Éric Bouquillon, patron d’Orange : « notre milieu économique progresse plus vite que les usages » - Performance - Ecoaustral.com

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Éric Bouquillon, patron d’Orange : « notre milieu économique progresse plus vite que les usages »

15 sep 2014 | PAR Philippe Stéphant | N°288
« Mon rêve est qu’un jour on ne parle plus de support. » - Ipreunion.com
Le directeur général de l’opérateur historique à La Réunion et à Mayotte s’explique sur le déploiement du très haut débit et sur la redistribution des cartes dans les télécoms qui devraient marquer un tournant pour le secteur des TIC.

L’Eco austral : Quel est le planning de déploiement du très haut débit ?

Éric Bouquillon : Orange investit massivement dans ses réseaux de télécommunications à La Réunion et à Mayotte. Il s’agit de 500 millions d’euros sur les dix dernières années. Ce qui nous permet d’avoir les meilleurs réseaux sur les deux îles. Nous avons lancé l’ADSL à Mayotte en avril 2012, avec le succès que l’on connaît, et le H+ sur les réseaux mobiles au mois de décembre 2013. Puis le VDSL sur le réseau cuivre, en février 2014. Concernant le plan de déploiement du FTTH (Fibre to the home), le groupe Orange a répondu à un appel à manifestation d’intérêt en 2011 pour la couverture fibre de 3 600 communes en France métropolitaine et dans les départements d’Outre-mer (DOM). La Réunion est partie prenante à travers la ville de Saint-Denis. C’est pourquoi j’ai signé le 17 décembre avec son maire, Gilbert Annette, et le préfet, Jean-Luc Marx, la convention d’engagement d’Orange pour la couverture de Saint-Denis à partir de 2015, sur les fonds propres de l’entreprise. Au total, ce sont 2 milliards d’euros qui sont engagés, sur le plan national, jusqu’en 2015, Orange déployant le THD (Très haut débit) dans 80% de ces 3 600 communes. Pour les autres communes, une mission THD France analyse les investissements prévus par les départements dans le cadre des schémas directeurs d’aménagement du territoire. Les collectivités locales vont pouvoir bénéficier des investissements de l’État et de l’Europe pour déployer les réseaux THD en FTTH.

Comment s’opère la mise à niveau sur le réseau cuivre ?

Le déploiement du THD par le FTTH sera un investissement extrêmement lourd, estimé à 30 milliards d’euros s’il s’étend à l’ensemble de la métropole et des DOM. Il y a donc une nécessité d’être pragmatique et de voir ce qu’on peut faire, assez rapidement, pour amener le haut débit, ou le THD, à des concitoyens qui ne bénéficieraient pas de la fibre optique. Nous menons à La Réunion une analyse globale pour déterminer comment on peut améliorer l’accès à l’Internet pour tous les usagers. Cela nécessite des investissements et nous établissons un programme, année par année, en concertation avec la Région Réunion qui a un schéma directeur de déploiement du haut débit et du THD. Dans le programme régional, il y a une partie de montée en débit sur le réseau de cuivre en mettant en place des équipements plus proches de l’usager. Il y a aujourd’hui 80 NRA (nœuds de raccordement d’abonnés) sur l’île. Sur l’année 2014, nous avons un programme d’ouverture de 10 nouveaux NRA et de 2 à Mayotte. Cela fait partie des investissements colossaux engagés pour la partie réseaux fixes, dans une recherche d’éligibilité de nouveaux clients dans des zones à déficit d’Internet ADSL. Dans des zones un peu plus reculées, les collectivités émettront des appels d’offres pour financer l’investissement nécessaire à l’extension du haut débit.

Quels sont les moyens techniques à mettre en œuvre pour une montée en débit ?

Il y a un mix technologique nécessaire à mettre en œuvre. Depuis juillet, le VDSL est une première réponse au THD pour les zones qui n’auront pas le FTTH, dans un premier temps. On utilise davantage de hautes fréquences pour amener le débit à 45 ou 50 mégabits/seconde dans un rayon d’un kilomètre autour des NRA, car la portée de ces fréquences est moins longue. Sans différence de prix et avec un écart beaucoup moins important entre débits montant et descendant. La technologie 4G permettra aussi de répondre à des problématiques de zones reculées ou qui n’ont pas d’accès par le cuivre. Orange prépare ses équipements depuis plusieurs années, dont le cœur de réseau mobile et les antennes, pour le lancement de la 4G en déployant de la fibre optique réseau de forte capacité. Plus des deux tiers de notre réseau mobile est fibré. Nous pourrons atteindre un gigabit/seconde sur chaque antenne et donc connecter simultanément un très grand nombre de clients. L’offre mobile d’Orange s’est déjà enrichie de la technologie H+, qui était en option depuis décembre et désormais incluse dans nos forfaits. Les nouvelles offres triple-play, à l’appui de la voix sur IP, apportent de nouvelles performances tarifaires. Le réseau RTC donne une qualité supérieure, mais la voix sur IP permet un enrichissement de l’offre et un repositionnement tarifaire. C’est une grande nouvelle pour le marché réunionnais.  

