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France

Face à la question islamique : les choix crédibles pour l’avenir

« Nous sommes face au réveil du volcan sunnite qui essaie obsessionnellement de reconstituer l’Oumma dans un grand califat mondial appelé à s’étendre au détriment des autres civilisations. » - Shutterstock
Le géopolitologue Aymeric Chauprade prend acte de la disparition du nationalisme arabe et de la montée en puissance de l’islamisme auxquelles ont contribué les Etats-Unis et Israël. La question pour la France est maintenant de choisir la bonne stratégie.

Il est loin le temps où le monde arabe rêvait de développement, de modernisation, de sécularisation d’un islam sunnite toujours menaçant pour les minorités chrétiennes et chiites. Ce temps-là, c’était celui du nationalisme arabe, de Nasser jusqu’à Saddam Hussein en passant par Hafez el-Assad. Le temps de régimes autoritaires tournés vers le développement et qui offraient aux femmes, aux chrétiens et à toutes les minorités un rempart face au fondamentalisme sunnite autant que d’inéluctables perspectives d’ouverture démocratique si l’on avait bien voulu laisser les processus internes se dérouler à leur rythme historique. C’était aussi le temps où la cause palestinienne était encore une cause nationaliste et pas une cause islamique. Seulement voilà, de l’eau a coulé sous les ponts et l’Autorité palestinienne comme le Fatah ont été effacés par le Hamas. Ce temps des nationalismes arabes est bien révolu. Rongé par la corruption de ses propres élites, dévasté volontairement par la politique américaine (ennemie des nationalismes pétroliers) autant que par l’énorme erreur stratégique d’Israël avec lequel il aurait pu s’entendre pour assurer à la fois l’existence d’un État palestinien et la sécurité de l’État juif, le nationalisme arabe a signé son acte de décès.

Les Musulmans sont les premières victimes de l'islamisme. - fpolat69/Shutterstock

Les Musulmans sont les premières victimes de l'islamisme. - fpolat69/Shutterstock

L’UTOPIE AMÉRICAINE D’UN PROJET UNIPOLAIRE

En septembre 2001, la collusion probable entre une partie de l’État profond américain et l’État profond saoudien (ses services de renseignement), qui fut une sorte d’aboutissement paroxystique d’une alliance monstrueuse née dans la guerre d’Afghanistan face aux Soviétiques, créa une onde sismique mondiale. Le fondamentalisme sunnite se déchaîna tandis que les États-Unis, profitant de la « guerre contre le terrorisme », tentèrent d’opposer l’utopie d’un projet unipolaire à l’évidence du monde multipolaire. Les partisans de la politique américaine purent successivement applaudir la guerre en Afghanistan contre des Talibans que Washington, Islamabad et Riyad avaient créés, la destruction du régime de Saddam Hussein à Bagdad, les révolutions colorées en Géorgie, puis en Ukraine, pour faire pièce à une Russie renaissante grâce à Vladimir Poutine, ou bien encore la politique d’isolement de Téhéran au prétexte d’une possible bombe iranienne.
Fiction occidentale, le « Printemps arabe » ne fut qu’un sombre festival qataro-saoudien. Le Qatar et ses amis « Frères musulmans » purent s’offrir les régimes Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte, Kadhafi en Libye, la terreur et le chaos en Syrie. Quant à l’Arabie Saoudite, elle emporta le deuxième acte au Caire en éliminant, grâce aux généraux égyptiens, Morsi et ses Frères musulmans mais elle disputa au Qatar l’influence sur les groupes terroristes en Syrie. Toute cette œuvre funeste d’égorgements, de décapitations, de viols des jeunes chrétiennes ou chiites vierges, d’exécutions sommaires, de prisonniers enterrés vivants, de vidéos macabres postées sur Youtube et téléchargées des dizaines de milliers de fois dans nos banlieues, tout cela nous le devons « à nos magnifiques alliés », nos nouveaux amis du Moyen-Orient, gorgés de pétro-dollars, le Qatar et l’Arabie Saoudite.

