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Maurice

Des groupes mauriciens s’impliquent dans le « Knowledge Hub »

1 aoû 2017 | PAR Jean-Michel Durand | N°321
Le nouveau campus de Médine, qui devrait être prêt en septembre, comprendra un restaurant pour les étudiants et un complexe sportif avec une piscine olympique de 50 mètres. DR
Comme toujours à Maurice, le secteur privé joue un rôle moteur pour mettre en œuvre une stratégie nationale. Après le textile, le tourisme et les services financiers, il s’intéresse aujourd’hui au secteur éducatif et concurrence de plus en plus l’enseignement public.

Dans le sillage de la stratégie du « Knowledge Hub », le groupe Médine, issu du secteur sucrier, décide, en 2011, de s’orienter vers la création d’un pôle éducatif. Il passe alors des accords avec des établissements majoritairement français comme l’École centrale de Nantes, l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC), l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA), les universités Paris-Descartes et Panthéon-Assas. Regroupées sous une entité baptisée ICSIA (International Campus for Sustainable and Innovative Africa), ces formations visent les étudiants d’Afrique et de la région mais aussi les Mauriciens qui sont même les plus nombreux à l’heure actuelle. Implantées sur deux campus, à Pierrefonds et à Flic-en Flac, les écoles de l’ICSIA accueillent déjà 1 700 étudiants dont les trois quarts sont Mauriciens. Mais l’objectif de Médine est d’inverser cette répartition en accueillant 5 000 étudiants d’ici à 2025. L’argument commercial est séduisant puisqu’il s’agit de proposer des formations à coûts inférieurs à ceux pratiqués en France, mais en octroyant les mêmes diplômes. De plus, il existe un système de bourse pour étudiants issus de familles à faibles revenus. L’objectif final de Médine avec l’ICSIA est de promouvoir un « Brain Gain » (retour des cerveaux) à la place du « Brain Drain » actuel (fuite des cerveaux).

VATEL POUR LE MANAGEMENT HÔTELIER

Preuve que le secteur hôtelier mauricien a atteint un certain seuil de maturité, son offre de formation s’est étoffée avec l’arrivée en 2009 de l’école privée Vatel, développée en master franchise par Renaud Azéma et son épouse qui ont aussi ouvert à Madagascar, au Rwanda et à La Réunion. Axée sur le management, Vatel est la première école hôtelière européenne. Et alors que l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval, en activité depuis 1971, forme des techniciens, elle forme des cadres et des dirigeants. Son campus accueille aujourd’hui 332 étudiants, dont 190 Mauriciens, pour des bachelors (Bac+3) et des masters (Bac+5). Preuve du dynamisme de Vatel Maurice, son MBA spécialisé dans les « resorts » est l’un des plus demandés par les étudiants des autres écoles Vatel, chacune proposant une spécialisation en cinquième année.

UNE ÉCOLE SPÉCIALISÉE DANS LE LEADERSHIP

L’African Leadership University (ALU) est un projet ambitieux qui vise à former des leaders africains à travers 25 campus sur tout le continent. Le premier a vu le jour à Maurice où il est hébergé par le groupe Terra qui, à l’instar de Medine, est issu du secteur sucrier mais s’est fortement diversifié ces dernières années, en particulier dans la finance et l’immobilier. Le processus de sélection pour l’ALU est extrêmement rigoureux. En 2016, 180 étudiants ont été admis sur 6 000 candi -datures. Si l’école vise principalement les étudiants africains, deux étudiants mauriciens l’ont déjà intégrée et, en 2018, quinze autres devraient y faire leur entrée. Des étudiants séduits par un cursus avant-gardiste et par le réseau d’entreprises mécènes. Des entreprises qui opèrent en Afrique et prennent en charge une partie des frais de scolarité qui s’élèvent à 7 000 dollars par an. Pour les partenaires de l’école, la perspective est évidemment d’embaucher ces étudiants de haut niveau à la fin de leur cursus.

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