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Fin de partie pour Air Mauritius ?

1 juin 2020 | PAR La rédaction
Air Mauritius est placée depuis le 22 avril sous administration volontaire (redressement judiciaire). - DR
« La possibilité de liquidation devient plus visible ». C’est la voix grave que Sattar Hajee Abdoula, administrateur d’Air Mauritius, a fait le panorama de la situation devant la presse locale.

Mise sous administration volontaire le 22 avril dernier, Air Mauritius fait face à la plus grave crise de son histoire. Alors qu’elle n’a aucune activité commerciale depuis le début de la crise sanitaire, la compagnie continue à générer des frais mensuels conséquents, aggravant ainsi son problème de liquidité. Aujourd’hui, l’un des postes de dépense les plus importants demeure le paiement des salaires et des allocations, estimés à 4 milliards de roupies par an (100 millions d’euros). D’où la proposition des administrateurs de revoir certaines allocations, octroyées par les conventions collectives, que la compagnie n’est plus en mesure de payer. Selon les estimations des administrateurs, les pertes cumulatives pourraient atteindre 9 milliards de roupies (225 millions d’euros) d’ici mars 2021 si les dépenses ne sont réduites à brève échéance. 
« Nous avons entamé les démarches pour soumettre notre demande auprès du Redundancy Board (institution chargée de traiter tous les cas de réduction d’effectifs et de fermeture d'entreprises pour des raisons économiques, financières, structurelles, technologiques et autres, Ndlr)(…) Entre-temps, notre porte reste ouverte aux syndicats afin qu’ils nous envoient leurs propositions. Nous comprenons qu’ils n’ont pas pu, à cause du confinement, consulter leurs membres pour prendre certaines décisions quant aux accords collectifs. Nous leur donnons cette opportunité pour faire des propositions raisonnables », a soutenu Sattar Hajee Abdoula.
« Une chose est sûre : pour sauver la compagnie, il faudra que toutes les parties prenantes consentent à des sacrifices financiers. Pour nous, il s’agit d’un exercice complexe et difficile qui nous amène à prendre des décisions difficiles. Des propositions constructives et raisonnables des syndicats au sujet des accords collectifs nous permettront de sauver le plus de postes possible et de réduire l’impact social de cette restructuration. Nous devons toutefois garder en tête que plus nous tardons, plus les options dont nous disposons s’amenuisent », a-t-il ajouté.

Un modèle à revoir

Les difficultés d’Air Mauritius sont telles qu’elle n’est plus en mesure d’honorer ses engagements financiers auprès des compagnies de leasing qui possèdent les avions qui ont rejoint sa flotte récemment.
Air Mauritius possède une flotte de 15 appareils dont 10 sont en leasing. Par conséquent, ces appareils ne sont pas utilisés actuellement car le risque existe qu’ils soient saisis en arrivant sur un territoire étranger, et ne puissent pas ainsi rapatrier des passagers (Mauriciens et étrangers bloqués à Maurice et/ou à l’étranger) et transporter des cargaisons importantes, telles que du matériel médical. « Pour les vols humanitaires, nous utilisons les A340 qui sont plus coûteux à opérer que ces avions de nouvelle génération », a indiqué l’administrateur. Ainsi, des négociations sont en cours avec ces compagnies de leasing d’avions afin qu’une solution soit trouvée dans les plus brefs délais. Les contrats de maintenance sont également revus pour faire baisser les coûts. Ces discussions avec les parties prenantes ont pour objectif de donner à la compagnie le répit nécessaire pour qu’elle puisse passer ce cap difficile.
Les administrateurs présenteront leur plan au plus tard fin novembre(…) « Nous pourrions le finaliser et le présenter bien avant si tous les éléments sont réunis rapidement. Cela dépendra grandement de la coopération des parties prenantes, dont les syndicats, les compagnies de leasing d’avions et les autres créanciers », explique Sattar Hajee Abdoula. Pour l’heure, plusieurs options sont envisageables.
Il y a d’abord une restructuration en profondeur de l’entreprise (comme la réduction de 50 % des 3 000 employés), ce qui implique une révision de son modèle d’opération, une réduction de sa flotte, voire des destinations desservies. 
Si les conditions ne sont pas réunies, les administrateurs n’écartent pas l’éventualité de recommander au conseil d’administration une mise en liquidation. Il existera ensuite la possibilité de créer une nouvelle compagnie aérienne.

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