LE BILAN DE SARKOZY ET HOLLANDE AU MOYEN-ORIENT : CHAOS ISLAMISTE ET CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ

La dernière fois que nos gouvernants eurent un peu de bon sens au Moyen-Orient, ce fut en 2003 quand Chirac refusa de s’associer à la guerre américaine en Irak. Certes, notre politique était alors à la remorque de l’Histoire ; certes, elle s’accrochait à des régimes finissants, mais c’était une politique « du moindre mal ». Du moins nos ambassadeurs arabisants de l’époque, avant que Sarkozy et Hollande ne remplacent ceux-ci par des humanitaires naïfs quand ils n’étaient pas des hommes d’affaires cyniques, du moins ces vrais ambassadeurs (comme celui qui m’avait accueilli en février 2003 à Bagdad pour rendre à Tarik Aziz sans doute l’une de ses dernières visites) connaissaient-ils cet Orient compliqué et anticipaient-ils les horribles carnages communautaires qui devaient inéluctablement se produire en lieu et place des vieux régimes « laïcs ». Nous avons le résultat de cette folie sous nos yeux et ce bilan n’est pas seulement le bilan de Washington. Non, ce n’est pas seulement la faute de Washington car Sarkozy et Hollande (et avec eux Juppé et Fabius) portent une très lourde responsabilité dans les génocides communautaires (les chrétiens, les Alaouites, les Chiites duodécimains, les Yazidis…) en œuvre aujourd’hui en Syrie et en Irak comme ils sont directement responsables des massacres tribaux en Libye.

DÉFENDRE MILITAIREMENT LES CHRÉTIENS D’IRAK

À mes yeux, Sarkozy et Hollande se sont rendus complices, par ces choix, de crimes contre l’Humanité. C’est à tout le moins ce qui devrait les disqualifier à jamais aux yeux des Français. Sarkozy plus qu’Hollande d’ailleurs puisque c’est l’UMP qui, finalement, aura le plus brutalement rompu avec les fondamentaux gaulliens de la politique étrangère française pour nous aligner sur les politiques américaine, qatarie et saoudienne. Mais Hollande vaut-il mieux lui qui, en 2012, voulait envoyer notre armée attaquer l’État syrien, en tentant de nous refaire le coup américain des armes de destruction massive ? Lui qui ne propose aujourd’hui comme seule aide aux Chrétiens d’Orient, face à la poussée de l’État islamique en Syrie et Irak, que l’envoi de colis alimentaires ?
Nous devons aider les Chrétiens à rester chez eux, à défendre leurs villages, leurs églises, car ils étaient les premiers sur la Terre d’Orient. Je soutiens donc sans réserve les frappes militaires américaines contre l’État islamique et j’affirme que c’est l’intérêt et l’honneur de la France que de se joindre à ces frappes. Moi qui suis le premier à m’opposer à la folle politique des États-Unis en Ukraine, je sais aussi refuser le systématisme et dire que les Américains ont fait le bon choix en aidant le gouvernement irakien. Mais la logique impose d’aller plus loin, d’avoir le courage d’accepter l’erreur occidentale en Syrie, ce qui signifie s’allier à nouveau avec Bachar el-Assad et l’aider à détruire les foyers islamistes qui gangrènent son pays.
Nous avons mené une guerre pour rien en Afghanistan dans laquelle de nombreux soldats sont morts pour la France et des milliers d’autres y ont perdu un membre, un œil, une aptitude physique ou mentale. Nos Rafales ont pilonné l’armée régulière libyenne et nos hélicoptères lui ont infligé de lourdes pertes. Nos services spéciaux ont vendu, avec l’argent du Qatar, des armes aux islamistes syriens dans le seul but de miner l’État syrien dans ses fondations. Devrions-nous alors nous contenter d’envoyer quelques colis pour les Chrétiens d’Irak ?

