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Edgar Lungu réélu dans un contexte économique difficile

21 aoû 2016 | PAR AFP
Si le kwacha s'est un peu repris en 2016, il a tout de même perdu 80% de sa valeur ces deux dernières années face au dollar, entraînant une forte inflation, au-delà de 20%. (Photo Stocklib/Igor Vesninov).
Réélu à la tête de la Zambie pour un mandat de cinq ans, Edgar Lungu va avoir la lourde tâche de redresser l'économie d'un pays longtemps porteur d'espoir sur le continent africain mais qui paie aujourd'hui sa dépendance du cuivre dont les cours ont plongé.

Les taux de croissance supérieurs à 10% qu'affichait la Zambie dans les années 2000 appartiennent bel et bien au passé. Si en 2015 le PIB de ce pays d'Afrique australe a tout de même progressé de 3,2% selon la Banque mondiale - sa plus faible croissance depuis 1998 -, la Zambie est en crise. Elle traîne comme un boulet son ultra-dépendance au cuivre, dont elle est le deuxième producteur d'Afrique après la République démocratique du Congo voisine. Car depuis 2011, ce métal a perdu plus d'un tiers de sa valeur, entraînant la Zambie dans sa dégringolade. « Nous ne pouvons pas perpétuellement compter sur le cuivre, l'économie doit se diversifier », constate l'analyste économique Oliver Saasa. Des milliers d'emplois ont été supprimés dans les mines, notamment au sein du groupe suisse Glencore qui a drastiquement réduit sa production sur les sites du centre du pays. Autre conséquence de cette chute du cuivre: la dépréciation de la devise zambienne. Si le kwacha s'est un peu repris en 2016, il a tout de même perdu 80% de sa valeur ces deux dernières années face au dollar, entraînant une forte inflation, au-delà de 20%. Et le déficit public de la Zambie n'est pas plus rassurant puisqu'il devrait dépasser 8% du PIB en 2016, contre 4,6% en 2015.
Élu pour la première fois en 2015 afin d'achever le mandat de son prédécesseur et mentor Michael Sata, décédé en fonction, Edgar Lungu n'a pas eu beaucoup de temps pour redresser la situation. « Le nouveau gouvernement va devoir travailler dur pour renouer avec la croissance. Un changement de politique est nécessaire pour inspirer la confiance », plaide Oliver Saasa. En 2015, le gouvernement avait multiplié par trois les taxes sur les revenus miniers avant de finalement revenir sur cette décision, pour éviter de froisser les investisseurs et de les voir fermer des mines. « Sous intense pression », selon le FMI, la Zambie a d'ailleurs laissé entendre en avril qu'elle pourrait bientôt demander de l'aide à l'institution internationale.

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