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Maurice/Afrique

Dakar rompt son traité fiscal avec Port-Louis

28 mai 2020 | PAR La rédaction
Les tuiles s’accumulent pour le secteur financier mauricien. - Davidsen Arnachellum@Lecoaustral
Décidément, les tuiles s’accumulent pour le secteur financier mauricien. Après la véritable douche froide du placement de l’île sur la liste noire de la Commission européenne pour blanchiment d'argent et financement du terrorisme, le Sénégal vient de mettre unilatéralement fin à son partenariat fiscal avec Maurice. Les deux pays sont liés par des traités de double non-imposition, ou DTA.

Dakar reproche à Port-Louis une perte de 257 millions de dollars, conséquence de l’évasion fiscale. Car le Sénégal estime ce traité déséquilibré. 
C’est la révélation faite ce 26 mai par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). Cette organisation, qui regroupe des journalistes d’investigation basés principalement aux États-Unis mais aussi dans d’autres parties du monde, est célèbre pour avoir dévoilé une série de scandales financiers liés en particulier aux paradis fiscaux et aux activités offshores de nombreuses personnalités et ainsi que des multinationales. Parmi ces célèbres enquêtes, on peut citer en 2017 les Paradise Papers, les SwissLeaks, les Panama Papers et l’an dernier les Mauritius Leaks qui épinglaient déjà Maurice
Le Sénégal avait déjà menacé d'annuler le traité avec l’île si certaines conditions n'étaient pas remplies. Il alléguait que l'accord, signé en 2004, lui avait coûté 257 millions de dollars de recettes fiscales en 17 ans.
La décision du Sénégal a surpris les responsables d’autres États africains, comme la Zambie, le Lesotho, l'Ouganda et la République du Congo (RDC), qui sont également en train de renégocier certains traités avec Port-Louis. On peut donc s’attendre à ce que la décision sénégalaise fasse boule de neige.

Manque de lobbies

Ce qui est inquiétant, c’est l’absence de réactions fortes et transparentes des autorités mauriciennes. 
À preuve, la récente inscription de l’île sur la liste noire de la Commission européenne pour blanchiment d'argent et financement du terrorisme - où Maurice côtoie outre le Ghana, le Myanmar (ex Birmanie), le Nicaragua ou pire le Zimbabwe - qui a suscité des réactions molles de Port-Louis.
Cette absence de réactions (certains diraient de communication de crise) s’explique, sans doute, avant tout pour le manque de lobbies dont l’île dispose en Afrique pour se faire comprendre et donc pour défendre son secteur financier. Et surtout, plus inquiétant encore, c’est son incapacité de monter en gamme. Ses services financiers restent fondés sur une fiscalité faible et une extension des accords de non-double imposition.
À la décharge de l’île, il faut reconnaitre que cette montée en gamme est longue et difficile car cette main d’oeuvre est quasi inexistante à Maurice. La plupart des acteurs de ses services financiers sont en fait des comptables.

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