CASSER LA DYNAMIQUE CALIFALE ET ÉLIMINER LES DJIHADISTES CITOYENS FRANÇAIS

Il y a un enjeu essentiel dans la destruction de ce califat. C’est qu’il a muté du statut de califat régional au statut de califat mondial. Son calife s’est proclamé calife mondial et il a obtenu le ralliement de plusieurs imams radicaux influents dans le monde islamique sunnite, dont un en Indonésie, le plus grand pays musulman du monde. Le risque de propagation est évident et les Américains l’ont compris. Il faut impérativement écraser sous un déluge de feu ces fous qui mutilent les femmes, les vendent comme esclaves sur les marchés de Mossoul, assouvissent sur elles leurs instincts criminels et inondent le monde de leurs vidéos macabres. Vladimir Poutine a eu des mots aussi brutaux que de bon sens vis-à-vis de ces islamistes que les Russes ont combattu en Tchétchénie (tandis que les Américains les aidaient) ou qui ont massacré des dizaines d’enfants à Beslan. « Il faut butter les terroristes jusque dans les chiottes ». Ce n’est pas très politiquement correct mais c’est le meilleur programme face à l’islamisme. Et ce programme ne doit pas s’arrêter là. Nous savons que près de 1 000 djihadistes disposant de la nationalité française sont partis combattre en Syrie et en Irak et que beaucoup ont rallié le califat islamique. Nous ne devons pas les considérer comme des égarés mais comme des ennemis qui reviendront bientôt en France, forts de leur expérience militaire, l’esprit affranchi de toute limite après les exactions commises (viols, tortures, décapitations). Nous devons les éliminer in situ et ce devrait être le rôle de nos services spéciaux de s’en occuper dès maintenant. Nous ne pouvons prendre le risque d’attendre qu’ils reviennent. Arrêtés et emprisonnés en France ils seront de puissants moteurs de conversion à l’islam dans les prisons et donc un facteur supplémentaire de propagation du fondamentalisme islamique dans notre pays. Il revient la responsabilité à chaque nation européenne (France, Royaume Uni…) d’éliminer ses ressortissants djihadistes avant qu’ils ne reviennent.

AFFRONTER LA CORRUPTION DE LA POLITIQUE ET DE L’ÉCONOMIE FRANÇAISE PAR LE QATAR ET L’ARABIE SAOUDITE

L’origine de cette catastrophe, on ne le répètera jamais assez, c’est tout simplement qu’à partir de la présidence Sarkozy la France a complètement mis sa politique arabe dans les mains du Qatar et de l’Arabie Saoudite et que sa diplomatie est devenue, de fait, la principale sous-traitante de ces deux puissances islamistes. La Libye a été, par excellence, la guerre de sous-traitance des intérêts qataris. Le calcul occidentaliste (États-Unis et forces européennes alignées) fut le suivant : ajouter au Qatar (deuxième réserve gazière du monde après la Russie) le formidable potentiel gazier de la Libye et briser ainsi (en plus du gaz de schiste américain) la dépendance de l’Union européenne au gaz russe. Voilà bien une étrange vision stratégique qui consiste, sur le long terme, à préférer dépendre d’un gaz « fondamentaliste » plutôt que du gaz russe !
Depuis l’assassinat de Kadhafi (20 octobre 2011) cautionné par l’Occident pro-américain après la violation des promesses faites à la Russie (s’en tenir à la zone d’exclusion aérienne et ne pas aller jusqu’à la destruction du régime), le résultat de l’opération libyenne ne s’est pas trop fait attendre : début 2013, la France devait intervenir militairement au Mali pour freiner la progression fulgurante des amis du Qatar et de l’Arabie Saoudite et, au mois de juillet de cette année, l’ONU, Washington et la quasi-totalité des pays occidentaux décidaient de fermer leur représentation et d’évacuer leurs personnels. On ne dira jamais assez combien ce chaos libyen tient d’abord de la responsabilité de Sarkozy et au moins autant de Juppé présenté pourtant comme un vieux « sage ». Dès 2011, je prédisais que le pillage des dépôts d’armes en Libye par les tribus et les milices islamistes conduirait à une situation chaotique comparable à celle de l’Irak en 2003, lorsque les Américains choisirent de détruire l’armature sunnite de l’État irakien qui allait constituer l’embryon de ce qui est aujourd’hui devenu… l’État islamique. Comme si cela ne suffisait pas à leur incompétence et leur arrogance, Sarkozy et Juppé ont ajouté l’erreur syrienne à l’erreur libyenne, une fois encore inspirés (commandés ?) par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Hollande (qui aurait voulu sa guerre aussi, comme Sarkozy) n’eut alors qu’à s’enfoncer plus avant dans l’erreur de ses prédécesseurs. La France fut en pointe dans la volonté d’emmener l’Occident en guerre contre Bachar el-Assad jusqu’à se ridiculiser lorsque les États-Unis, plus pragmatiques, finirent par trouver un accord avec les Russes.

