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Réunion

CMA CGM inaugure son nouveau hub de transbordement pour l’océan Indien

De gauche à droite : Olivier Hoareau, maire du Port, Dominique Sorain, préfet de La Réunion, Bernard Elie, directeur général de CMA-CGM Réunion, Jean-Frédéric Laurent, président du directoire du Grand Port Maritime et Jean-François Tallec, conseiller constitutionnel du groupe CMA-CGM. - Philippe Stéphant
La compagnie française, troisième acteur mondial du transport maritime conteneurisé, et le Grand port maritime de La Réunion (GPMDLR) ont officialisé leur partenariat le 27 janvier avec, en ligne de mire, la croissance de l’Afrique et de l’Inde.

« La concrétisation de ce projet est l’illustration de la parole tenue entre les différents partenaires qui ont su naviguer étroitement de concert », déclare Jean-François Tallec, conseiller institutionnel pour la politique maritime de CMA CGM. Ayant investi plus de 80 millions d’euros, Port-Réunion, à l’issue de vingt mois de travaux, a dévoilé les nouvelles installations du Port-Est : 640 mètres de quai opérationnel et la capacité d’accueillir simultanément deux porte-conteneurs jusqu’à une longueur cumulée de 560 mètres. « Avec deux portiques neufs en opération et un troisième livré en milieu d’année, nous pouvons opérer deux navires avec cinq portiques simultanément et jusqu’à 21 rangées de conteneurs au lieu de 15, précise Jean-Frédéric Laurent, président du directoire de Port-Réunion. Le tirant d’eau maximum est désormais de 14,5 mètres au lieu de 12,30 mètres. Loin d’être interrompue, pendant ces travaux, l’activité du port a progressé de 6% en 2014 et de 3% en 2015, et nous avons franchi une étape symbolique en traitant 250 000 EVP (équivalent vingt pieds - Ndlr). » Pour CMA-CGM, les opérations de transbordement, par l’interconnexion de quatre services maritimes, doivent atteindre rapidement 100 000 EVP par an.

UN GAIN DE CINQ JOURS DE MER

La compagnie marseillaise a inauguré son nouveau hub maritime avec l’escale, le 4 janvier, d’un premier navire de son service Midas reliant le Moyen-Orient et l’Inde à l’Afrique de l’Est, du Sud et de l’Ouest, desservant l’île deux fois par semaine, à l’aller et au retour. « CMA CGM fait aujourd’hui de La Réunion son hub pour l’océan Indien et lui redonne sa position de carrefour des routes maritimes entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, grâce notamment à une desserte renforcée », déclare Rodolphe Saadé, vice-président du groupe CMA-CGM. Depuis le 6 janvier, le service Nemo, reliant l’Europe à l’Australie, dessert directement la Réunion en 16 jours depuis Fos-sur-Mer. Un gain de cinq jours qui ouvre aux entreprises réunionnaises des opportunités de trafic direct avec l’Australie. Avec le service Mozex, reliant le hub asiatique de Port-Kelang, en Malaisie, à l’océan Indien, et la ligne Mascareignes qui relie en boucle Port-Réunion à Port-Louis et à Tamatave, ce sont désormais cinq escales hebdomadaires pour l’opérateur maritime à La Réunion. L’agrandissement du Port-Est fourni de nouveaux espaces pour la manutention et le stockage de conteneurs et les nouveaux aménagements permettent de traiter des navires de 9 000 EVP que CMA-CGM annonce en escale à Port-Réunion dès la fin du premier semestre 2016. 
 

