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Economie bleue : la Mer « eau » secours de la Terre

14 mar 2017 | PAR La rédaction
Philippe Murcia est un expert maritime* bien connu dans notre région. L’ex patron du port d’Ehoala au sud du pays intervient sur les projets d’aménagement portuaires et d’économie bleue qu’il définit comme «un juste retour des choses. La vie sur Terre vient de la Mer et nous nous ressourçons en revenant à la Mer ! »
Nous l’avons rencontré à l’occasion de la sortie du livre sur l’ Economie bleue dont il a rédigé le chapitre sur Madagascar.

 
  • Interrogé sur les impacts de l’économie bleue à Madagascar, il a précisé : « L’ Economie bleue sur la Grande île est le meilleur moyen de lutter efficacement contre la pauvreté grâce aux emplois de longue durée créés : les ports , la pêche, l’aquaculture, les navires de la marine marchande et, de croisières qui emploient régulièrement des marins et du personnel Malagasy, , le tourisme balnéaire, ainsi que les magnifiques parcs nationaux (MNP) du littoral et des lacs et réserves aquatiques, les différents travaux liés accès à l’eau potable, les chantiers navals…etc. Le projet de réhabilitation du port de Tamatave financé aux alentours de 450 millions US$ par la coopération japonaise va jouer un rôle considérable dans le futur de Madagascar. Mais il ne faut pas oublier les autres ports de Madagascar dits « secondaires » : Tulear, Mahajanga, Nosy Be, Diego Suarez et évidemment Ehoala dans le sud afin qu’un équilibre économique soit maintenu avec les autres provinces et permettre à la population d’accéder aussi aux nouveaux emplois générés par la modernisation des infrastructures ».  . » Effectivement la port d’Ehoala, à proximité de Fort Dauphin, reste méconnu des grands opérateurs maritimes. Il est pourtant le premier port en eaux profondes du Sud ouest de l’océan Indien avec 16 mètres de tirant d’eau et 400 hectares de terre-pleins. Un outil formidable qui souffre malheureusement d’un manque de connexions routières qui limitent encore son développement. Il reste néanmoins un excellent spot de transbordement.
    Nos îles de l’Océan indien ont une histoire commune et une économie partagée au delà des concurrences naturelles. Aussi pour cet expert, une union maritime des îles ferait la force de cette région et serait sûrement très efficace dans ce monde globalisé. « Une île toute seule si grande soit elle ne peut pas grand chose dans le concert de la mondialisation et face aux enjeux planétaires. Les interactions entre les îles doivent être privilégiées. Les Seychelles qui ont eu l’excellente idée de nommer un Ministre de l’Economie bleue et doivent être citées en exemple… L’image donnée par le logo des Iles Vanilles est un début mais il est vitalfortement fédératrice et  nous pouvons d’aller beaucoup plus loin avec par exemple des démarches communes auprès des armateurs de croisières, et d’une façon générale pour tout projet qui concerne la mer au plan régional une consultation systématique. Cette union est déjà réelle et opérationnelle pour la sécurité maritime mais cela n’est pas suffisant. Il serait bénéfique pour tous qu’un plan régional de développement maritime et portuaire soit élaboré en concertation entre les Etats insulaires .
     
    A quand un conseil interministériel de l’ Economie bleue pour la région océan Indien ? »
    Interrogé sur le contexte maritime international, Philippe Murcia a mis l’accent sur une « révolution bleue » qui va impacter la protection de l’environnement à Madagascar.
    Il s’agit de la gestion des eaux de ballast (qui sont introduites dans les coques des navires pour les stabiliser) rendue obligatoire à partir de 2017 par l’OMI (Organisation Maritime Internationale). Pour lui « cette nouvelle règle va fortement diminuer les risques liés aux espèces invasives et à la pollution véhiculées dans les eaux de ballast. En clair, ces eaux qui voyagent d’un continent à un autre seront filtrées et traitées à bord par des technologies innovantes avant d’être rejetées à la mer. Une nouvelle gestion des déchets qui fait partie des enjeux du XXIème siècle et qui montre que nous changeons d’état d’esprit grâce à l’économie bleue… »
     
    Propos recueillis par J.Rombi
     
     
     
    * Philippe Murcia, fondateur d’Ocean Company Consulting, ancien Directeur Régional du Groupe CMA CGM, et précédemment Directeur Général du Port d’Ehoala pour Rio Tinto QMM, conseille aujourd’hui le Groupe ENAC. Il est également Expert en Economie Maritime auprès de la Commission des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA). Il a fait partie du collectif qui a rédigé le livre « L’ Economie bleue en Afrique : Guide Pratique ».
     
    Liens :
     
    *Liens pour télécharger gratuitement le livre « L’ Economie bleue en Afrique : Guide Pratique » édité par la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA)
     
    Version française :
    http://www.uneca.org/fr/publications/l%E2%80%99%C3%A9conomie-bleue-en-afrique-guide-pratique
     
    Version anglaise :
    http://www.uneca.org/sites/default/files/PublicationFiles/blueeco-policy-handbook_en.pdf
     
     

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