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Environnement : des investissements payants

1 fév 2017 | PAR La rédaction | N°316
Depuis 2014, le tri sélectif des déchets est mis en œuvre. À fin 2016, le tonnage recyclé s’élevait à 61% du total des déchets et l’objectif est d’atteindre 70% à l’horizon 2020. Studio Lumière pour la SA ARRG
Tri sélectif des déchets, maîtrise des consommations d’énergie et d’eau potable… Les premières actions environnementales mises en œuvre par l’aéroport Roland Garros commencent à porter leurs fruits.

La réduction de l’impact environnemental de la plateforme fait partie des principales orientations stratégiques définies par la Société Aéroportuaire, dès sa création en 2011. L’année suivante, Roland Garros s’est doté d’un service Environnement, confié à Marc Delanoë, ingénieur spécialisé qui a commencé par réaliser un audit afin d’identifier les marges de progression. Sur cette base, un plan d’actions environnementales a été validé. Il porte à la fois sur la gestion raisonnée des déchets, la maîtrise des consommations d’énergie et d’eau et la maîtrise des rejets aqueux et atmosphériques, la prévention des pollutions, la maîtrise des émissions sonores et la protection de la faune et de la flore…

DOUBLE CERTIFICATION ISO 14001 ET ISO 50001

Cet engagement a débouché sur une double certification ISO 14001 (management de l’environnement) et ISO 50001 (management de l’énergie) obtenue en novembre 2014 : une première pour un aéroport français dans le cas de l’ISO 50001. La même année, le tri sélectif des déchets a été mis en œuvre. 70 poubelles bi-flux ont été disposées dans les zones publiques, un nouveau système de gestion des déchets a été mis en place en zone réservée, ainsi que divers équipements permettant le tri sélectif des papiers-cartons et des emballages recyclables sur l’ensemble de la plateforme. Les déchets triés sont déposés dans cinq bornes enterrées devant l’aérogare et chaque producteur de déchets hébergé par l’aéroport contribue financièrement à cet effort. Objectif : à l’horizon 2020, permettre le recyclage de 70%des déchets générés par Roland Garros. À fin 2016, le tonnage recyclé s’élevait à 61% du total.
Par ailleurs, un diagnostic complet du réseau d’alimentation en eau po-table, suivi de réparations, a permis de réduire notablement les consommations et de faire baisser de 40% le montant de la facture d’eau. 
 

L’aéroport ne souhaite pas l’abandon du SWAC (Sea Water Air Conditioning) et souhaiterait un projet répondant à ses besoins en climatisation et à ceux de plusieurs partenaires à proximité. Stocklib/Sergiy Lukutin
L’aéroport ne souhaite pas l’abandon du SWAC (Sea Water Air Conditioning) et souhaiterait un projet répondant à ses besoins en climatisation et à ceux de plusieurs partenaires à proximité. Stocklib/Sergiy Lukutin

FACTURE ÉLECTRIQUE MAÎTRISÉE

130 actions ont été définies pour maîtriser la consommation électrique de l’aéroport, sur trois axes principaux : la gestion de la climatisation –60% de l’énergie consommée par la plateforme sert à produire de l’eau glacée –, l’optimisation de la Gestion Technique Centralisée (GTC) des aérogares fret et passagers et le remplacement des luminaires énergivores. Un indicateur a été mis en place pour mesurer le résultat de ces actions : le ratio entre nombre de passagers et kilowatts/heure consommés. De 3,73 en 2014, il est estimé à 3,35 fin 2016. L’objectif est d’atteindre 3 kWh/passager à l’horizon 2022. En 2016, les premiers véhicules électriques ont intégré la Société Aéroportuaire, dont la flotte à moteur classique sera, en grande majorité, remplacée à terme. Deux bornes d’alimentation ont été mises en place pour recharger leurs batteries, mais cette solution est provisoire. « À La Réunion, l’électricité est majoritairement produite à partir de sources fossiles, charbon et fioul, rappelle Marc Delanoë. Pour améliorer notre bilan carbone, nous allons étudier la faisabilité d’une station solaire photovoltaïque en autoconsommation, dans le but d’effacer l’aéroport du réseau EDF aux heures de pointe. » Cette production solaire pourra également alimenter les batteries des véhicules électriques de la société aéroportuaire. « Notre facture d’électricité n’augmente plus malgré la hausse des tarifs, celle du traitement des déchets a été divisée par trois : les investissements environnementaux sont rentables ! », souligne Marc Delanoë.

