Performance

Afrique

Cap Business océan Indien met le cap sur l’Africa Tech Summit

1 mar 2020 | PAR Jacques Rombi | N°348
Pour cet Africa Tech Summit, le centre de convention de Kigali a accueilli plus de 500 délégués venant de 46 pays et représentant 357 sociétés.
Après le bilan positif d’une première mission collective au Kenya en juillet 2019, l’Union des CCI de l’océan Indien, devenue Cap Business océan Indien, a mobilisé son cluster numérique pour participer au grand rendez-vous de la tech africaine, au Rwanda, du 4 au 6 février 2020.

En préambule, la délégation de Cap Business océan Indien a participé à un « Ecosystem Tour » organisé par l'équipe de l'Africa Tech Summit le 4 février. Un tour qui a permis de découvrir deux centres d'innovation : le Westerwelle Startuphaus et l'Impact Hub Kigali, qui se distinguent par leurs spécialisations. Le Westerwelle Startuphaus de Kigali est un centre d’innovation géré par la fondation allemande Westerwelle qui offre des services de coworking, de conférence et de mise en réseau à ses membres et usagers. Actuellement, 52 start-up profitent de ce centre ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour des tarifs mensuels de 100 à 200 euros. L'Impact Hub, de son côté, se distingue par l'accueil de start-up en lien avec les grands enjeux sociétaux. Ce réseau international, fort de 16 500 membres à travers plus de 100 antennes installées dans près de 60 pays, fait partie des réseaux majeurs dédiés à l’accompagnement de projets innovants à impact social. Une visioconférence a permis de présenter la délégation de l'océan Indien à l'Impact Hub de Boston. La délégation a pu visiter également le site impressionnant de Carnegie Mellon University Africa, seul centre de recherche universitaire américain dispensant des programmes de master en Afrique. Autre rencontre fructueuse avec les dirigeants de l'entreprise Yego. 

Curiosité et networking 

Cet « Uber africain », initié par des Indiens qui ont investi pas moins de 7 millions de dollars, a développé depuis 2017 une plateforme qui permet de faciliter et sécuriser les paiements des trajets en boda boda (taxi-moto), moyen de transport privilégié par les Rwandais. 
Les deux journées de présence à l'Africa Tech Summit, les 5 et 6 février, ont suscité la curiosité autour du stand de Cap Business OI. Non seulement les autres exposants et professionnels invités étaient curieux d'en savoir plus sur nos îles, mais les deux présentations réalisées par la délégation ont attiré de nombreux visiteurs. Les Africains et autres délégués internationaux ne connaissaient pas les îles de l’océan Indien, hormis Madagascar, grâce au film d'animation du même nom, et Maurice à travers ses plages. Aussi, la présentation de leurs atouts numériques a étonné l'assistance et alimenté un réseautage qui devrait générer des partenariats. Kevin Thémyr, Réunionnais établi aux Seychelles en tant que chargé de coopération régionale et représentant du Club Export Réunion, annonce avoir réalisé une centaine de rencontres individuelles. Pour lui, la question essentielle est : « Comment profiter d'une complémentarité entre nos îles ? » Ce qui colle parfaitement à la mission de Cap Business OI. 

 

La délégation de Cap Business océan Indien était composée de quinze personnes en provenance des Comores, de Mayotte, des Seychelles, de Maurice et de La Réunion.
La délégation de Cap Business océan Indien était composée de quinze personnes en provenance des Comores, de Mayotte, des Seychelles, de Maurice et de La Réunion.


