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Réunion

Fabrice Boulet champion de lutte phytosanitaire

1 nov 2018 | PAR Alain Foulon | N°334
« Notre force, c’est d’être sur les différents segments du marché. » Guillaume Foulon
Véritable autodidacte de l’entomologie (l’étude des insectes), le propriétaire et dirigeant de Stop Insectes sait qu’il faut bien connaître son adversaire pour le combattre. Son entreprise est leader sur le marché des trois D : désinsectisation, dératisation et désinfection.

Depuis 2016, Fabrice Boulet est un entrepreneur encore plus heureux qu’avant. Il a pu en effet centraliser toutes ses activités dans la zone d’activité de l’Éperon, dans les hauts de l’Ouest. Deux bâtiments sur une surface totale de 1 000 mètres carrés accueillent les bureaux, le magasin et showroom, ainsi que les stocks. Auparavant, l’entreprise était épapillée dans différents points de l’île. Stop Insectes, c’est un véritable groupe qui, pour se développer, s’est fortement diversifié pour intervenir auprès des entreprises et des collectivité comme des particuliers, dans la désinsectisation, la dératisation et la désinfection. Pas moins de 23 véhicules sillonnent La Réunion pour fournir les prestations de service. « Notre force, c’est d’être sur les différents segments du marché », reconnaît Fabrice Boulet, dont l’entreprise est réputée en particulier pour son expertise dans la lutte anti-termites.  « Le termite, c’est mon insecte préféré. Moins connu que la fourmi, il lui ressemble beaucoup dans son mode d’organisation avec un roi, une reine, des ouvriers et des soldats. Et il ne supporte pas la lumière. » Mais c’est aussi un fléau, en particulier en milieu tropical et avec la forte densité de population et d’habitations de La Réunion. Encore faut-il bien identifier cet adversaire car il n’existe pas moins de 2 800 espèces de termites dans le monde dont 11 à La Réunion où il est obligatoire de traiter avant de construire. Mais selon les espèces, le comportement n’est pas forcément le même et la manière de les combattre doit en tenir compte. C’est pourquoi tout commence par une identification pour laquelle l’expertise de Stop Insectes est un net avantage concurrentiel. 

La passion des insectes

« En 1997, lorsque nous avons été la deuxième entreprise réunionnaise à être certifiée FCBA (Institut technologique forêt cellulose bois-construction ameublement - NDLR), personne, dans le secteur du BTP, n’avais pris la mesure des dégâts causés par les termites. » Les choses ont changé depuis et une filière a vu le jour pour répondre aux besoins d’un marché assez vaste. En effet, les maisons en béton et charpente métallique ne sont pas forcément épargnées « car il y a toujours du bois quelque part dans une maison ». Et les termites s’attaquent de plus en plus aux arbres. C’est ainsi que Stop Insectes est intervenu auprès des arbres de la mairie de Saint-Pierre, identifiant pas moins de cinq termitières. « Plus on construit et moins les termites trouvent de quoi manger. Alors, ils cherchent… » Fabrice Boulet pourrait vous parler pendant des heures de ces insectes étonnants. À force de les côtoyer, il est devenu quasiment un entomologiste autodidacte. Un intérêt qui remonte à son enfance. « À l’école primaire, j’éprouvais une véritable passion pour la biologie de l’insecte. » Une passion qui a compté lorsqu’il a décidé de racheter Stop Insectes en 1992. L’entreprise qui avait vu le jour en 1985 ne comptait qu’un seul salarié. Son repreneur a compris alors qu’il y avait un beau potentiel de développement avec le boom du bâtiment. Et il s’est mis dans le bain, lui qui ne connaissait rien à ce métier. En France, il était technicien de régie vidéo et opérateur de projection de cinéma après s’être formé à l’électrotechnique. Mais venu en vacances à La Réunion en 1985, il est tombé amoureux de « l’île intense » et a décidé d’y vivre. 