PREMIER PRIX DES ÉCO-TROPHÉES DU BTP

La Société Aéroportuaire s’est distinguée en 2015 dans le cadre des Eco-trophées du BTP. Elle a obtenu le premier prix dans la catégorie « Économie de ressources naturelles par l’utilisation de matériaux issus du recyclage des déchets », pour son exemplarité dans la conduite du chantier du renforcement et de l’élargissement des pistes et taxiways, qui s’était déroulé en 2013-2014. Le prix décerné par la Cellule Économique Régionale du BTP est venu récompenser l’engagement de l’aéroport Roland Garros dans la gestion environnementale de cette opération majeure, réalisée par le groupement d’entreprises SBTPC et GTOI. Lors des travaux, une partie des déchets bitumineux issus du fraisage des pistes ont notamment été recyclés et réutilisés dans le revêtement des nouvelles chaussées aéronautiques. 

SYSTÈME DE MANAGEMENT INTÉGRÉ
Les deux certifications « Environnement » et « Énergie » viennent compléter la certification à la norme ISO 9001 (management de la qualité), obtenue en 2006 par l’aéroport Roland Garros et régulièrement renouvelée depuis. Avec le Système de Gestion de la Sécurité, validé par l’Aviation civile, les trois référentiels ISO constituent le Système de Management Intégré de la plateforme, qui facilite la gestion simultanée de plusieurs domaines.
SWAC : VERS LA RELANCE D’UN PROJET
Le projet SWAC (Sea Water Air Conditioning), consistant à utiliser de l’eau de mer des grandes profondeurs pour climatiser des bâtiments de Saint-Denis et Sainte-Marie, devait pouvoir alimenter les installations de l’aéroport en 2018. Il ne verra probablement pas le jour dans les délais ni sous la forme prévue, alors que la Société Aéroportuaire faisait partie des futurs clients de cet équipement novateur. « L’aéroport ne souhaite pas l’abandon d’un projet aussi intéressant et valorisant pour La Réunion, indique Marc Delanoë. Nous avons un accès direct à la mer, nous aurons toujours besoin de climatisation. Un SWAC à l’échelle de la micro-région aéroportuaire, qui pourrait nous alimenter ainsi que plusieurs partenaires situés à proximité, est à envisager ». 
DÉCHÈTERIE
Une déchèterie dédiée aux déchets dangereux est entrée en service en juillet 2014, dans un bâtiment construit à cet effet au sein des ateliers de la Société Aéroportuaire. L’installation permet de regrouper les huiles usagées, les bombes d’aérosols et divers contenants de produits chimiques, les ampoules et néons et les déchets d’équipements électriques et électroniques, en vue d’assurer de façon optimale leur stockage et leur gestion selon des procédures qui garantissent leur traçabilité. Des sociétés prestataires procèdent ensuite à leur enlèvement selon les normes en vigueur. 
AÉROGARE BIOCLIMATIQUE
Le responsable du service Environnement et Énergie est également directeur technique et pilote du projet d’extension Ouest de l’aérogare passagers. Roland Garros porte en effet l’ambition d’être le premier aéroport d’une région tropicale à se doter d’une aérogare bioclimatique. « Nous avons opté pour la méthodologie de conception PREBAT Réunion, portée par l’ADEME, plus flexible que la procédure Haute Qualité Environnementale et qui doit nous permettre d’atteindre des objectifs de performance énergétique conformes à nos attentes », précise Marc Delanoë. De nombreuses problématiques devront être prises en compte par les concepteurs du futur bâtiment d’environ 17 000 mètres carrés de plancher, dont le coût est estimé à 80 millions d’euros : l’énergie, mais aussi le confort thermique, les déchets, le bruit, la qualité de l’air… 
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