment d’autres personnes à leur tour. Puis, la société va se tourner vers le développement de logiciels de caisse presque par hasard. Fouad Mazouz dépanne la borne de prix d’un ami qui possède un hypermarché. Ce dernier constate que sa nouvelle machine marche mieux que l’ancienne en ne lui coûtant pratiquement rien. Le groupe Ravate connaît le même problème et Orika le résout. 
 

Fouad Mazouz : « Linux n'appartient à personne, on peut l'orienter à son goût. Dans les systèmes fermés, on ne peut rien changer. Ce n'est pas pour rien que 80% des serveurs web utilisent Linux. »
Fouad Mazouz : « Linux n'appartient à personne, on peut l'orienter à son goût. Dans les systèmes fermés, on ne peut rien changer. Ce n'est pas pour rien que 80% des serveurs web utilisent Linux. »

ORIKA VISE MAINTENANT LE MARCHÉ RUSSE

Le bouche à oreille va aller très vite. L’entreprise signe un accord de partenariat avec IBM, ce qui lui permet d’apporter l’engagement d’un géant mondial. « On trouve à La Réunion tout ce qu’on trouve dans le monde, mais en miniature. Ce qui permet un retour très rapide sur nos développements. Toutes les enseignes françaises dans la grande distribution et le bricolage sont là. Nous pouvons donc tester nos produits. La proximité permet d’être plus souple. Nous avons d’ailleurs sorti l’allemand Wincor Nixdorf de La Réunion », se félicite Fouad Mazouz. Aujourd’hui, Orika réalise un chiffre d’affaires de plus de 3 millions d’euros dont 70% à l’export. La société a un drapeau à New York, à Singapour, à Varsovie (Pologne), en Belgique, à Rabat (Maroc), à Maurice, à Madagascar et dans les Antilles françaises. Elle vise maintenant le marché russe. « Nous sommes en négociation avec le groupe allemand SAP, ce qui nous donnera un accès plus facile aux grands groupes européens. » 

DES CLIENTS DE DIMENSION MONDIALE

À La Réunion, l’entreprise s’occupe de 900 caisses. Au niveau mondial, elle gère plus de 8 000 caisses dont 1 800 au Maroc. « Nous venons de signer avec Score et nous devons avoir 60% du marché local réunionnais puisque nous avons tout le monde sauf Leclerc et Carrefour. Après l’expérience réunionnaise, le groupe Schiever, franchisé Auchan et premier employeur de la Région Bourgogne, a pris le pari de miser sur nous pour tout son système de front office », indique Fouad Mazouz. Pour l’instant, la cible correspond à des clients qui réalisent 1 à 2 milliards de chiffres d’affaires avec environ 1 000 caisses. Mais une montée en puissance est prévue. Orika est en train de signer avec un client italien qui réalise 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec 6 000 caisses. À terme, l’entreprise vise des clients de dimension mondiale comme Intermarché qui représente 33 000 caisses ou Carrefour avec ses 30 000 caisses. 

UNE DIVERSIFICATION DES PRODUITS

Orika met en avant le « front office » mais a également développé des logiciels de « back office ». Le logiciel de caisse est un produit parmi une dizaine d’autres. L’entreprise propose ainsi un logiciel de marketing, un logiciel de gestion de la fidélité des clients, un logiciel de « cash management » qui gère tous les flux financiers dans le magasins, un logiciel qui va gérer la vente via les automates et des logiciels de e-commerce. La société travaille actuellement sur un logiciel relatif à la fraude car les vols représentent jusqu’à 2% des stocks. À La Réunion, Orika emploie 20 personnes mais a besoin d’une dizaine d’ingénieurs, difficiles à trouver dans l’île. L’entreprise n’a qu’un seul commercial et travaille beaucoup par le bouche à oreille et sur les salons professionnels.  Pour Orika, l’open source est facteur d’innovation fantastique qui permet d’utiliser une richesse fonctionnelle permanente. « L’open source de Linux, c’est un livre ouvert, contrairement aux logiciels propriétaires qui sont fermés. On peut maintenant faire des tableaux de bord avec des chiffres actualisés en permanence ce qui permet de se situer par rapport aux objectifs fixés. Linux n’appartient à personne, on peut l’orienter à son goût. Dans les systèmes fermés, on ne peut rien changer. Ce n’est pas pour rien que 80% des serveurs web utilisent Linux », conclut Fouad Mazouz.

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Avec ses logiciels, Fouad Mazouz réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’export

Né à Casablanca, au Maroc, Fouad Mazouz arrive en France à l’âge de 19 ans pour intégrer une école d’ingénieurs à Paris. À la fin de ses études, il travaille comme chercheur pour le compte de grandes entreprises telles que IBM et Bull. Au cours de ses premières expériences, l’opportunité lui est donnée de réaliser une mission à La Réunion. Il y restera quatre ans avant de re...