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Élections à la CCIR : Ibrahim Patel ne serait pas éligible

4 nov 2021 | PAR Alain Foulon
Le président sortant ne remplirait pas les conditions d’ancienneté pour être éligible aux élections de 2021. (Photo Guillaume Foulon).
Myriam Boullay, qui conduit l’une des trois listes engagées dans les élections à la Chambre de commerce et d’industrie, a adressé au préfet de La Réunion une lettre explosive. On y apprend que le président sortant, Ibrahim Patel, ne serait pas éligible au regard du Code du commerce…

C’est près de deux semaines avant le déroulement des élections à la Chambre de commerce et d’industrie, organisées via Internet depuis le 27 octobre et jusqu’au 9 novembre, que Myriam Boullay, qui conduit la liste « Bâtissons La Réunion de demain », a adressé au préfet de La Réunion une lettre fort bien documentée. L’opposante à Ibrahim Patel, le président sortant, détaille toutes les entités qui ont été (ou sont gérées) pas ce dernier. Un certain nombre d’entre elles ont cessé leur activité et ont été radiées ou bien se trouvent en liquidation judiciaire. Au final, il ressort qu’Ibrahim Patel est toujours le gérant de la SCI Riyo sous le numéro de RCS 454066200, mais, explique Myriam Boullay, « il s'agit d'une société civile qui ne rentre pas dans le champ d'application de l'article L713-1 2° du Code de Commerce qui ne vise que les sociétés commerciales au sens de l'article L210-1 du Code du commerce ». Même chose pour le GIE « Vieillissement actif »( RCS 804235364) dont Ibrahim Patel serait administrateur. Ce dernier est cependant gérant de la SARL Ecocar Réunion (RCS 885214197), mais « cette société n'a été immatriculée que le 1er septembre 2020, ce qui ne répond pas à la condition de deux ans d'activité prévue par l'article L713-4 Il 2° du Code du commerce ».
Enfin, si le président sortant de la CCIR est gérant de la SARL Arya (RCS 423206283), cette société aurait cessé son activité en octobre 2017 (publication au Bodacc du 21 et 22 octobre 2017 n°2447), et n’a été mise en activité que le 1er février 2021 (publication au Bodacc du 25 février 2021 n°3924).
Myriam Boullay en conclut qu’Ibrahim Patel ne remplit pas les conditions d’ancienneté pour être éligible aux élections de 2021. Dans un second courrier adressé au préfet, elle souligne qu’au regard du Code du commerce, le président sortant de la CCIR devrait présenter sa démission ou, à défaut, « être déclaré démissionnaire d'office » par le représentant de l’État. Mais ce dernier semble avoir voulu éviter de « faire des vagues »  puisque qu’Ibrahim Patel a pu conduire sa liste. Ce qui, au cas, où celle-ci l’emporte, laisse supposer qu’il pourrait bien devoir laisser son fauteuil de président le jour où il sera contraint à la démission.
Les informations divulguées par Myraim Boullay confirment les dérives dans lesquelles est tombée depuis bon nombre d’années la CCIR dont on peut se demander à quoi elle sert à part de nourrir certains. Quand le président sortant se targue de « servir » les entreprises, cela prête à sourire. Sans compter qu’il a utilisé le budget communication de la Chambre (de l’argent public) pour appuyer sa campagne en vantant son bilan à travers, par exemple, un supplément publié dans la presse quotidienne, et des vidéos à la télévision. Il serait temps de mettre fin à ces pratiques et d’appliquer les mêmes règles que pour les maires et les présidents de collectivité : interdire six mois avant une élection toute forme de communication s’apparentant à un bilan.
Le pire, c’est qu’Ibrahim Patel, à l’instar d’Emmanuel Macron, qui n’est pas au top de la popularité, a de bonnes chances de l’emporter quand même. Tout dépendra du taux de participation. Jusqu’alors, les élections à la Chambre de commerce et d’industrie, ne mobilisaient pas beaucoup les chefs d’entreprise. Moins de un sur quatre participait au vote. Avec un scrutin qui se déroule désormais via Internet, ne prenant que quelques minutes et évitant de se déplacer, on peut penser à un taux de participation plus important. Mais ce n'est pas sûr du tout. La CCIR et l’identité de celui qui la préside semblent être le cadet des soucis de la majorité des entrepreneurs. La meilleure preuve en est que le Medef n’est même pas présent dans la bataille. Quand à l’autre mouvement patronal, la CPME, il pactise une fois de plus avec Ibrahim Patel. Mais peut-être qu’il anticipe déjà la démission de ce dernier. À suivre…

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