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Corsair dessert Mayotte de façon irrégulière

1 fév 2017 | PAR La rédaction | N°316
Si Antoine Huet, directeur général adjoint (Affaires commerciales) de Corsair, ne manque pas de souligner que sa compagnie appartient au numéro un mondial du voyage, il s’avère qu’elle transporte très peu de clients de TUI. Ce qui, début 2015, avait conduit le groupe allemand à vouloir s’en séparer. Mais ce projet de vente ne serait plus d’actualité. Guillaume Foulon


Si tout le monde a salué l’arrivée d’une concurrence sur la ligne Réunion-Mayotte, suite au vol inaugural de Corsair le 24 janvier, il est bon d’y regarder de plus près. En effet, si la compagnie propose deux vols hebdomadaires à bord d’un Airbus A300 en version 304 ou 360 places, elle n’assurera pas le service durant les mois de juillet et d’août, ce qui ressemble plus à du charter qu’à du vol régulier. De plus, les Mahorais sont privés de liaison directe avec Paris et doivent impérativement transiter par La Réunion, ce qui rallonge leur périple de cinq ou six heures. Vu sous cet angle, on ne peut pas dire que ce soit une amélioration du service. Si l’on aborde la question prix, maintenant, il y a aussi de quoi émettre quelques réserves. Lors du vol inaugural, à peine rempli à moitié, soit quelque 150 personnes dont un tiers d’invités, Alain Huet, directeur général adjoint (Affaires commerciales), n’a pas manqué d’insister sur un tarif époustouflant de 158 euros l’aller-retour. Une promotion pour les billets achetés avant le 7 février pour des voyages dans les six prochains mois alors que le tarif de base s’élève à 198 euros. Mais bon, même si Corsair prétend pratiquer peu le « Yield Management », c’est bel et bien le cas et ces tarifs ne sont que des prix d’appels consentis pour un certain quota de places. Les acteurs économiques qui décident au dernier moment de voyager devront faire une croix dessus. Nous avons d’ailleurs vérifié tout cela en faisant une réservation le 29 janvier pour un départ de La Réunion le 25 février et un retour de Mayotte le 4 mars. Le billet s’affichait à 203,46 euros en classe économique et à 503,74 euros en classe Grand Large. Le plus étonnant, c’est qu’aux mêmes dates mais dans l’autre sens (c’est-à-dire au départ de Mayotte), le billet montait à 383,46 euros et même à 444,46 euros pour un retour le 7 mars. Si ce  n’est pas du « Yield Management », qu’est-ce que c’est ? Certes, les prix semblent (pour l’instant) globalement inférieurs à ceux d’Air Austral, mais cette compagnie fournit un service régulier toute l’année. Dans le cas de Corsair, il est clair qu’il s’agit avant tout de profiter de ses rotations Paris-Réunion en Airbus A300 pour mieux rentabiliser cet avion au lieu de le laisser toute la journée sur le tarmac de Roland Garros. D’ailleurs, si les vols sur Mayotte sont suspendus en juillet et août, c’est qu’à cette période, la compagnie du groupe TUI fait appel à un Boeing 747-400 de 533 places qui ne peut desservir Mayotte en raison d’une piste trop courte.  

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