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Comment se faire entendre

Et voilà une bonne question ! Combien de fois avons-nous l’impression d’avoir été clairs, limpides et bien intentionnés et, pourtant, notre vis-à-vis n’a rien compris ou n’a tout simplement pas écouté…


Une étude de l’université de Chicago, menée par Boaz Kayser (1), a montré que nous croyons mieux communiquer avec des proches qu’avec des étrangers. Or, cette proximité nous amène à nous surestimer, c’est le « closeness-communication bias ». Dans le cadre de cette étude, les individus qui avaient suivi les instructions d’un ami pour trouver leur chemin étaient plus susceptibles de commettre des erreurs que ceux qui avaient suivi les indications d’un étranger. 

FAIRE ATTENTION AUX SENTIMENTS ET AUX OPINIONS

Il semble que nous soyons plus attentifs aux propos des étrangers et que nous baissions notre garde et comptions davantage sur notre point de vue quand nous communiquons avec des proches. Pour nous faire entendre, nous devons être précis et prendre soin de nous expliquer aussi bien que nous le faisons avec des inconnus. Et cela même si nous estimons que notre collaborateur, collègue ou client de longue date sait déjà tout de nous et de nos propos. Marshall Rosenberg, père de la NVC (communication non violente -www.cnvc.org) et auteur du livre « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » propose de faire attention aux faits, aux sentiments et aux opinions pour améliorer notre façon de communiquer et mieux nous faire entendre (on parlera de l’écoute dans un prochain article). En utilisant les faits réels et observables dans nos échanges, nous mettons toutes les chances de notre côté pour être compris. C’est plus compliqué avec les sentiments. Ils sont subjectifs et nous appartiennent individuellement. Il s’agit de nos émotions, de notre joie et aussi de notre peur, de notre colère et de notre tristesse. Nos sentiments même en étant subjectifs sont bien incontestables, sauf que souvent l’autre les ignore. Essayez de les partager pour faire comprendre ce qui vous tient à cœur, ce qui est important pour vous, ce que sont vos besoins et attentes par rapport à votre échange avec votre interlocuteur, que ce soit avec un proche ou avec un étranger. 

LES ÉMOTIONS SONT PRÉSENTES PARTOUT

Nous avons encore du mal dans nos entreprises à entendre les émotions. Personne ne veut des collaborateurs peureux, qui n’osent pas, des clients en colère, qui manquent de délicatesse dans leur propos et, pire, des collègues abattus par leur tristesse. Or, nous n’y pouvons rien, c’est comme ça ! Les émotions sont bien présentes partout. Nous devons accepter, ressentir et partager nos émotions justement pour que l’autre comprenne. Mais attention ! Ne vous trompez pas ! Il s’agit de partager vos sentiments à petites doses, avec finesse et élégance et selon le contexte et les cultures. Ne faites pas l’erreur d’imaginer pouvoir parler des émotions de l’autre ! Qui sommes-nous en effet pour dire à l’autre ce qu’il devrait ressentir ? Et attention aux opinons, elles sont chargées !… Elles sont subjectives et contestables. Il s’agit de jugements, de croyances et d’avis qui, certes, nous appartiennent et sur lesquels nous pouvons beaucoup discuter. Mais comme ils représentent notre point de vue, il est par définition différent du point de vue de l’autre… 
Pour vous faire mieux entendre, essayez, avec plus de faits, quelques touches de sentiments pour donner goût, couleurs et saveurs à vos propos et attention à vos opinions qui, hélas, ne sont pas des vérités, mais votre vision.

(1) http://psychology.uchicago.edu/people/faculty/CommBias.pdf
Franziska Lombard

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 Une étude de l’université de Chicago, menée par Boaz Kayser (1), a montré que nous croyons mieux communiquer avec des proches qu’avec des étrangers. Or, cette proximité nous amène à nous surestimer, c’est le « closeness-communication bias ». Dans le cadre de cette étude, les individus qui avaient suivi les instructions d’un ami pour trouver leur chemin étaient plus suscepti...