Edito

France

DES PRIMAIRES QUI SENTENT LE « COUP FOURRÉ »

2 oct 2016 | PAR Alain Foulon


Ces primaires des Républicains, dont on nous rebat les oreilles, ont placé au sommet du ridicule la vie politique française. D’abord parce qu’elles s’inspirent d’un système américain qui n’a rien à voir avec la France où la constitution de la Ve République veut que le président de la République échappe au diktat des partis. Ensuite parce qu’il suffit, pour y participer, de verser deux euros et de signer une déclaration sur l’honneur de « partager les valeurs de la droite et du centre-droit ». Il est donc assez facile de fausser le vote et certains commentateurs imaginent déjà les socialistes s’efforçant d’éliminer Nicolas Sarkozy qui, ces derniers temps, subit des attaques de tous les côtés. De quels socialistes s’agirait-il ? On a du mal à comprendre cette stratégie, à moins qu’ils ne s’avouent déjà vaincus et misent sur Alain Juppé en perspective d’un gouvernement qui resterait dans une ligne sociale-démocrate, atlantiste et pro-Bruxelles. On assisterait alors à la désintégration du parti socialiste et probablement à une alliance Valls-Juppé contre Marine Le Pen avec, pour Manuels Valls, des ambitions pour la présidentielle de 2022. Il est vrai qu’Alain Juppé, âgé de 71 ans, ne risque pas de rempiler et que son élection se fera grâce aux socialistes et, plus largement, aux forces de gauche. Ce scénario signifie que plus personne ne mise un kopeck sur les chances de François Hollande d’accéder au second tour de la présidentielle. Un scénario quand même assez primaire car le chef de l’État aurait, à mon humble avis, une chance de tirer son épingle du jeu si Nicolas Sakozy était finalement le candidat des Républicains. Ce dernier cristallise trop d’aversion, voire de haine, au contraire d’un Juppé plus consensuel, et pourrait être distancé au premier tour par le président sortant. Mais visiblement, la gauche n’y croit pas et, pour une part d’entre elle, commence à rouler pour Juppé. Ces primaires sentent le « coup fourré » et la démocratie n’en sortira pas grandie.

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