Maître chez lui avec 99 % du capital

« Je suis venu avec seulement cinq cantines et j’ai commencé à travailler comme formateur, puis j’ai été commercial dans l’imprimerie, jusqu’à ce que se présente l’opportunité de racheter Stop Insectes. Une activité qui m’a rappelé ma passion de l’école primaire pour les insectes. » 
Au fil des ans, il a diversifié les activités dans les différents domaines de la lutte phytosanitaire, y compris dans la lutte écologique contre les chauves-souris qui sont une espèce protégée. Cette diversification lui a permis de maintenir une croissance régulière malgré les différentes crises qui ont frappé le secteur du bâtiment. Et il a pu développer son expertise dans la rénovation des vieilles cases créoles, s’évertuant à convaincre qu’il était possible de les sauver. « On expertise les pièces en bois traitables, puis on passe la main à un charpentier. » 
Stop Insectes a d’ailleurs eu l’occasion d’exporter son expertise aux Seychelles, pour le compte de la conserverie de thon où des poteaux en lamellé-collé étaient attaqués par les termites. Leader à La Réunion, mais aussi à Madagascar, Fabrice Boulet enregistre un beau bilan après 26 ans d’activité. Et il a pu rester maître chez lui, détenant toujours 99 % de son capital. Lui qui a le caractère bien trempé : « Ça me permet de ne pas me fâcher avec des associés. »

Progression
Après avoir racheté en 1992 Stop Insectes qui ne comptait qu’un seul salarié, Fabrice Boulet en a fait le leader dans la lutte phystosanitaire. Son chiffre d’affaires, en progression régulière, a atteint 3 millions d’euros en 2017 et il emploie 35 personnes à La Réunion, 60 si l’on ajoute ses filales de Mayotte, de Madagascar et de Maurice.

Innovation
En lien avec des laboratoires en France métropolitaine, Stop Insectes peut tester des produits 100 % naturels et adaptés à tous les types d’insectes. Localement, l’entreprise travaille aussi avec l’Observatoire régional de lutte anti-termites (Orlat) de la Chambre de métiers pour choisir les produits les mieux adaptés aux termites de La Réunion. La tendance est aux produits écologiques comme les pièges à termites et les méthodes mécaniques pour les chauves-souris qui sont une espèce protégée. Très diversifiée, l’entreprise développe aussi des nettoyants écologiques avec sa structure « eco system ». L’un d’entre eux est référencé dans les magasins Leclerc. Stop Insectes a été certifié FCBA (Institut technologique forêt cellulose bois-construction ameublement) dès 1997 et ISO 9001 en 2000. 

Dynamisme à l’extérieur
Membre de longue date du Club Export, dont il a été le 2ème vice-président, Fabrice Boulet s’est efforcé de développer son activité dans la région. Son entreprise s’est implantée à Mayotte en 2000, à Madagascar en 2002 et à Maurice en 2008. Une activité à l’extérieur de La Réunion qui représente 15 % du chiffre d’affaires du groupe. Il a ouvert une antenne au Cap, en Afrique du Sud, où il a posté un jeune diplômé sous contrat VIE (Volontaire international en entreprise). Un antenne positionnée sur une niche de marché, celle des vignerons auxquels elle propose notamment des produits labellisés Éocert qui éliminent les pesticides dans les rampes de traitement et dans les cuves. 

Engagement citoyen
Outre son implication dans le Club Export, Fabrice Boulet est membre de l’assocation Cobaty qui réunit des professionnels liés de près ou de loin à la construction et à l’aménagement. Il vient aussi d’adhérer comme donateur à Fond’Ker, la Fondation des entreprises de La Réunion, qui a vocation à soutenir des projets sociétaux. Il a fait réaliser en 2014 un audit sur l’impact environnemental des produits de Stop Insectes et un bilan carbone. L’entreprise veille à la traçabilité de ses déchets afin de ne rien laisser sur les chantiers où elle intervient et elle paie pour leur recyclage. Dans ses locaux de la ZAC de l’Eperon où, étonnamment, il n’existe pas de service de ramassage des ordures, elle a mis en place un traitement sélectif. Enfin, son souci environnemental passe par le développement de sa gamme de produits écologiques et de méthodes naturelles. 
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