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Océan Indien

Bernard Stroïazzo-Mougin veut produire dans l’océan Indien un biocarburant moins cher que le pétrole

1 aoû 2016 | PAR Jean-Michel Durand | N°311
Bernard Stroïazzo-Mougin, fondateur et Pdg de Bio Fuel Systems (BFS) : « La décarbonatation est l’unique solution actuellement viable pour lutter contre le changement climatique. » BFS/BASMA
Cet ingénieur français au passé sulfureux a mis au point un procédé qui, à partir de micro-organismes, permet de fournir un pétrole brut décarbonaté et des produits à hauteur valeur ajoutée comme les Oméga-3 et la spiruline. Et tout cela en neutralisant des émissions industrielles…

L’Eco austral : Avant de présenter votre projet, nous allons parler un peu de vous. Vous avez écrit un livre intitulé « La manipulation Kerbala », publié aux Presses de la Cité en 1993. Dans cet ouvrage, vous expliquez votre rôle dans la vente à l’Iran de boîtiers électroniques pour 240 missiles Hawk. Votre nom apparaît également dans une affaire de livraison d’armes à des Tchétchènes. Et tout dernièrement, la compagnie d’électricité de Madère aurait remis plus de 9 millions d’euros à votre entreprise Bio Fuel Systems pour une usine qui n’a jamais été achevée. Que répondez-vous ?
Bernard Stroïazzo-Mougin
: Je suis effectivement l’auteur du livre « La manipulation Kerbala ». Travaillant à cette époque en Iran pour une entreprise pétrolière internationale, deux gouvernements occidentaux m’ont contacté afin de participer à des opérations que je raconte dans le livre et qui ont eu pour objectif et résultat la libération d’otages occidentaux retenus au Liban. Vous devez comprendre que l’enjeu stratégique de cette opération a impliqué le transfert de matériel militaire, mais je ne suis pas pour autant un marchand d’armes, je suis simplement un ingénieur qui travaille dans l’industrie pétrolière depuis longtemps.
En ce qui concerne la Tchétchénie, je peux vous assurer que je n’ai aucune implication dans cette affaire. Je ne fais d’ailleurs l’objet d’aucune poursuite et mon casier judiciaire est totalement vierge. Quant à la construction de l’usine de Madère, nous en sommes bien à l’origine, mais nous avons malheureusement constaté le détournement de fonds ainsi que la modification d’éléments technologiques justifiant ces détournements de la part de certains associés. Nous avons décidé de nous séparer de cette usine et nous avons engagé des poursuites judiciaires contre ces associés, comme vous pourrez le constater dans les documents que je tiens à votre connaissance. Nous sommes finalement arrivés à un arrangement avec EEM (Em-presa De Electricidade Da Madeira, compagnie d’électricité de Madère - Ndlr) dans lequel nous nous retirions et laissions à Madère la gestion de cette usine, limitant l’utilisation de la technologie uniquement pour cette île.

Vous avez développé une technologie totalement révolutionnaire. Pouvez-vous en quelques mots nous la présenter ?
Ayant travaillé longtemps dans l’industrie pétrolière, il m’est venu, après les annonces d’Al Gore concernant les méfaits des émissions de CO2 dans les années 2006, l’idée de pouvoir récupérer les atomes de carbone du CO2 provenant des émissions industrielles pour en faire un pétrole décarbonné. Cela peut avoir une incidence importante à l’heure où l’on commence à se rendre compte du réel danger du changement climatique dû à une hausse générale de la température. 
 

L’usine de Bio Fuel Systèmes à Alicante, dans le sud de l’Espagne. Elle est couplée à une cimenterie dont elle traite les émissions.
L’usine de Bio Fuel Systèmes à Alicante, dans le sud de l’Espagne. Elle est couplée à une cimenterie dont elle traite les émissions.   BFS/BASMA
 



Votre modèle économique est-il toujours viable avec la baisse du prix du pétrole ?
Avec l’aide de mon équipe de scientifiques, d’ingénieurs et de techniciens, j’ai développé cette technologie qui a été testée à Alicante (sud de l’Espagne – Ndlr), utilisant les émissions d’une cimenterie voisine. L’usine fonctionne à plein régime et a donné des résultats probants, c’est la seule unité de fabrication au monde qui produit une énergie décarbonnée, ainsi que des produits à très haute valeur ajoutée, rendant ainsi économiquement viable notre concept. Nous disposons aussi d’une usine en construction à Almeria (sud de l’Espagne – Ndlr) qui est pour le moment en stand-by pour des raisons administratives.
Je tiens à préciser que cette décarbonatation est l’unique solution actuellement viable pour lutter contre le changement climatique. Vous verrez en consultant le C3N que le risque des émissions de CO2 est principalement dû à son accumulation dans l’atmosphère (le CO2 met entre 100 et 2000 ans pour se dissoudre dans l’atmosphère). Nos ressources énergétiques restant en majorité les énergies fossiles (environ 80%) et les énergies renouvelables n’étant pas au rendez-vous pour l’objectif 2040, il est de toute évidence urgent et impératif de non seulement réduire les émissions de CO2, mais surtout de les neutraliser à travers une énergie décarbonnée.

Vous expliquez votre présence à Maurice, où vous avez créé une antenne commerciale, par la volonté de viser les marchés de l’IORA (Indian Ocean Rim Association) comme l’Inde, l’Afrique du Sud et l’Australie. Pouvez-vous nous préciser quels sont les projets en cours ?
Nous avons reçu plusieurs sollicitations pour le marché de l’océan indien qui bien évidement ont retenu notre attention. L’île Maurice, en ce sens, sera pour nous une plateforme adéquate avec des retombées positives pour les installations que nous prévoyons dans les régions avoisinantes. La présence à Maurice de notre représentant commercial exclusif pour tous les États membres de l’IORA montre l’importance que nous accordons à cette région. D’autant plus que l’Inde se rend compte qu’elle ne peut couvrir ses besoins énergétiques à des prix compétitifs qu’en réhabilitant purement et simplement des usines de production d’énergie électrique carburant aux fossiles. Ce qui représente bien évidement un marché potentiel considérable pour notre énergie décarbonnée.

Il semblerait que votre usine en Espagne soit fermée. Qu’en est-il véritablement ?
Toutes les informations qui apparaissent sur le Web, et tentent de discréditer ma personne, ma famille et mon entreprise, proviennent d’un journaliste, Javier Salvador, que nous avions embauché. Nous nous sommes finalement séparés de lui pour sa mauvaise performance. Son licenciement a provoqué un flot de fausses accusations et de publications sur le Web, nous laissant d’autre choix que de loger une plainte formelle au pénal contre lui.

BERNARD STROÏAZZO-MOUGIN
Ingénieur diplômé en thermodynamique, le fondateur et Pdg de Bio Fuel Systems (BFS) a inventé le cycle accéléré de conversion d'énergie du CO2. Au cours de sa carrière, il a travaillé dans des centrales thermiques, des raffineries, des bureaux d'ingénierie et de construction dans plusieurs endroits du monde. Ayant également travaillé pour la production de pétrole, il a développé des programmes de maintenance et d'ingénierie à forte intensité dans des champs d'or noir. Il est à l’origine d'une longue liste de brevets dont l’un portant sur l'ionisation des phénomènes électromagnétiques dans l'environnement maritime et aérien.
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