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Océan Indien

David Sussmann lance son fonds pour la protection de l’océan Indien

1 fév 2018 | PAR Jacques Rombi | N°326
« Nous travaillons dans l’océan Indien depuis les débuts avec les plus grands acteurs, notamment dans l'exploitation raisonnée des stocks de légine, thonidés et petits pélagiques. Il est donc logique d'y lancer nos actions de protection. » Stocklib/DimytroTolokonov
Ce Marseillais était à Maurice fin 2017 pour le lancement de Pure Ocean, un fonds doté d'un million d'euros. Il est aussi à la tête de Seafoodia, entreprise spécialisée dans les produits de la mer et qui enregistre une très forte croissance internationale.

Pure Ocean représente à la fois un aboutissement et un nouveau départ pour David Sussmann. Aboutissement, car c’est une façon de boucler la boucle, et nouveau départ puisque beaucoup reste encore à faire dans le domaine de la protection des océans. Pour lui, la protection de l'environnement et le développement durable ne sont plus à discuter. « Aujourd'hui, la vague est partie et rien ne l'arrêtera. » La personnalité de David Sussmann est d’ailleurs indissociable de ses projets. Ce Marseillais de 47 ans, marié à une Américaine et père de quatre enfants, a fait de sa passion des océans une activité aux ramifications planétaires. 
Pour notre rencontre, il a choisi le cadre somptueux du Cercle des nageurs de Marseille. Pour mieux narrer son histoire. « Tout a commencé là, quand, minot (un gamin dans le vocabulaire méridional –NDLR), je partais plonger aux îles du Frioul pour y découvrir quelques vestiges abandonnés par d'anciens marins. J'ai su tout jeune que ma vie serait toujours combinée avec celle des océans... » 

UN DES PREMIERS À PARLER DE PÊCHE DURABLE

C'est après des études en finance et marketing international, à Aix-en-Provence, puis un Master en Business Administration (MBA), en 1994, aux États-Unis, que David Sussmann commence à prospecter auprès des acteurs de la planète bleue du secteur nord-américain. « Le premier contact fut le bon avec une entreprise de Boston qui me commanda une étude sur le marché mondial du poisson. Les résultats se sont révélés très encourageants à l'époque et j’ai réussi à les convaincre d’investir à mes côtés dans une entreprise de collecte et d'exportation de produits de la mer. Loin de faire de la simple collecte aveugle et destructrice, j'ai tout de suite basé mon Business Model sur la pêche durable, une notion encore méconnue à l'époque (c’était en 1996, NDLR). » Aujourd’hui encore, son entreprise Seafoodia (voir notre encadré) ne travaille qu'avec des entreprises à taille humaine, qui ont une approche raisonnée et utilisent des techniques qui ne détruisent pas la ressource. C’est avec cette même approche qu’il s’est rendu à Maurice, en novembre 2017, pour y présenter Pure Ocean. Ce fonds qui se concentre plus particulièrement sur la protection de l'océan Indien, considéré comme prioritaire. « Pure Ocean a été lancé officiellement en octobre 2017, au Collège de France, pendant le Mécène Forum. Il s'agit d'un fonds vert qui dépend de la fondation du roi Baudoin de Belgique. Pour ceux qui connaissent, ce parrainage constitue déjà un gage de sérieux et de qualité. » 
 

Ce Marseillais de 47 ans, marié à une Américaine et père de quatre enfants, a fait de sa passion des océans une activité aux ramifications planétaires.
Ce Marseillais de 47 ans, marié à une Américaine et père de quatre enfants, a fait de sa passion des océans une activité aux ramifications planétaires.  DR
 

FINANCEMENT DE PROJETS DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Il s'agit, pour Pure Ocean, d'intervenir à trois niveaux. D'abord, la constitution et la gestion du fonds qui est issu de mécènes, notamment du mouvement « 1 % pour la planète » (*) ; ensuite, l’organisation de débats, d’animations et d’événements divers ; enfin et surtout, le financement de projets de recherche scientifique comme, par exemple, ces quatre doctorants des îles de l'océan Indien qui ont des besoins de financement pour boucler leurs thèses en partenariat avec des laboratoires de recherche. « Si je suis l'instigateur et le président de Pure Océan, il faut souligner que son conseil d'administration sera composé essentiellement de scientifiques, seuls juges habilités à soutenir les dossiers. » Pourquoi se focaliser sur l’océan Indien ? « Parce que nous travaillons dans cette région depuis les débuts avec les plus grands acteurs, notamment dans l'exploitation raisonnée des stocks de légine, thonidés et petits pélagiques, répond David Sussmann. Il est donc logique d'y lancer nos actions de protection. »

« LES ENTREPRENEURS VONT SAUVER LE MONDE » 

Pure Ocean s’inspire du concept d'économie responsable. Un concept qui n’est pas forcément mis œuvre par tous les décideurs politiques de l’océan Indien où l’on constate encore certains pillages de ressources naturelles. Mais le fondateur de Pure Ocean se veut optimiste. « Ce sont les entrepreneurs qui vont sauver le monde, déclare-t-il. Ils vont communiquer positivement, auprès de leurs personnels et partenaires, et aussi influencer les pouvoirs publics. Les économies bleue et verte sont possibles car, non seulement elles sont porteuses d'espoir pour l'environnement, mais elles créent de la belle valeur ajoutée. » 
Un point d'étape se fera lors du salon Seafood Expo 2018, organisé à Bruxelles du 24 au 26 avril prochains. Il s’agit du rendez-vous mondial des professionnels de produits de la mer. Il faut signaler aussi l'organisation d'une grande course de natation à Marseille, le 2 juin prochain. Elle aura pour objectif de lever des fonds et de sensibiliser le public par le biais d'un documentaire sur la Web TV Pure Ocean Channel. 

(*) Le fonds « 1 % pour la planète » est un mouvement mondial philanthropique qui réunit plus de 1 200 entreprises qui s'engagent à verser 1 % de leurs ventes à des organismes environnementaux partout dans le monde.

SEAFOODIA : UNE ENTREPRISE ENGAGÉE
Fondée en 1996, Seafoodia est spécialisée dans la distribution et la vente de produits de la mer. Entreprise engagée, elle veut contribuer à bien nourrir les hommes et les animaux tout en protégeant la planète. Un modèle qui semble fonctionner puisqu’elle enregistre une croissance annuelle de 20 % et que son chiffre d’affaires a atteint 125 millions d’euros en 2017. Aujourd'hui, Seafoodia est implantée aux États-Unis, en France (plus précisément à Marseille où se situe son siège), au Canada, en Chine et en Norvège. L’entreprise de David Sussmann exporte ainsi ses produits vers le monde entier. Employant directement 55 personnes, Seafoodia se distingue par un modèle qui laisse les acteurs locaux libres de développer sur place les infrastructures afin de répondre à ses demandes. Son fondateur et dirigeant estime générer environ 5 000 emplois indirects avec tous ces partenaires. 
L’ENTREPRISE OÙ IL FAIT BON TRAVAILLER
En 2016, David Sussmann a fondé, à Marseille, le « Collectif des Happy Companies » qui rassemble des dirigeants d'entreprise autour des thèmes de la performance liée à l'épanouissement des collaborateurs. Un modèle innovant qui met le bien-être au cœur de l'entreprise avec pour credo : « Ensemble, nous allons plus loin ». Seafoodia, l’entreprise de David Sussmann, donne l’exemple. Elle a été labellisée « entreprise où il fait bon travailler » au Palmarès « Great Place To Work ». 
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