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Des ego plus égaux que d'autres ?

1 fév 2019 | PAR Bernard Alvin | N°336
Reconnaissons, pour pasticher Orwell, que tous les hommes sont égaux mais certains plus égaux que d'autres. Mais que peut signifier le fait que les inégalités soient inscrites au cœur même de la loi naturelle ? Et si l’appréhension sans tabou de ces inégalités conduisait à la libération des richesses de la nature humaine ?

On observe que les inégalités de niveau de vie se sont nettement accrues sur vingt ans. Aux États-Unis, les 10 % les plus riches reçoivent l’équivalent de 1,8 fois la masse globale des revenus qui revient aux 40 % les plus pauvres - en France, ce rapport est de 1,1. La situation est-elle meilleure dans les pays « communistes » ? Selon une enquête, la Chine est classée parmi les pays les plus inégalitaires du monde et ces inégalités ne cessent de s'accroître. Même dans un pays considéré comme l'un des plus égalitaires au monde, la Suède, la montée des inégalités de revenus est un fait depuis le milieu des années 1990.
Qu’on soit dans un pays affiché capitaliste, communiste ou à tradition sociale-démocrate, l’inégalité socio-économique est devenue une sorte de règle universelle qui s’impose d’elle-même malgré les politiques volontaristes de certains États ou idéologies. Tout se passe comme si la nature humaine reprenait ses droits !
Vers la fin du XIXe siècle,Vilfredo Pareto fit une découverte étonnante en observant les légumes de son jardin : il remarqua qu’un très petit nombre de cosses de pois produisait la majorité des pois alors que d’autres n'en produisaient que très peu. Pareto s’est demandé si cette distribution inégale des pois était présente dans d’autres domaines. Il a alors analysé la répartition de la richesse en Italie et, à sa grande surprise, a découvert qu’environ 20 % de la population possédait 80 % des terres. Semblables aux cosses de pois dans son jardin, la majeure partie des ressources était contrôlée par une minorité. Chose qui lui fut confirmée en analysant les économies d’autres pays.

Même en Amazonie

Cette idée selon laquelle un petit nombre représente la majorité devint alors connue sous le nom de « principe de Pareto », plus communément appelé « règle des 80/20 ». Cette règle permettait de justifier les inégalités comme étant « naturelles ». En effet, l’inégalité est partout, même dans les forêts d’Amazonie où les scientifiques ont constaté que seulement 1,4 % des espèces d’arbres représente 50 % des arbres d’Amazonie.
Tout ce qui existe a un sens. Mais sans doute n’est-il pas facile d’étudier le sens des inégalités. Pourquoi ? En raison de la puissance des idéologies égalitaires ! Il y a ainsi des thèmes de recherche qui n’ont pas beaucoup avancé car les idéologies imposent des tabous à la liberté de penser ou de réfléchir. Ces tabous reposent sur le mythe de l’égalité qui n’est bien... qu’un mythe, alors que  des scientifiques comme Laplace ou Gauss ont mis en exergue une loi mathématique, qu’ils ont appelée la « loi normale », établissant que la norme est l’inégalité. 
Et si ces fameuses inégalités avaient des vertus pour l’humanité ?Inégalité peut rimer avec diversité, variété, différence, multiplicité, pluralité, multiformité. Ne dit-on pas que la richesse vient de la différence ? Historiquement, tous ceux qui se sont essayés à rendre le monde égalitaire semblent avoir échoué, pis encore, certains ont amené l’avènement de régimes politiques détestables, privatifs des libertés et du développement des hommes. 
Qu’on le veuille ou non, la nature sera toujours la plus forte, et la nature humaine n'est qu'un sous-ensemble de Dame Nature. Et si l’on décidait d’écouter et de comprendre la nature sans la moindre résistance ni le moindre tabou, on ferait des découvertes merveilleuses. Gageons qu’une nature bien comprise et libérée saurait nous rendre au centuple les richesses qu’elle possède ! 

Bernard Alvin 

Bernard Alvin est à la tête de son propre cabinet, Bernard Alvin Conseil, fondé en 1995 et spécialisé dans l’accompagnement des hommes dans le domaine du développement des potentiels. Bernard Alvin a « coaché » ses premiers cadres et dirigeants dès 1991, faisant figure de pionnier avant que n’arrive la mode du coaching. Cherchant à aller plus loin, il fera émerger le concept de « management vocationnel » à partir de 2005. Il a pratiqué son métier en France métropolitaine, dans les DOM-TOM et dans plusieurs pays dans le monde, dont le Brésil. Il intervient en effet en français, en anglais et en portugais. 
bernard.alvin@gmail.com
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