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Réunion

Bernard Fontaine, directeur général de la SIDR « un opérateur global au service du logement social »

« Cinq cents logements neufs vont être livrés en 2018. Depuis 1982, 3 500 familles sont devenues propriétaires de leur logement. » Guillaume Foulon
Bernard Fontaine est à la tête de la Société immobilière du département de La Réunion (SIDR), première entreprise publique locale, créée en 1949. Bailleur social numéro un avec 26 000 logements, la SIDR veut consolider son développement avec l’entrée dans son capital de la Société Nationale Immobilière (SNI).

L’Eco austral : L’actionnariat a été remanié en profondeur avec le rachat de la SIDR par la SNI. Qu’est ce cela change concrètement ?
Bernard Fontaine
:  Actionnaire majoritaire à 53 %, l’État a revendu en 2017 34 % de ses parts à la SNI, une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, premier bailleur social français avec 350 000 logements. La SIDR est ainsi adossée à un expert du logement avec des ressources incomparables en ingénierie financière et technique. Cela doit nous permettre d’être encore plus ambitieux dans notre politique d’offre locative, d’entretien du patrimoine, mais également de gestion financière puisque nous nous rapprochons de notre premier financeur, la Caisse des dépôts. 

Quels sont vos axes de développement ?
Diversifier notre offre de logements avec l’objectif d’avoir une couverture des besoins du territoire encore plus adaptée. Après le logement locatif très social où nous apportons une réponse massive, nous voulons également investir le prêt locatif social, une catégorie intermédiaire très minoritaire. Nous continuons de nous adresser aux publics les plus vulnérables avec, par exemple, le lancement de résidences sociales seniors, comme l’opération Astrolabe en centre-ville de Saint-Benoît : 80 logements qui seront livrés d’ici fin 2019 en partenariat avec le promoteur et exploitant Les Villages d’Or, qui prévoit d’en construire 800 d’ici 2020. 

Qu’en est-il de votre politique de rénovation ?
La SNI est une maniaque du patrimoine et va nous aider à intensifier notre politique de maintenance, dont le budget a quasiment triplé depuis quatre ans. À La Réunion, 83 % des logements souffrent de problèmes d’infiltration, et cela s’explique par une mauvaise réalisation. Le contrôle technique doit être plus pointu et il nous faut sécuriser nos modes opératoires. Chaque année, 600 logements sont rénovés. Avec les projets ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine), 2 600 logements ont été refaits de fond en comble dans les quartiers Ravine Blanche à Saint-Pierre et Camélias à Saint-Denis, pour un coût supérieur à 250 millions d’euros. La nouvelle ANRU concerne six villes et 3 000 logements SIDR. 

Comment a évolué la SIDR depuis sa création ?
Elle a évolué d’un marché captif à un marché concurrentiel et doit fournir un effort de gestion accru pour équilibrer financièrement ses activités. Aujourd’hui, La Réunion compte sept bailleurs sociaux. La SIDR est la première entreprise publique de l’île avec 450 salariés et un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros. C’est un opérateur global qui aménage, construit, loue, vend et entretient. C’est ainsi que 500 logements neufs vont être livrés en 2018. Depuis 1982, 3 500 familles sont devenues propriétaires de leur logement.  

À plus long terme, quelles sont vos ambitions ? Comment voyez-vous votre métier ? 
La gestion locative sera notre cœur de métier. Il faut mieux prendre en compte le locataire, mais il faut aussi produire plus de foncier aménagé, c'est-à-dire des terrains équipés pour accueillir des logements, car il y a une carence en la matière et les communes sont limitées dans leurs moyens financiers. À moyen terme, nous voulons nous positionner aux côtés des investisseurs comme co-aménageur du projet d’écocité porté par le TCO (Communauté d'agglomérations du Territoire de la Côte Ouest), une ville durable et complète de 30 000 logements à l’horizon 2030-2040. La ville intelligente est une ville qui se construit sur elle-même, qui optimise l’utilisation de l’espace urbain et des équipements publics.

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