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Océan Indien

Et si le mythe de la Lémurie devenait une réalité ?

1 sep 2018 | PAR Alain Foulon | N°332

Depuis le 1er septembre, il n’y a plus de service économique à l’ambassade de France à Maurice et, du coup, cela concerne aussi les Comores et les Seychelles qui étaient sous sa responsabilité. Il faut dire que son rôle (depuis la fermeture de la mission économique) avait été fortement réduit, limité à la collecte de données économiques alors que l’accompagnement des investisseurs français (et donc réunionnais) et autres prestations commerciales étaient confiés à l’antenne de Business France (ex-Ubifrance) en Afrique du Sud, représentée à Maurice par un consultant privé. Il ne restait plus qu’un conseiller économique basé à l’ambassade, Hugues Reydet, assisté de Patricia Lenette, recrutée localement et qui a été remerciée. Hugues Reydet, pour sa part, a regagné le ministère de l’Économie et des Finances, à Bercy (Paris). Curieusement, en effet, alors qu’on parle de « diplomatie économique », si l’ambassadeur dépend du Quai d’Orsay, son conseiller économique dépend de Bercy. Ce qui entraîne parfois quelques couacs avec des infos remontant plus vite d’un côté que de l’autre. En général, les Français n’aiment pas faire simple quand ils peuvent faire compliqué. Mais c’est comme ça partout dans le monde pour les représentations françaises et, d’ailleurs, la fermeture du service économique de Maurice se fait dans le cadre d’un « redéploiement » mondial qui concerne une trentaine de pays. 

Une opportunité pour la Région Réunion

Qu’un ministère de l’Économie veuille faire des économies, on le comprend, même s’il appelle ça « redéploiement ». Dans le cas présent, le redéploiement se fait sur le service économique régional (SER) de Nairobi, au Kenya, qui a désormais la charge de Maurice, des Comores et des Seychelles qui s’ajoutent au Burundi, à Djibouti, à l’Érythrée, à l’Éthiopie, à l’Ouganda, au Rwanda, à la Somalie, au Soudan, au Soudan du Sud et à la Tanzanie. Un travail titanesque, surtout quand on sait que seulement neuf personnes travaillent dans l’opérationnel au SER de Nairobi. Plutôt inquiétant eu regard à l’importance et au dynamisme économique de l’Afrique de l’Est où la France est encore peu présente. Mais vu de Maurice et de La Réunion, ce redéploiement n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Il pourrait permettre de doper la coopération décentralisée, prônée de longue date par le gouvernement français. Sans oublier que la Région Réunion dispose déjà d’une antenne économique à Maurice, chargée entre autres d’accompagner les investisseurs réunionnais, sous la direction de Grégory Martin. L’ambassadeur de France à Maurice, Emmanuel Cohet, en poste depuis septembre 2017, s’implique fortement dans la coopération entre les deux îles, comme le faisait déjà son prédécesseur. À son initiative et celle du Mauritius Research Council (MRC), des Journées de l’innovation et de l’entrepreneuriat France-Maurice auront lieu durant la deuxième quinzaine d’octobre. Initialement programmées du 17 au 23 septembre, ces Journées se font grâce au soutien de plusieurs entreprises mauriciennes ayant des liens commerciaux avec la France. Une bonne raison pour que, dans l’intitulé de l’événement, on parle de France-Maurice, mais nul doute que La Réunion y apparaîtra en bonne place, surtout après la fermeture du service économique de l’ambassade de France.

Écologie, croissance et décroissance 

Tout ça nous amène à parler de la Lémurie, ce mythe d’un continent englouti d’où seraient issus l’archipel des Mascareignes et Madagascar. Un mythe qui a inspiré tout aussi bien le Réunionnais Jules Hermann que le Mauricien Malcolm de Chazal. L’idée en revient à l’Allemand Ernst Haeckel, l’un des grands évolutionnistes du XIXe siècle, à qui l’on doit aussi la création du mot « écologie » en 1866. Assez loin de certains de nos « Verts » d’aujourd’hui, souvent un peu rouges à l’intérieur comme les pastèques. L’écologie, pour Haeckel, est simplement la science qui « s’intéresse aux écosystèmes et aux rapports que les êtres vivants entretiennent avec leur milieu naturel ». Plutôt intéressant alors que ce numéro de L’Eco austral comprend un grand dossier sur le développement durable et ouvre le débat sur la croissance et la décroissance. Un débat qui n’est pas près d’être refermé tant le sens des mots n’a rien d’évident. De quoi parle-t-on quand on parle de croissance ? Faut-il s’en tenir seulement à la progression du produit intérieur brut (PIB) ? Il y aussi la croissance qualitative (psychologique, intellectuelle, spirituelle, économique et sociale...), nous explique le moine bénédictin Dom Hugues Minguet dans un entretien. Quant à Alain de Benoist, il considère que le développement durable conduit à une impasse et que penser l’écologie jusqu’au bout nous conduit forcément à la décroissance. 
Quoi qu’il en soit, on peut se prendre à rêver que le mythe de la Lémurie est devenu une réalité et qu’il apporte au monde un nouveau modèle de croissance. Mieux encore, on pourrait œuvrer à en faire une réalité.

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