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Maurice

Comment capitaliser davantage sur les normes

1 mai 2017 | PAR La rédaction | N°319
Rashida Nanhuk, directrice du Mauritius Standards Bureau (MSB), l’organisme de normalisation : « Nous avons un système qui est fragmenté alors qu’il aurait fallu un ‘National Framework’. L’évaluation des produits importés se fait à travers toute une liste de paramètres. » Davidsen Arnachellum
Les normes permettent d’atteindre un certain niveau de qualité et de se positionner à l’export. Mais le système local a démontré certaines limites avec des outils de contrôle pas toujours au point.

« Il est clair qu’il nous faut réconcilier les normes à l’importation avec celles de la production locale », lance Raj Makoond. Le terme employé par le CEO de Business Mauritius traduit bien la réalité de la situation. Sur le marché intérieur, producteurs locaux et importateurs se livrent une bataille sans merci. Un comble lorsqu’on sait que bon nombre d’importateurs étaient, il y a quelques années encore, des… producteurs locaux. Le problème est que les normes imposées aux uns ne sont pas strictement suivies par les autres… Le combat se déroule donc à armes inégales avec un arbitrage qui peut faire preuve de laxisme. « Nos outils de contrôle ne sont pas adaptés à la situation puisqu’on permet à de bons et de moins bons produits de pénétrer sur le marché », regrette ainsi Vincent d’Arifat, patron de l’imprimerie Precigraph et ardent défenseur de la fabrication locale. 

UN SYSTÈME DE NORMALISATION À REVOIR

« Nous avons un système qui est fragmenté alors qu’il aurait fallu un ‘National Framework’. L’évaluation des produits importés se fait à travers toute une liste de paramètres », reconnaît Rashida Nanhuk, directrice du Mauritius Standards Bureau (MSB), l’organisme de normalisation mauricien. Le MSB doit donc revoir son rôle. Créé en 1975, il développe des normes depuis 1993 en concertation avec les différentes parties concernées. L’organisme de normalisation fonctionne avec 13 comités techniques correspondant aux secteurs d’activité. Différents ministères sont concernés comme ceux de la Santé, de l’Agro-industrie, du Commerce et de la Protection des consommateurs, de l’Industrie et de l’Environnement. Le développement des normes mauriciennes se base sur les réglementations internationales avec parfois des adaptations aux conditions tropicales. « La normalisation est volontaire », précise Rashida Nanhuck. Elle a un coût mais constitue une garantie de qualité tant pour la consommation que pour l’exportation.

DES ENTREPRISES PAS TOUJOURS CONVAINCUES

Même les PME ont intérêt à se mettre aux normes. Pourtant, Dimitri Schaub, directeur général d’Afnor Océan Indien, souligne que « la perception à Maurice veut que les normes représentent une contrainte. Or les normes n’apportent rien de mauvais, au contraire ». Pour pouvoir vendre à l’export, il faut passer par une conformité à la réglementation. Mais les normes n’ont pas toujours la cote à Maurice auprès des producteurs locaux. Peut-être parce qu’il y a des lacunes sur certains produits. « Si l’État applique des règlements, ils doivent concerner tout le monde », soutient Dimitri Schaub. Et c’est justement ce que s’évertue à dire l’AMM… « L’Etat, et plus particulièrement la classe politique, a le devoir de protéger la production locale », martèle Catherine Gris, Executive Officer de l’association des industriels.

PROJET DE LOI SUR LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
La question de la propriété intellectuelle n’est pas encore pleinement reconnue et défendue à Maurice. Ce sont les spécialistes eux-mêmes qui le reconnaissent. La propriété intellectuelle est le domaine comportant l’ensemble des droits exclusifs accordés sur des créations intellectuelles. Il y a, d’une part, la propriété littéraire et artistique composée du droit d’auteur et, d’autre part, la propriété industrielle avec les brevets, marques, noms de domaine et appellations d’origine. Un projet de loi est en préparation dont on attend beaucoup. 
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