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Monde

Et pour pas changer… le changement !

1 sep 2019 | PAR Bernard Alvin | N°343
Photo : Julien Catalan
A-t-on vraiment besoin de tous ces « changements » ? Vouloir « changer » le monde est souvent la motivation égotique de personnes ayant envie de pouvoir personnel. N’est-il pas préférable de lui opposer l’altruisme, autrement dit la recherche du développement durable et épanouissant des hommes et de nos sociétés ?

Quand on est jeune, on « rêve » souvent de changer le monde, a priori pour un monde meilleur, ce qui reste à vérifier car l’histoire nous a appris que certaines personnes ont parfois rendu le monde pire en voulant le changer. Et puis, vu le nombre de dirigeants qui ont travaillé à changer les choses depuis Mathusalem, on devrait être parvenu depuis belle lurette à un monde d’une rare perfection !
Alors, d’où vient ce hiatus entre cette course frénétique au changement et l’évolution globale des sociétés, qui marquent plutôt le pas si on parle d’évolution positive dans le sens d’un meilleur épanouissement des hommes, un meilleur développement de leurs potentiels ?
Cette ardeur au changement ferait-elle partie des poncifs qu’on aime utiliser dans certaines sphères dominantes de la société au même titre que d’autres « poncifs » comme la course à la croissance ? Ainsi, si je deviens dirigeant, je dois avoir une politique de changement, doublée d’une politique de croissance. Mais la question qu’on est en droit de se poser est : pourquoi donc ? C’est souvent la grande absente. Il manque singulièrement de réflexion de fond derrière ces velléités de transformation des sociétés !

Motivations profondes

Si on veut faire avancer nos sociétés, ne serait-il pas plus raisonnable de se demander tout d’abord ce qui nous motive à le faire et à quel type de résultats on souhaite arriver, plutôt que de se lancer tête baissée dans le changement pour le changement ? Avec l’honnêteté également de se poser la question si nos motivations de dirigeant sont vraiment altruistes ou au contraire égotiques, mues par un besoin de reconnaissance personnel ?
Certes, l’évolution est au cœur de la vie, mais notons que les évolutions naturelles ont un sens ; la nature ne fait pas n’importe quoi et ne s’aventure pas vers ce qui pourrait être dangereux pour elle et contre-performant pour les organismes qui la peuplent. À son exemple, demandons-nous à qui va profiter le changement et si c’est une bonne affaire sur le plan humain. Nos sociétés en perte de repères ont besoin de « visions » claires et éclairées de la part de leurs dirigeants pour savoir où l’on se trouve et où l’on va ?
À ce stade, la question qu’on pourrait se poser est comment fabriquer une vision convaincante et positive pour les hommes ? Et c’est là que j’aurais envie de « reparler » de vocation car je note qu’une démarche vocationnelle est toujours « altruiste », à ce jour je n’ai pas vu de projet vocationnel « égotique ». Je note aussi que la « vocation » apporte à la personne cette vision qui donne un sens altruiste à son action.
Les dirigeants qui pratiquent le « management vocationnel » me semblent avoir une gouvernance bien plus heureuse pour les sociétés humaines. Dans les entreprises, cela revient souvent à effectuer du développement durable, et je ne parle pas là d’un autre poncif à la mode, mais d’un véritable développement humain dans le temps ! In fine, posons-nous la question suivante : quel homme veut-on devenir ? Au risque d’user d’un barbarisme, je dirais « homo mutatus » ou « homo rayonnantus » ? Le changement effréné ou l’épanouissement des hommes ?  À votre conscience de répondre !

Bernard Alvin
Il est à la tête de son propre cabinet, Bernard Alvin Conseil, fondé en 1995 et spécialisé dans l’accompagnement des hommes dans le domaine du développement des potentiels. Bernard Alvin a « coaché » ses premiers cadres et dirigeants dès 1991, faisant figure de pionnier avant que n’arrive la mode du coaching. Cherchant à aller plus loin, il fera émerger le concept de « management vocationnel » à partir de 2005. Il a pratiqué son métier en France métropolitaine, dans les DOM-TOM et dans plusieurs pays dans le monde, dont le Brésil. Il intervient en effet en français, en anglais et en portugais.
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