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Desserte aérienne : les lignes bougent

1 fév 2017 | PAR La rédaction | N°316
L’aéroport Roland Garros en a fait l’une de ses priorités : favoriser l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes et l’ouverture de nouvelles lignes. Pour 2017, l’objectif est d’ores et déjà atteint.

Un nouvel acteur est annoncé sur le marché « millionnaire » de la desserte Métropole-Réunion : en juin prochain, FrenchBlue assurera au moins une rotation quotidienne entre Orly et Roland Garros, faisant bondir de 20% les capacités offertes sur cet axe. Les tarifs « Low Cost » de la filiale du groupe Dubreuil, qui sera doté d’un premier Airbus A350 dans le courant de l’année, devraient contribuer à la progression du trafic. Mais les autres compagnies craignent une situation de surcapacité sur Paris–Saint-Denis. Elles cherchent la parade. Air Austral et XL Airways ont ainsi annoncé leur rapprochement, mi-décembre, pour coordonner leurs efforts sur les vols au départ de la province. À Air Austral les vols Réunion-Marseille, à XL le soin de développer la desserte de Lyon, d’ouvrir un Toulouse-Réunion puis une liaison vers l’île au départ de l’est de la France.

CONDOR EN APPROCHE

Le regain de concurrence sert les intérêts de l’aéroport Roland Garros, qui s’est fixé pour objectif de susciter l’ouverture de deux nouvelles lignes chaque année. Depuis 2015, Fabrice Grondin assume cette mission de développement aéronautique en allant prospecter aéroports et compagnies, en s’appuyant sur l’expertise du cabinet spécialisé Milanamos. « Nous pouvons solliciter des aides européennes pour ac-compagner l’ouverture de lignes, à condition de ne pas fausser la concurrence, explique-t-il. Nous serons par exemple en mesure de soutenir la création d’un Toulouse-Réunion, mais pas l’arrivée de FrenchBlue qui desservira la plate-forme d’Orly où Air France et Corsair opèrent déjà. » L’aide communautaire, gérée par l’Aviation Civile, permet de réduire de 50% certaines redevances aéronautiques pendant trois ans, avec la possibilité de concentrer l’effort sur la première année pour accentuer le coup de pouce.
La compagnie allemande Condor, avec laquelle Roland Garros tisse des liens depuis septembre 2015, pourrait en être la première bénéficiaire. Depuis quelques mois, elle commercialise des vols entre Francfort et La Réunion via l’île Maurice, mais confie ses passagers à Air Mauritius sur le tronçon final entre les deux îles. « Condor étudie une desserte hebdomadaire directe de La Réunion à partir de novembre prochain, annonce Fabrice Grondin, avec un Boeing 767 de 259 sièges. Le marché germanophone est prometteur, Île de la Réunion Tourisme a voté un budget pour promouvoir la destination en Allemagne mais aussi dans les pays d’Europe du Nord desservis par Condor. » D’Amsterdam à Moscou, en passant par la Scandinavie, l’île française pourrait trouver une nouvelle clientèle en quête de soleil et de montagne tropicale.

CORSAIR VIENT DE LANCER SON RÉUNION-MAYOTTE

Divers signaux montrent que les lignes de la connectivité aérienne de l’île sont en train de bouger. Corsair assure depuis le 24 janvier deux rotations hebdomadaires Réunion-Mayotte en Airbus A330, entre deux vols long-courriers au départ de Paris. La compagnie du groupe TUI livre ainsi une concurrence inédite à Air Austral qui a toujours opéré seule sur sa ligne « historique », ouverte en 1977 par son ancêtre Réunion Air Service. Corsair souhaite faire de même, deux fois par se-maine, entre Roland Garros et Ivato (Tananarive). 
Des contacts ont également été pris avec des compagnies sud-africaines pour envisager une desserte directe Le Cap-Réunion. « Il apparaît en effet que 40% des passagers qui partent de Saint-Denis vers Johannesburg continuent leur voyage principalement vers Le Cap », souligne Fabrice Grondin.

LA CHINE, ENFIN

L’ouverture d’une autre ligne, le 12 février, nourrit des espoirs à la dimension du pays desservi : la Chine. Dans le cadre d’un accord de code share, Air Austral commercialise la moitié des 275 sièges de l’Airbus A340-300 d’Air Madagascar, qui fait escale à Saint-Denis entre Tananarive et Guangzhou (Canton) à l’aller et au retour, deux fois par semaine. Le partenariat avec la compagnie réunionnaise a permis à Air Madagascar de rétablir sa liaison vers l’Asie, qu’elle avait inaugurée en 2009 avant de la suspendre en janvier 2016 pour cause de pertes trop lourdes. La création d’une liaison directe avec la Chine était attendue depuis de longues années à La Réunion, qui multiplie les efforts pour attirer la clientèle touristique chinoise. Elle était également espérée de longue date par les nombreux Réunionnais d’origine can-tonaise et plus largement par les opérateurs économiques.

LA DESSERTE D’OMAN EN DISCUSSION

Une réflexion plus nouvelle est également lancée sur l’opportunité d’une liaison avec le Moyen-Orient. Les autorités françaises ne souhaitent pas l’arrivée de Turkish Airlines ni d’une des compagnies géantes du Golfe (Emirates, Etihad, Qatar Airways), qui siphonneraient le marché Paris-Réunion pour alimenter leur hub respectif d’Istanbul, de Dubaï, d’Abu Dhabi et de Doha. Mais la desserte du sultanat d’Oman, réputé plus stable et modéré que certains pays voisins, est envisagée. Une escale à Mascate ouvrirait de nouveaux horizons aux voyageurs en provenance de Roland Garros. Tout comme certains produits réunionnais pourraient trouver de nouveaux débouchés dans le sultanat. « Le potentiel d’Oman est intéressant », confirme Guillaume Branlat, président du directoire de la Société Aéroportuaire. À suivre…Sans attendre l’aboutissement de ces divers dossiers de développement, l’aéroport réunionnais s’apprête à vivre une année de croissance, sous l’effet de l’arrivée de FrenchBlue et de Condor, de l’ouverture de la Chine mais aussi de l’augmentation des capacités d’Air Austral sur Chennai (Inde) et Bangkok depuis novembre dernier. « Nous misons sur une augmentation de 8% du nombre de passagers en 2017 », indique Fabrice Grondin. 

LA FRANCE ET MAURICE, PRINCIPAUX AXES DE TRAFIC
Le trafic entre la France métropolitaine (essentiellement les aéroports parisiens d’Orly et de Roissy) et La Réunion constitue la composante majoritaire de l’activité de Roland Garros avec 1,2 million de passagers. Les liaisons avec l’île Maurice sont la deuxième source de trafic, loin devant les autres dessertes régionales.
Les chiffres complets du nombre de passagers par provenance et destination en 2016 :
- France métropolitaine : 1 207 628 pax (57,8%)
- Île Maurice : 512 090 pax (24,5%)
- Mayotte : 154 220 pax (6,3%)
- Madagascar (*) : 131 619 pax (6,3%)
- Bangkok : 24 962 pax (1,2%)
- Johannesbourg : 20 859 pax (1%)
- Seychelles : 15 208 pax (0,7%)
- Comores : 14 522 pax (0,7%)
- Chennai (Inde) : 6 764 pax (0,3%)
- Autres : 493 (ns)
- Total : 2 107 510 passagers dont 19 349 en transit 
(+1,5% par rapport à 2015)
(*) Tananarive, Tamatave, Diego-Suarez, Nosy Be, Île Sainte-Marie.
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