Il faudrait un fonds régional dédié aux TIC 

Pour le Mauricien Imteeaz Rajabalee, CEO de iFox Cod, spécialisé dans le développement d'applications, « le Rwanda est un pays fascinant. Ce qui m'a le plus surpris, c'est la propreté et la sécurité. L'Ecosystem Tour nous a permis d'avoir une vision globale de son eco-système TIC qui semble bien dynamique avec les entreprises, hubs, espaces de coworking, makerspace, etc. La visite de l'Université Carnegie Mellon montre clairement l'ambition du pays dans les nouvelles technologies. À mon avis, Maurice doit rester éveillée pour éviter de se faire dépasser. Les sessions de networking (lunch, cocktail, pitch, etc.) m'ont permis de rencontrer une trentaine de leads et j'estime avoir entre trois à cinq potentiels clients... » 
Pour Didier Annette, qui vient de créer le cabinet de consultance IDO à La Réunion, spécialisé dans le conseil stratégique en développement international, « le Rwanda offre des conditions très intéressantes pour les entreprises réunionnaises qui s’intéressent aux marchés africains. Ce sont maintenant aux acteurs privés réunionnais de se préparer et de se positionner ». 
Zulaika Sunthbocus, co-fondatrice et directrice de Spoon Consulting (et ex-nominée au Tecoma Award), souligne que, dés le premier jour, lors de l’Ecosystem Tour, elle a pu constater une vraie motivation chez les jeunes. « Ce fut l'occasion de développer une bonne synergie avec les entreprises de notre délégation. Mes objectifs sont atteints et je vais maintenant réfléchir à une éventuelle collaboration avec l’Afrique qui avance rapidement dans le monde du digital. » 
Pour Hamidou Mhoma, président du cluster numérique Actic, en provenance des Comores, « ce sommet est une belle vitrine des produits et services africains dans le secteur. C'est riche en opportunités d'affaires. Mais je constate que les financements, privés et institutionnels, liés à la tech se font souvent dans les mêmes pays déjà avancés dans le domaine : Kenya, Nigeria, Rwanda et Afrique du Sud. Le représentant d'un fonds d'investissement sud-africain ne connaissait même pas les Comores. Nous sommes trop petits pour eux et, en plus, ils cherchent un retour sur investissement rapide. D'où l'intérêt pour nous, îliens, de jouer groupés. Les fonds mauriciens, par exemple, n'investissent le plus souvent qu'à Maurice... Il faudrait développer un fonds commun d'investissement régional dédié aux TIC qui pourrait être abondé par la diaspora, des privés et les gouvernements. Car nous ne devons compter que sur nous-mêmes... » 

Plus de deux milliards de dollars pour les start-up africaines
 

Les start-up africaines ont levé 2,02 milliards de dollars en 2019, selon un rapport publié par le fonds d'investissement Partech. Une somme qui reste faible en comparaison avec le reste du monde (rien qu'en France, les jeunes pousses ont levé 5 milliards de dollars), mais dont la croissance est inégalée : c'est 74 % de plus qu’en 2018. Le rapport ne prend en compte que les entreprises dont le marché principal se trouve sur le continent et les tours de table s'élevant à plus de 200 000 dollars. 
Les ambitions du Rwanda dans le numérique
 

Situé au beau milieu du continent noir, le Rwanda se distingue par son trilinguisme international (swahili, français et anglais, en plus du kinyarwanda, langue officielle). Classé 38e dans le classement mondial Doing Business réalisé par la Banque mondiale, il occupe la deuxième place parmi les pays africains (Maurice occupant la première). Il est quatrième en Afrique dans le classement de Transparency International sur l’indice de perception de la corruption. Autant de points forts issus d'une politique de redressement du pays, meurtri par une guerre civile en 1994, et menée d'une poigne de fer par le tout puissant président Paul Kagamé. Aujourd'hui, les 12,2 millions de Rwandais avancent main dans la main, un peu comme pour effacer les séquelles du passé. Le Rwanda fait partie de la Tripartite Free Trade Area (TFTA) fédérant les organisations régionales COMESA, SADC et EAC, regroupant 26 pays et 600 millions d'habitants. La forte politique de développement du numérique du pays se traduit par la présence d'un K-Lab et d'un Fab-Lab, soit un grand hub dédié à l'innovation, réunissant start-up et acteurs du numérique. Un hub qui dépasse le cadre du simple think tank puisque 200 entreprises du numérique en sont issues. Le Rwanda est par ailleurs le premier constructeur d'ordinateurs et de smartphones Made in Africa.
Réagissez à cet article en postant un commentaire

 

Afrique

Cap Business océan Indien met le cap sur l’Africa Tech Summit

En préambule, la délégation de Cap Business océan Indien a participé à un « Ecosystem Tour » organisé par l'équipe de l'Africa Tech Summit le 4 février. Un tour qui a permis de découvrir deux centres d'innovation : le Westerwelle Startuphaus et l'Impact Hub Kigali, qui se distinguent par leurs spécialisations. Le Westerwelle Startuphaus de Kigali est un centre d’innovat...