« Nous savons que près de 1 000 djihadistes disposant de la nationalité française sont partis combattre en Syrie et en Irak et que beaucoup ont rallié le califat islamique. Nous ne devons pas les considérer comme des égarés mais comme des ennemis qui reviendront bientôt en France, forts de leur expérience militaire, l’esprit affranchi de toute limite après les exactions commises (viols, tortures, décapitations). » - Shutterstock

« Nous savons que près de 1 000 djihadistes disposant de la nationalité française sont partis combattre en Syrie et en Irak et que beaucoup ont rallié le califat islamique. Nous ne devons pas les considérer comme des égarés mais comme des ennemis qui reviendront bientôt en France, forts de leur expérience militaire, l’esprit affranchi de toute limite après les exactions commises (viols, tortures, décapitations). » - Shutterstock

La poignée de main avec le Diable se paie toujours très cher. Cette soumission de nos choix diplomatiques à Doha et Riyad est davantage qu’une faute extérieure, c’est un crime intérieur. Mais ce crime a une explication : de nombreuses personnalités clés de l’UMP et du PS ont été achetées par l’argent du Golfe, ce qui explique que Sarkozy ait défiscalisé les investissements qataris et laissé le Qatar entrer au capital de plusieurs grands groupes stratégiques français. C’est aussi ce qui explique que le Qatar ait proposé à l’ancien président français de diriger un fonds d’investissement qatari. Hollande lui-même n’a rien fait pour arrêter la politique de pénétration du Qatar ; il a simplement essayé de déplacer le curseur davantage vers l’Arabie Saoudite. Il faut dire que l’Arabie Saoudite pèse au bilan de nombre de grands groupes français (armement, construction, luxe…) et va investir 15 milliards d’euros dans le Grand Paris. Je ne ferai pas ici le catalogue à rallonge de la pénétration de l’argent saoudien et qatari dans nos industries, nos banques, nos banlieues… Voyez un Dominique de Villepin prendre aujourd’hui des accents gaulliens dans sa critique d’Israël mais qui fut un partisan acharné de l’intervention contre Kadhafi probablement parce qu’il est un avocat attitré du Qatar. N’était-ce pas lui qui, à défaut de devenir le candidat de l’UMP pour la présidentielle, tenta de devenir le porte-drapeau des jeunes musulmans des banlieues ?
Pour le système UMPS et ses « experts » subventionnés, la double alliance avec les musulmans de France et l’argent du Golfe est une aubaine : c’est le double jackpot puisqu’ils empochent l’argent du Golfe en même temps qu’ils commencent à récolter le vote musulman.

PAR CONSÉQUENT NE PAS SE TROMPER D’ENNEMI !

Je m’adresse à ceux qui sont capables de regarder la réalité en face et donc de surmonter leurs réflexes et héritages idéologiques. L’un des grands défis de la politique tient en effet à la capacité de s’adapter à des circonstances qui changent afin de rester soi-même. Pendant la Guerre froide, j’étais anti-communiste, donc anti-soviétique et favorable à l’alliance avec les États-Unis. Aujourd’hui, je défends l’indépendance de la France et de l’Europe face aux États-Unis et par conséquent je regarde la Russie comme nécessaire partenaire stratégique, d’autant qu’elle défend les fondamentaux de la civilisation chrétienne. Les Rois de France ont fait des retournements d’alliance (vers l’Autriche sous Louis XV) que les opinions publiques ne comprirent pas tant l’habitude de haïr un ennemi séculaire était ancrée dans la conscience populaire. Mes positions politiques ne sont pas et ne seront jamais déterminées par mes amitiés personnelles et je sais même qu’aujourd’hui certains de mes amis pro-palestiniens auront du mal à les comprendre. Je connais tous les pays arabes, j’ai même été longtemps consultant pour un Royaume arabe, et je n’ai jamais été en Israël. J’ai une histoire personnelle avec le monde arabe et les positions que je prends me coûtent sur le plan affectif, mais un vrai patriote français doit être capable de hiérarchiser les dangers qui menacent la France, de refuser l’idéologie et les constructions intellectuelles simplistes lui désignant un ennemi mondialiste imaginaire contre lequel il faudrait mener une révolution mondiale.
Israël n’est pas l’ennemi de la France.
La France n’a aujourd’hui qu’un véritable ennemi : le fondamentalisme islamique sunnite. Certes, Israël est aujourd’hui encore très lié aux Etats-Unis, mais ceux-ci commencent à s’en détourner et Israël adopte une posture multipolaire en construisant des relations fortes avec la Russie, l’Inde, la Chine. À moins donc qu’il ne soit gouverné par un antisémitisme obsessionnel, un patriote français ne peut chercher à former, contre Israël, et avec l’extrême-gauche pro-palestinienne, la racaille de banlieue et les islamistes une alliance à la fois contre-nature et sans issue politique. Certains m’objecteront qu’Israël a tout fait pour créer cette situation qui a conduit au remplacement du nationalisme palestinien originel par le Hamas, tout ceci afin de renforcer la cohésion des Occidentaux autour de l’État juif. C’est possible (on se souvient que Cheikh Yacine fut en effet ramené en Palestine par les Israéliens pour faire contrepoids à Arafat), mais si c’est le cas, cette stratégie a réussi et, de fait, les Européens de l’Ouest se trouvent dans le même bain que les Israéliens. Par conséquent, je ne vais pas attendre que mon pays soit repeuplé par une majorité de musulmans radicalisés pour déclencher le grand soir contre un capitalisme dit apatride! Je n’ai qu’une priorité, impérieuse, c’est le peuple français, et mon combat politique ne s’articule pas autour de la lutte contre le sionisme !