Avec l'acquisition de nouveaux portiques, Port-Réunion peut opérer jusqu’à 21 rangées de conteneurs et deux navires simultanément.  Philippe Stéphant
Avec l'acquisition de nouveaux portiques, Port-Réunion peut opérer jusqu’à 21 rangées de conteneurs et deux navires simultanément.  Philippe Stéphant 

CMA-CGM DEVIENT MANUTENTIONNAIRE

« La mise en place d’un hub est avant tout liée à notre organisation plutôt qu’au marché. Mais notre développement étant désormais centré sur l’Afrique, toute montée en puissance sera un fort élément de progression pour La Réunion », analyse Jean-François Tallec.  L’intérêt de la compagnie pour La Réunion s’est concrétisé par des investissements dans une nouvelle agence, près du Port-Est, et dans une activité de manutention. « Depuis janvier 2016, nous occupons 450 mètres carrés de nouveaux locaux et notre effectif est passé de 19 à 32 collaborateurs », annonce Bernard Elie, directeur général de CMA-CGM Réunion et chef de projet Hub Océan Indien. Une des conditions pour la mise en place de ce hub étant la prise de contrôle de ses opérations de manutention, CMA-CGM devient actionnaire à 70% de la SAMR, son partenaire manutentionnaire depuis dix ans. « Un accord avec le groupe Bolloré, qui reste actionnaire à 30% de la SAMR, a permis cette opération, explique Bernard Elie. Nous avons investi 3,5 millions d’euros pour l’acquisition de cinq nouveaux chariots cavaliers qui s’ajoutent aux six en opération. » L’entreprise a pérennisé le statut de 26 dockers et accueillera 32 jeunes dockers occasionnels, actuellement en formation. « Nous sommes déterminés à faire monter en puissance notre plateforme et nous devons apprendre à mieux utiliser encore les équipements de Port-Réunion, appuie Jean-François Tallec. Nous devons mieux rationnaliser l’utilisation des aires de stockage des conteneurs et prévoir, dès maintenant, de les étendre pour accompagner le développement du trafic. » La mobilisation d’espace supplémentaire, pour Port-Réunion, est liée à l’affectation de 25 hectares de l’arrière-port, dont CMA-CGM espère voir une partie disponible avant 2020. « Nous étudions avec l’ensemble de la communauté portuaire une remise à niveau de l’organisation de notre terminal, visant la réhabilitation des surfaces et l’efficacité des services à la marchandise », souligne Jean-Frédéric Laurent. Des études de détail seront lancées cette année et les premiers investissements interviendront dès 2017.

RÉORGANISATION DU GIE SERMAT
En prenant le contrôle de son partenaire manutentionnaire SAMR (Société d’aconage et manutention Réunion), CMA CGM obtient aussi la présidence du GIE (Groupement d’intérêt économique) Sermat, traditionnellement assurée par la SAMR. Créé en 1972, le GIE est composé de trois des quatre sociétés de manutention portuaire : la Société Georges Michel (SGM), la SOMACOM et la SAMR. Il s’agissait de mutualiser l’acquisition et la maintenance d’engins de manutention portuaire. Les chariots cavaliers, servant au déplacement des conteneurs sur le port, étaient loués aux sociétés de manutention par l’intermédiaire d’une seconde structure, Manumat. Pour mettre fin à cette complexité, la restructuration du GIE Sermat a pour effet de restituer la propriété des chariots cavaliers à chacun des trois aconiers. Le GIE devrait se consacrer désormais à leur maintenance. CMA CGM se préoccupe également d’une équitable répartition de la croissance des activités portuaires entre les quatre sociétés de manutention.
DEUX ESCALES SUPPLÉMENTAIRES À NOSY BE ET DIEGO SUAREZ
CMA CGM renforce son activité de cabotage dans la zone avec son navire HH South, d’une capacité nominale de 738 EVP. Il s’agit de desservir Nacala au Mozambique, Nosy Be, Majunga et Diego Suarez à Madagascar, Moroni en Grande Comore et Mutsamudu à Anjouan. À cet effet, ce service Indian Ocean Feeder Nord se connecte avec un autre service de CMA CGM, le Swahili express, au hub de Longoni, pour permettre une réduction du délai de transit et une connectivité maritime plus rapide. Présent à Madagascar depuis 2003, CMA CGM est la seule compagnie maritime qui offre des escales régulières dans les ports malgaches. Mbolahasina Maminirina
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