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Madagascar

Coup d’accélérateur sur la filière des huiles essentielles

Un projet d’Appui à la filière cosmétopée huile essentielle-Madagascar (Afiche-Mada) a été lancé pour améliorer la chaîne de valeur, des plantes aux produits finis comme les huiles, les essences et autres produits à fins médicinales. Zou Andriamambola
Le secteur qui exploite à Madagascar les plantes locales et huiles essentielles se mobilise afin de concrétiser son potentiel. Objectif, s’imposer à court terme sur un marché international des plus concurrentiels.

En matière de cosmétopée (recueil des usages traditionnels et des plantes employées en cosmétique), Madagascar possède un vrai potentiel. Grâce au fort endémisme de sa flore, les produits du pays sont uniques, si bien que des technopoles étrangères n’hésitent pas à établir des partenariats avec les acteurs locaux. La Cosmetic Valley, par exemple, le premier pôle français en cosmétique, sciences de la beauté et du bien-être, apporte un appui technique et commercial en matière de réseautage et de développement de produits.
De même, le pôle de compétitivité réunionnais Qualitropic, tout comme l’association marocaine Menara, spécialisée dans les industries agroalimentaires et cosmétiques, veulent développer des produits communs avec le Cluster huile essentielle du Sud-est de l’île (Chese), créé en 2015. Le Chese est sollicité par d’autres pays comme le Sénégal, la Guinée et le Canada à travers des contrats qui devront se concrétiser en 2019. La filière des huiles essentielles devrait ainsi être plus rentable, même si Madagascar est concurrencée par des pays asiatiques comme le Vietnam ou l’Indonésie et que la qualité et l’authenticité de ses produits sont parfois mises en cause en raison de certains frelatages.

Menaces sur la filière

Pour concrétiser ce potentiel et réduire les menaces sur la filière, le Chese bénéficie du soutien financier de l’Union européenne à travers le Programme d’appui à l’emploi et de l’intégration régional (Procom). Le regroupement local de 25 entreprises privées, coopératives, producteurs, collecteurs, transformateurs et exportateurs d’épices a vu se renforcer la capacité de ses membres en matière de transformation et de commercialisation. Un programme « champ-école » a aussi permis à un groupe de paysans de développer un modèle de champ de transformation. 
Le cluster compte également revaloriser la qualité de la filière des huiles essentielles. Selon sa présidente, Lysiane Tang, « Le Sud-est peut prétendre à lui seul obtenir au moins 100 tonnes de production chaque année ». Les actions avec le Procom se focaliseront davantage sur le renforcement des capacités de ses membres et partenaires locaux à se développer de manière inclusive et être plus compétitifs sur le marché international. 
Dans cette optique, un nouveau projet est sur les rails. Baptisé Afiche-Mada, ce projet d’Appui à la filière cosmétopée huile essentielle-Madagascar, dispose d’un fonds de 57 000 euros pour améliorer la chaîne de valeur, des plantes aux produits finis comme les huiles, les essences et arômes, les savons, les boissons et autres produits à fins médicinales.
Le cluster malgache travaille également avec le Centre national d’application des recherches pharmaceutiques (Cnarp) qui se charge de l’appui technique ainsi que des analyses et des expérimentations. Les chercheurs du centre ont lancé des études sur 112 variétés de plantes pouvant être utilisées dans la fabrication d’huiles essentielles. Cinq variétés ont déjà pu être examinées même si le bouclage de toutes ces études ne devrait se faire que d’ici trois ans. La filière cosmétopée malgache devrait ainsi mieux se développer à court, moyen et long termes.

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