Bertrand Casteres : « L’expansion de Mauritius Union en Afrique a des impacts très positifs » - Performance - Ecoaustral.com

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Bertrand Casteres : « L’expansion de Mauritius Union en Afrique a des impacts très positifs »

« L'acquisition de Phoenix Transafrica Holdings Limited, qui a nécessité trois ans de négociations, représente environ 50% de notre capital. Et ces nouvelles activités pèsent 25% de notre chiffre d'affaires. Mais surtout, elles génèrent 50% de nos profits. » Davidsen Arnachellum
Le rachat du groupe kenyan Phoenix Transafrica Holdings Limited, présent au Kenya, mais aussi au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda, a dopé la croissance de l’assureur qui en profite aussi sur son marché historique. Explications avec le jeune CEO de Mauritius Union…

L’Eco austral : Avant de s’implanter en Afrique de l’Est, Mauritius Union était déjà présent de longue date aux Seychelles. Mais curieusement, vous n’êtes pas à Madagascar. Pourquoi ?
Bertrand Casteres
: Mauritius Union est depuis 2008 aux Seychelles par le biais de la Prudence Mauricienne. Si le marché y est très restreint et très concentré, notre profitabilité est très bonne. Concernant la Grande île, toute acquisition est avant tout liée à de l’appétit et à des opportunités. L’appétit, nous l’avons, car si la croissance à Maurice est satisfaisante, la seule façon de l’optimiser passe par la région. Mais aucune opportunité ne s’est présentée à Madagascar à ce jour. Nous y entretenons néanmoins des partenariats, principalement dans le secteur des pensions de retraite. Pour le moment, nous focalisons notre attention sur l’Afrique orientale.  

Effectivement, il y a deux ans, vous avez fait l’acquisition, pour 18 millions d’euros, de la majorité du capital du groupe Phoenix Transafrica Holdings Limited, présent au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda. Que pèsent aujourd’hui ces entités au sein de votre groupe ?
Le business modèle de l’assurance est un modèle de diversification sectorielle et géographique. Bref, il faut se diversifier au maximum. L’acquisition stratégique du groupe Phoenix, qui a nécessité trois ans de négociations, représente environ 50% de notre capital. Et ces nouvelles activités pèsent 25% de notre chiffre d’affaires. Mais surtout, elles génèrent 50% de nos profits. Et cela devrait aller crescendo au vu de la croissance de chacun de ces pays qui dépasse les 7% pour certains. Ce déploiement en Afrique de l’Est devrait fournir 50% de notre chiffre d’affaires dans les années futures.

Il semble que la concurrence soit intensive sur ces marchés, en particulier au Kenya où Phoenix était en perte de vitesse avant son rachat. Quels sont vos relais de croissance ?
Nous comptons dans un premier temps y déployer l’assurance santé et y développer l’assurance voyage en nous appuyant sur notre forte expertise dans le numérique. Dans un second temps, nous voulons y proposer l’assurance-vie à travers le réseau bancaire. En 2015, nous avons pris le temps de prendre connaissance des habitudes, des produits, des ressources et des enjeux de chaque marché et, en 2016, notre objectif est l’intégration. Cela signifie produire des économies d’échelle et donc de la véritable valeur ajoutée. L’idée n’est pas de dupliquer tous les postes mais de rationaliser les fonctions. Il s’agit de faire que 1+1 soit supérieur à 2. 
 

Mauritius Union Group est désormais présent aux Seychelles, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda. Des marchés qui pèsent 141 millions d’habitants et enregistrent des taux de croissance du PIB estimés en 2015 à 4,3% pour les Seychelles, à plus de 6%pour le Kenya, à 5,3% pour l’Ouganda, à 7%pour la Tanzanie et à 7,5% pour le Rwanda. Stocklib/Rainer Lesniewski
Mauritius Union Group est désormais présent aux Seychelles, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda. Des marchés qui pèsent 141 millions d’habitants et enregistrent des taux de croissance du PIB estimés en 2015 à 4,3% pour les Seychelles, à plus de 6%pour le Kenya, à 5,3% pour l’Ouganda, à 7%pour la Tanzanie et à 7,5% pour le Rwanda. Stocklib/Rainer Lesniewski
 



Vous parlez de l’apport du numérique. Pouvez-vous nous préciser quelle est exactement la stratégie ?
À Maurice, nous avons fortement développé l’assurance en ligne et c’est essentiel pour l’Afrique continentale où très peu d’habitants sont bancarisés. Ils utilisent l’Internet banking comme le fameux M-pesa (avec 14,6 millions d’utilisateurs actifs en 2012 et 650 millions de dollars de transaction chaque mois, c’est le numéro un mondial du paiement mobile - Ndlr). Cela nous ouvre des perspectives phénoménales puisque le marché de l’ensemble de ces quatre pays est évalué à 141 millions d’habitants. 

À Maurice, vous détenez 28% du marché de l’assurance automobile et 31% du marché de l’assurance santé. Mais vous proposez aussi des plans d’assurance-vie et la gestion de fonds de pension. Quelle est la part de cette activité ?
Avec le vieillissement de la population, la question des retraites va devenir stratégique. Peu connus du grand public, les fonds de pension sont appréciés par les entreprises. Nous avons des filiales spécialisées comme le National Mutual Fund (NMF), qui est commercialisé par des détaillants, et Feber Associates qui est notre société de gestion de fonds de pension. En termes d’actifs, c’est assez conséquent, mais notre chiffre d’affaires ne se réalise que sur les frais de gestion. Si nous sommes les derniers à être entrés sur ce marché, nous en sommes aujourd’hui le troisième acteur. Nous avons triplé notre chiffre d’affaires en dix ans. 

Si Mauritius Union est très bien implantée sur le marché des particuliers, elle semble être plus en retrait sur le segment professionnel ? 
C’est vrai que 60% de nos clients sont des particuliers, c’est une réalité et c’est assez courant dans notre métier. Mais nous sommes un leader sur le marché des PME. Nous voulons être l’assureur de référence de tous les Mauriciens, c’est même l’objectif de notre plan stratégique de trois ans, « MUA Ambition 2017 ». 
En 2016, nous développons une offre très compétitive auprès des en-treprises, y compris les plus grosses. Et nos acquisitions africaines y contribuent. Elles nous ont permis en effet d’obtenir des économies d’échelle dans nos négociations de traités de réassurance. Les termes des contrats sont désormais plus avantageux et l’impact est immédiat puisqu’on remporte plus d’appels d’offre. Notre stratégie d’expansion africaine porte donc déjà ses fruits.

BERTRAND CASTERES
Né de père français et de mère mauricienne, le jeune dirigeant de Mauritius Union est titulaire d’un Master en mathématiques appliquées (sciences actuarielles et financières) et d’un Executive MBA de HEC Paris. Il a commencé sa carrière comme responsable des études économiques et financières à la Fédération française des sociétés d’assurance avant d’être « Senior Manager » à l’audit interne et au service des actuaires au sein d’Aviva. De retour à Maurice en 2012, il intègre la Mauritius Union Assurance. En janvier 2015, il succède à Kris Lutchmeenaraidoo à la tête d’une entreprise qui, en 2014, a réalisé 68 millions d’euros de chiffre d’affaires et 4,2 millions d’euros de résultat net. 
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