ID

Monde

Et si l’on plantait du manioc ?

9 sep 2014 | PAR Alain Foulon | N°289

Francis Fukuyama, cela vous dit peut-être quelque chose ? C’est ce penseur américain qui annonçait la fin de l’Histoire à compter de la chute du mur de Berlin en 1989. Son livre choc, publié en 1992, s’appelait même « La Fin de l'Histoire et le dernier homme ». Un pur fantasme qui ne pouvait naître qu’Outre-Atlantique où l’on s’estime missionné par Dieu pour faire régner la démocratie libérale sur toute la terre… et le dollar par la même occasion. Malgré tous les événements qui montrent que, depuis vingt-cinq ans, non seulement l’Histoire continue, mais a tendance à s’accélérer, le Fukuyama en question n’en démord pas. Il a même publié récemment un article dans le « Wall Street Journal » pour s’en expliquer. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’idée ! Mais ce point de vue est en soi édifiant car il traduit exactement le travers américain : voir le monde à travers une lorgnette et absolument pas comme il est. Ce ne serait pas gênant si les États-Unis ne s’occupaient pas du reste du monde, mais, comme ils se permettent de mettre leur nez – et leurs bombes – un peut partout, ça se complique sérieusement. Il suffit de regarder la situation en Irak où l’on a pu assister à l’explosion d’un pays et, aujourd’hui, à un mouvement génocidaire. On peut penser, très sérieusement, que beaucoup d’Irakiens regrettent aujourd’hui l’époque de Saddam Hussein. C’est aussi l’indulgence américaine pour Israël qui permet à ce petit pays de 8 millions d’habitants de dicter sa loi au reste du monde qui est quand même constitué de plus de 7 milliards d’habitants. Pourquoi cette indulgence ? Certains parleront du lobby sioniste et de tous ces « néo-con », anciens gauchiste reconvertis dans l’ultra-sionisme, qui entourent aussi bien Bush qu’Obama. Mais il y a sans doute davantage. Un fond de mysticisme autour de la notion de peuple élu. N’oublions pas que l’Amérique a été bâtie, pour une bonne part, par des puritains armés d’un fusil et d’une bible. Des massacreurs d’Indiens, incultes mais convaincus, eux aussi, d’être le peuple élu…
N’empêche qu’il y a une déliquescence de l’Empire américain qui, après avoir été une solution pour le monde, est devenu un « problème pour le monde ». Quelque peu affaibli, sa puissance repose sur la vassalisation de l’Europe face à l’émergence de nouvelles puissances et à un monde multipolaire. Étrange Europe qui pourrait facilement détrôner l’Empire américain si elle décidait vraiment de donner le jour à des États-Unis d’Europe indépendants. Mais nous en sommes bien loin puisque l’Europe politique n’existe pas. On peut dire que Fukuyama a fait au moins des adeptes du côté de Bruxelles ! Tout cela ne nous fait pas vraiment rire car la situation du monde, en 2014, ressemble étrangement à celle de 1914. Et vous savez, chers lecteurs, ce qui s’est passé en 1914 ! Si, en toute modestie, j’avais quelques conseils à donner, je vous dirai de placer vos économies dans l’or et dans les terres agricoles… et de planter du manioc. Les agriculteurs de subsistance connaissent depuis longtemps les avantages de cet arbuste. Il pousse sur des sols médiocres de terres marginales où d'autres cultures sont impossibles. Il ne demande que très peu d'engrais, de pesticides et d'eau. En outre, vu qu'il peut être récolté à tout moment (entre 8 et 24 mois après la plantation), il peut être laissé en terre pour se prémunir contre des pénuries alimentaires imprévues. Vous avez sans doute compris où je veux en venir ! C’est vrai, vous aurez sans doute du mal à vous passer de votre riz basmati d’importation ! Mais manger du manioc, c’est mieux que de mourir de faim ! De toute façon, si cela doit vous rassurer, rappelez-vous que « le pire n’est jamais certain ». Nous pouvons l’espérer d’ailleurs sincèrement.
 

Réagissez à cet article en postant un commentaire

 

Monde

Et si l’on plantait du manioc ?

Francis Fukuyama, cela vous dit peut-être quelque chose ? C’est ce penseur américain qui annonçait la fin de l’Histoire à compter de la chute du mur de Berlin en 1989. Son livre choc, publié en 1992, s’appelait même « La Fin de l'Histoire et le dernier homme ». Un pur fantasme qui ne pouvait naître qu’Outre-Atlantique où l’on s’estime missionné par Dieu pour faire régner...