Le billet

France

Du pesticide au liberticide

29 Jan 2014 | PAR Alain Foulon
Ceux qui s’intéressent un peu à l’économie connaissent la fameuse courbe de Laffer qui montre clairement que « trop d’impôt tue l’impôt ».
Mais ne pourrait-on pas dire aussi que « trop de démocratie tue la démocratie » ?
En effet, l’accumulation des arrêtés, des lois et textes réglementaires - au nom du principe de précaution, de l’égalité des genres, de la lutte contre le racisme, de la sécurité routière, de la protection de l’environnement et de la santé, ainsi que la défense de maintes causes « honorables » - amenuisent les libertés du citoyen de jour en jour.
Un exemple, parmi d’autres, est évoqué par Alexandre Imbert, éditeur de plusieurs lettres de santé alternatives. Un arrêté préfectoral imposait de traiter tous les vignobles de Côte d’Or (qui produisent des vins de Bourgogne) et un viticulteur en biodynamie(*) a refusé de traiter, à titre préventif, sa propre production avec des pesticides. Aujourd'hui, il est poursuivi par la justice et encourt jusqu'à 30 000 euros d'amende et six mois de prison. Le traitement obligatoire visait à lutter contre la cicadelle, un petit insecte responsable d'une maladie contagieuse  et mortelle pour la vigne, la « flavescente dorée ». Cette épidémie sévit en France depuis soixante ans et touche désormais la moitié du pays. Le viticulteur explique que la Côte d'Or n'était pas touchée par l'épidémie au moment de l'arrêté et que ses parcelles sont cultivées en bio depuis plus de quarante ans. Mais cela n’a pas convaincu les autorités qui appliquent la même règle partout sans tenir compte des cas particuliers et encore moins d’un principe de subsidiarité pourtant reconnu par l’Union européenne.
Le principe de subsidiarité vise à privilégier le niveau inférieur d'un pouvoir de décision aussi longtemps que le niveau supérieur ne peut pas agir de manière plus efficace. Lui seul pourrait préserver les citoyens de la tyrannie.
 
Par Alain Foulon, directeur de la rédaction

(*) système de production  agricole qui consiste à regarder toute ferme, tout domaine agricole comme un organisme vivant, le plus diversifié et le plus autonome possible, avec le moins d’intrants en ce qui concerne le vivant (plants, semences, fumure…)
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