« La guerre n’est pas contre l’islam sunnite, elle est contre l’extrémisme sunnite qui ronge une partie conséquente de l’islam sunnite et la nuance est essentielle car cette guerre doit être menée aux côtés de tous les musulmans sunnites modérés. » - Ministère de la Défense

L’armée française au Mali. « La guerre n’est pas contre l’islam sunnite, elle est contre l’extrémisme sunnite qui ronge une partie conséquente de l’islam sunnite et la nuance est essentielle car cette guerre doit être menée aux côtés de tous les musulmans sunnites modérés. » - Ministère de la Défense

UNE POLITIQUE ÉTRANGÈRE COHÉRENTE AVEC NOS PRIORITÉS INTÉRIEURES

Face au défi identitaire français, les choix de politique étrangère s’avèreront déterminants. L’alliance avec la Russie, seule grande puissance européenne à assumer ouvertement et fermement sa civilisation chrétienne, devrait aller de soi pour tout patriote. Comme devrait l’être aussi l’entente avec le chiisme et l’ensemble des minorités du Moyen-Orient face au réveil du volcan sunnite qui essaie obsessionnellement de reconstituer l’Oumma dans un grand califat mondial appelé à s’étendre au détriment des autres civilisations. Je suis convaincu d’ailleurs que les États-Unis et Israël finiront par s’entendre avec l’Iran (y compris l’Iran puissance nucléaire comme l’est le Pakistan sunnite) comme avec l’Irak à dominante chiite. Il faut bien sûr aussi coopérer avec les monarchies sunnites modérées du monde arabe, celles qui ne financent par le djihad, comme le Maroc, les Émirats arabes unis et le Koweït. La guerre n’est pas contre l’islam sunnite, elle est contre l’extrémisme sunnite qui ronge une partie conséquente de l’islam sunnite et la nuance est essentielle car cette guerre doit être menée aux côtés de tous les musulmans sunnites modérés.
Vis-à-vis d’Israël, la France ne doit pas céder au piège émotionnel, mais conserver une politique équilibrée. Quand on défend un monde fondé sur la souveraineté, on défend aussi la souveraineté d’Israël et son droit à la sécurité. Il est néanmoins évident que la sécurité d’Israël ne peut découler que d’une solution juste pour les Palestiniens, ce qui imposera à Israël (comme le préconisait Sharon à la fin de sa vie) de faire des concessions territoriales douloureuses en Cisjordanie, et donc de démanteler des colonies.
 


AYMERIC CHAUPRADE

Il est à la fois docteur en science politique, en mathématiques et en droit international, et diplômé de Sciences Po Paris. Il fait partie des grands noms de la géopolitique depuis la publication en 1997, avec François Thual, du « Dictionnaire de géopolitique ». D’autres ouvrages ont suivi et ont connu de vrais succès de librairie. Après dix années passées au « top niveau » de l’enseignement militaire supérieur français, Aymeric Chauprade s'est consacré à l’édition, à l’écriture, ainsi qu’au conseil international. Il est aujourd'hui député européen du Front national.  
http://blog.realpolitik.tv
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