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Madagascar

Extraction minière : l’Australien Base Resources contesté

20 mar 2019 | PAR La rédaction
Les deux organisations malgaches de défense des terres et de l’environnement s'offusquent de l’impact négatif du projet sur la santé, l’environnement et les moyens de subsistance des populations riveraines, composées majoritairement d’éleveurs, de cultivateurs et de pêcheurs. - DR

Un « arrêt définitif » du projet Tolaria Sands de la compagnie australienne Base Resources à Ranobe, région de Toliara (Tuléar), sud-ouest de Madagascar, c’est ce que réclament deux organisations malgaches de défense des terres et de l’environnement dans un communiqué publié le 18 mars dernier. Le  Centre de recherches et d’appui pour les alternatives de développement - océan Indien (Craad-OI) et le Collectif pour la défense des terres malgaches interviennent alors même que le ministre des Mines et des Industries stratégiques, Fidiniavo Ravokatra, de retour de la concession minière de Ranobe, s’apprête à faire un compte rendu au président de la République sur l’avancée de ce projet d’extraction d’ilménite qui n’en finit pas, depuis des années, de faire polémique auprès des populations locales et des organisations de défense de l’environnement. 
Il faut savoir que la multinationale australienne, déjà détentrice dans la région des concessions minières d’Ankililoaka (8 786 ha), Basibasy (8 130 ha) et Morombe (20 637 ha), considère le projet Toliara Sands comme « le meilleur projet de développement des sables minéralisés au monde disposant d’une ressource de 857 millions de tonnes à 6,2 % de minerais lourds ». Base Resources a d’ailleurs pris le contrôle du projet minier en 2017, s’engageant à  investir 75 millions de dollars à Ranobe qu’elle considère comme le plus important site d’ilménite au monde.
Cinq communes de la région de Toliara sont touchées par ce projet qui s’étend sur 2 500 hectares et devrait, selon la société australienne, fournir un « nombre très élevé d’emplois ». Ce que contestent les organisations de défense qui relèvent dans leur communiqué que « pour toute société minière à Madagascar et dans le monde, le nombre d’emplois créé est relativement important pendant les quelques années de la phase de construction - les chiffres publiés incluent souvent plusieurs centaines voire des milliers de travailleurs recrutés dans d’autres pays sans forcément le préciser - et ce nombre d’emplois baisse de manière drastique dès le début de la phase d’exploitation.  La fluctuation du cours de l’ilménite sur le marché mondial provoque ensuite de temps en temps des licenciements et réductions des emplois directs et indirects ».

Impacts graves sur les conditions de vie

Elles avancent surtout l’impact négatif de ce projet sur la santé, l’environnement et les moyens de subsistance des populations riveraines, composées majoritairement d’éleveurs, de cultivateurs et de pêcheurs. « Si ce projet minier commence à défricher le peu de couverture végétale et d’arbres qui restent, à pomper l’eau - car ils ont besoin d’eau pour leurs opérations - cela va avoir des impacts très graves sur les moyens de subsistance et les conditions de vie de la population », affirme Zo Randriamaro, la porte-parole du Craad-OI, interrogée par RFI. Une polémique qui rappelle celle des concessions minières  d’Ankililoaka, Basibasy et Morombe qui impactent plusieurs sites environnementaux protégés, notamment la Forêt des Mikea où vit le groupe autochtone des Mikea.
Si, pour calmer les esprits, le ministre des Mines s’est  engagé à suspendre temporairement une partie des recherches sous-marines de Base Resources, cela est loin d’être suffisant pour les organisations de défense puisque la multinationale australienne peut poursuivre ses autres activités, notamment pour entamer la phase d’exploitation d’ilménite.
Au président Andry Rajoelina de trancher ce dossier épineux, estiment les organisations de défense, d’autant que c’est bien sous  la Transition que le projet Tolaria  Sands  a obtenu, en mars 2012, son permis d’exploitation minière d’une durée de 40 ans avec une extension de 40 ans.  

Le dioxyde de titane (TiO2) extrait de l’ilménite est utilisé dans la fabrication de :
• pigment blanc pour la peinture
• pigment pour l’encre
• Pigment pour le plastique
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