Comment réagissez-vous au regroupement de trois opérateurs concurrents à La Réunion et à Mayotte ?

Le marché des télécommunications traverse une zone de turbulences exacerbées. Le groupe Altice, par l’acquisition de SFR, après celles d’Outremer Telecom et de Mobius, obtient une posture tellement importante à La Réunion et à Mayotte que l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) va demander aux intéressés de restituer une partie de leur activité mobile sur ces territoires. Celle-ci représente aujourd’hui deux licences et 60% du marché à La Réunion et 90% à Mayotte. Ces paramètres nouveaux ont différé la prise de parole de l’ARCEP quant au calendrier et aux modalités de déploiement de la 4G sur nos territoires. Dans ce paysage, Orange fait figure de phare et continue, sur une stratégie à long terme, à offrir les meilleurs services à l’ensemble de ses clients et à ceux qui voudront bien rejoindre ses lignes. Nous avons la chance d’évoluer dans un milieu économique qui progresse quasiment plus vite que les usages. Nous nous trouvons en permanence dans une logique d’anticipation et de préparation de nos réseaux aux évolutions des années à venir. Nous avons déjà des équipes qui travaillent sur la 5G. Nous avons demandé une licence de test et nous travaillons avec l’impatience de servir nos clients avec les meilleurs débits.

Sur quels supports peut-on attendre les évolutions les plus importantes à court terme ?

Mon rêve est qu’un jour on ne parle plus de support. Il ne faut pas confondre finalité et support, car nous sommes devenus multimédia. La finalité, c’est la sécurisation des données et toutes les caractéristiques du mix technologique pour le grand public, les entreprises et les collectivités. Tout est dans la façon dont nous allons les résoudre. Nous pouvons apporter le THD dans des villes sans utiliser un mètre de fibre, par la 4G, et apporter l’Internet dans des villes de montagne, avec le satellite. À nous de démontrer toutes les combinaisons possibles. Le coût de l’Internet a été divisé par deux en cinq ans. Nous sommes le seul secteur économique à atteindre une telle performance, tout en maintenant ses investissements. Nous travaillons beaucoup avec les mairies sur le wifi communautaire et le wifi partagé. Également sur la citoyenneté simplifiée avec des processus qui sont maintenant en ligne, sur la collecte des déchets et les places de parking, par exemple. Nous sommes sur tous les sujets et nous avons des réponses qui sont technologiquement très avancées. Pour les entreprises, nous avons présenté les dernières innovations du groupe sur le « Cloud », les services innovants et la sécurité des données. Nous pouvons aussi être proactifs et conseiller à nos clients des innovations qui peuvent leur faire gagner en performance économique et en agilité, pour leurs propres clients. Nous étudions au cas par cas avec la puissance de frappe d’un groupe implanté dans 200 pays et qui est la force vive de l’innovation sur son marché.
 

UN PARTENARIAT AVEC LA CHAMBRE DES MÉTIERS ET DE L’ARTISANAT

Bernard Picardo, président de la CMA : « Une de nos priorités est le développement et l'intégration des usages TIC dans les entreprises artisanales… » - Ipreunion.com
Bernard Picardo, président de la CMA : « Une de nos priorités est le développement et l'intégration des usages TIC dans les entreprises artisanales… »

La montée en compétences des entreprises en technologies numériques est un atout indispensable de compétitivité. La Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) a signé avec Orange, le 8 juillet à Saint-Denis, une convention cadre en vue de la mise en place d’un partenariat destiné à sensibiliser les professionnels et les artisans à l'intégration des nouvelles technologies dans leur activité et à mieux s’approprier les outils numériques. « Orange met à la disposition des partenaires institutionnels des solutions et matériels répondant aux attentes des entreprises. Les conventions sont une opportunité de faire connaître les possibilités d’amélioration de la performance, apportées par les nouvelles solutions numériques », souligne Daniel Ramsamy, délégué régional d’Orange Réunion-Mayotte. Orange apportera son concours aux actions d’information et de soutien sur les TIC menées par la CMA auprès de ses adhérents. « Une de nos priorités, explique le président de la CMA, Bernard Picardo, est le développement et l'intégration des usages TIC dans les entreprises artisanales grâce à une meilleure appropriation des outils numériques et notamment des services du Cloud. Pour gérer sa base client, par exemple, s’appuyer sur les outils de mobilité, créer et animer un site web, externaliser la gestion informatique ou la paye. »
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