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Debout les gars, réveillez-vous !

1 mai 2019 | PAR Bernard Alvin | N°339
Tous les spécialistes le disent : pour enrichir une communauté, il faut augmenter les échanges, car l’échange est en quelque sorte créateur de richesse. D’où les brainstormings et autres techniques permettant à des groupes de créer beaucoup de valeur en boostant leurs échanges.

À la Réunion, comme dans toute la région de l’océan Indien, la mode actuelle est au développement du territoire en augmentant les échanges entre les acteurs. Cette préoccupation me paraît saine et montre qu’au moins il y a une véritable ambition de développement. Les acteurs économiques se rassemblent en clubs tous aussi ambitieux les uns que les autres, voulant vraiment faire avancer les choses. Mais,  très souvent, j’entends qu’il y a des déceptions et, même s’il y a des résultats, ils ne semblent pas à la hauteur des attentes !
Par exemple, à l’export, les structures sont nombreuses, mais d’un autre côté, « en coulisse », on entend toujours la rengaine de l’insuffisance de l’exportation des entreprises, notamment à la Réunion !
Alors que manque-t-il ?
En fait, la notion d’échange ne produit pas de résultat automatique. Il se peut que certains échanges ne soient pas très poussés et d’autres au contraire très créatifs.
Ainsi, les mêmes êtres humains mis ensemble peuvent dans certains cas produire des résultats très moyens et dans d’autres de superbes résultats.
En réalité, ce qui va amener le groupe à tutoyer des sommets de créativité et de réalisation va souvent provenir de l’animation, c’est-à-dire de l’action des animateurs choisis pour favoriser ces échanges.
Plus précisément, c’est surtout le duo animateur externe/animateur interne qui va provoquer l’alchimie créative entre les hommes ! L’animateur externe, ce sera le consultant, l’animateur interne le manager-leader ! Si ce duo s’entend à merveille et qu’il y a chez l’un comme chez l’autre beaucoup de talents et d’envies orientés « développement des hommes et des structures », alors on peut s’attendre au meilleur !
 J’ai moi-même expérimenté cela à plusieurs reprises et j’ai pu constater à quel point un groupe pouvait s’impliquer très loin dans un projet à forts potentiels. J’ai vu ainsi des projets économiques particulièrement ambitieux voir le jour et acquérir de très grandes proportions. Si le manager-leader et son consultant en développement des hommes sont tous deux compétents et bien inspirés, ils feront alors très bien leur métier de base qui consiste à développer les ressources de l’entreprise.

Consultants-gourous

On dit souvent qu’à La Réunion et dans les autres îles de la sous-région, on préfère ce qui vient du dehors car c’est forcément mieux. Il y a là une erreur profonde car les théories de l’information nous ont appris que « 80 %  de l’information facilement disponible représente 20 % d’utilité pour l’entreprise et 20 % du reste de l’information représente 80 % d’utilité. » En d’autres termes, la majorité de l’information utile à l’entreprise est déjà présente la plupart du temps, sous une forme ou une autre, en interne ! Il ne faut pas pour autant bannir les informations externes, mais il y a un ordre des priorités à changer, voire à bousculer !
Par facilité, j’observe que bien souvent on fait venir d’Europe et d’ailleurs des consultants-gourous qui vont faire leur show et repartir en laissant les personnes dans le même état qu’ils les ont trouvées. C’est le principe de l’auberge espagnole où l’on ne trouve que ce qu'on y a apporté !
C’est bien connu, rien ne se fait par facilité, et s’il suffisait de dépenser quelques milliers d’euros pour recevoir un oracle de gourou afin de réaliser des projets d’envergure, cela se saurait...

Bernard Alvin
Il est à la tête de son propre cabinet, Bernard Alvin Conseil, fondé en 1995 et spécialisé dans l’accompagnement des hommes dans le domaine du développement des potentiels. Bernard Alvin a « coaché » ses premiers cadres et dirigeants dès 1991, faisant figure de pionnier avant que n’arrive la mode du coaching. Cherchant à aller pl us loin, il fera émerger le concept de « management vocationnel » à partir de 2005. Il a pratiqué son métier en France métropolitaine, dans les DOM-TOM et dans plusieurs pays dans le monde, dont le Brésil. Il intervient en effet en français, en anglais et en portugais.
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À la Réunion, comme dans toute la région de l’océan Indien, la mode actuelle est au développement du territoire en augmentant les échanges entre les acteurs. Cette préoccupation me paraît saine et montre qu’au moins il y a une véritable ambition de développement. Les acteurs économiques se rassemblent en clubs tous aussi ambitieux les uns que les autres, voulant vraiment faire avanc...