Le billet

France

C’EST PAS GAGNÉ POUR MACRON

28 avr 2017 | PAR Alain Foulon


Le 5 mai 2002, Jacques Chirac l’avait emporté très largement face à Jean-Marie Le Pen, avec 82,1% des suffrages exprimés, au second tour de l’élection présidentielle. Le « front républicain anti Le Pen » avait alors parfaitement fonctionné. Quinze ans plus tard, la situation a bien changé et même si François Fillon, Nicolas Sarkozy et consorts – à l’exception d’un Jean-Luc Mélenchon plus intelligent – nous ressortent le « front républicain anti Le Pen », ça ne fonctionne plus si bien. Il faut dire que les grands partis de gouvernement sont en voie d’explosion et que le vieux clivage droite-gauche ne veut plus dire grand chose. La division apparaît plutôt entre « la France d’en bas », celle des perdants de la mondialisation, et « la France d’en haut » qui n’a pas à s’en plaindre. Selon que vous êtes un ouvrier au chômage dans une banlieue où l’immigration s’impose ou un cadre à 10 000 euros par mois dans un beau quartier de Paris, vous n’avez pas le même point de vue. La gauche socialiste – qu’on pourrait appeler sociale démocrate – s’étant rangée dans le camp des mondialistes et des européanistes, le vote protestataire profite inévitablement à Marine Le Pen comme il a profité à Donald Trump aux Etats-Unis. C’est pourquoi Emmanuel Macron ne peut pas compter sur une victoire écrasante. Ancien banquier et ancien ministre de François Hollande – qui le soutient – il personnifie cette sociale démocratie mondialiste et affairiste qui a le don d’irriter une partie de l’électorat. Dès lors, la confrontation prend une autre tournure entre « l’homme de Davos » et la souverainiste Marie Le Pen qui, par certains aspects de son programme, n’est pas si éloignée de Jean-Luc Mélenchon. Ce qui laisse penser que certains électeurs de ce dernier pourraient très bien voter pour elle. Et si les autres s’abstiennent, la situation deviendra plus compliquée pour Emmanuel Macron. D’autant plus qu’il n’est pas sûr du tout que les électeurs de François Fillon soutiendront celui qui, d’une certaine façon, a « volé » la victoire de leur candidat. Déjà, les sondages placent Marine Le Pen à quelque 40% des intentions de vote. Il est vraiment clair que nous ne sommes plus en 2002, comme l'atteste le soutien de Marie-France Garaud à Marine Le Pen : http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/04/27/35003-20170427ARTFIG00361-marie-france-garaud-marine-le-pen-a-le-sens-de-l-etat.php

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