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Madagascar

De l’énergie solaire avec le projet Scaling Solar

Selon la SFI (Société financière internationale – groupe Banque mondiale), le projet permettra de produire de l’électricité à 16 centimes d’euros le kilowatt-heure contre 26 centimes pour une installation fonctionnant au gazole. DR
D’ici 2018, la Grande île aura ses premières centrales solaires. La Banque mondiale et l’État ont conclu un accord pour édifier trois centrales photovoltaïques qui produiront un total de 30 à 40 mégawatts d’électricité.

Le « Doing Business 2016 » classe la Grande île à la dernière place en matière de raccordement à l’électricité. L’accès reste faible avec des taux de 15% en milieu urbain et de 6% dans les campagnes. En outre, il doit être mis fin, selon les recommandations des bailleurs de fonds, à la subvention publique dont bénéficie la compagnie nationale d’eau et d’électricité (Jirama). Cette subvention constitue un gouffre financier qui a représenté près de 86,1 millions d’euros en 2015. La prédominance des centrales thermiques oblige à dépenser plus de 67% de cette aide financière en carburant. Pour remettre le secteur sur les bons rails, l’État opte pour une nouvelle politique énergétique axée sur les énergies renouvelables pour la période 2015-2030. Le défi est grand car, d’ici là, le renouvelable doit monter à 80% de la production d’électricité. Le pouvoir public ambitionne également d’atteindre un taux d’accès à l’électricité de 70% au cours des quinze prochaines années. Pour atteindre ces objectifs et dans le cadre de la nouvelle politique, la Banque mondiale, à travers la Société financière internationale (SFI), prête main forte au pays en lui faisant bénéficier du projet « Scaling Solar ». Celui-ci vise à créer un marché viable pour l’énergie solaire en Afrique. Après son lancement en janvier 2015, Madagascar en est le troisième pays bénéficiaire après la Zambie et le Sénégal. Elle a été choisie car elle dispose notamment d’un potentiel d’ensoleillement de 2 800 heures par an. Concrètement, le projet se traduira par la mise en place de trois centrales solaires ayant une puissance totale de 30 à 40 Méga-watts. Une étude de préfaisabilité sera bientôt entamée afin de déterminer avec précision les lieux d’installation et la répartition des puissances. 

UN APPEL D’OFFRES POUR LES OPÉRATEURS PRIVÉS

D’après le ministère de tutelle, l’énergie fournie ne sera pas stockée mais raccordée au réseau de la Jirama et répartie entre les villes de Tananarive, Majunga et Nosy Be. Ainsi, la compagnie nationale de vrait voir ses performances s’améliorer et ses coûts réduits. Selon les premières estimations, le projet « scaling solar » réduira de moitié le coût de production d’énergie sur vingt-cinq ans. Il devrait per mettre de produire de l’électricité à 16 centimes d’euros le kilowatt-heure contre 26 centimes pour une installation fonctionnant au gazole.
Le projet constitue par ailleurs bien plus qu’une alternative aux problèmes de coût et de disponibilité de l’énergie électrique. Il offre également une opportunité au secteur privé évoluant dans le domaine du solaire. L’accord signé entre la SFI et l’État porte en effet sur la conception et la soumission d’une offre de partenariat avec un opérateur privé. La réalisation des centrales incombera ainsi à la société sélectionnée après appel d’offres. Elle bénéficiera de certaines garanties de la Banque mondiale, à l’instar des garanties face aux risques partiels et politiques, sans oublier l’expertise en développement et financement de projets du bailleur de fonds. En conséquence, même si le projet est coûteux au départ (le déploiement d’une centrale solaire nécessite 1,5 hectare d’espace et 1,3 million d’euros par mégawatt), il ne devrait pas être difficile pour le futur adjudicataire du marché de s’y impliquer.

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