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Maurice

Food and Allied duplique son modèle à Madagascar et bientôt au Kenya

11 juin 2015 | PAR La rédaction | N°297
Cédric de Spéville, CEO du groupe Food and Allied : « La filière s’est construite pour répondre aux besoins et se rapprocher le plus possible de l’autosuffisance alimentaire. - DR
Même si elle s’est diversifiée dans l’hôtellerie, l’ingénierie informatique, le commerce et la formation, la quatrième entreprise de Maurice est restée fortement impliquée dans l’industrie agroalimentaire avec un modèle qui a fait ses preuves et s’exporte.

« Aujourd’hui, près de 60 % de notre chiffre d’affaires est toujours réalisé dans l’industrie agroalimentaire. » Cédric de Spéville, CEO du groupe fondé par son père en 1967, est convaincu qu’un pays a besoin d’une industrie forte. Et il s’inquiète de voir que la part de ce secteur dans le PIB (Produit intérieur brut) mauricien s’est érodée à moins de 17%. « Il faut la faire remonter à 20 % ! » 
Tout a commencé modestement, un an avant l’indépendance de Maurice, à une époque où l’industrie mauricienne se limitait au sucre. Michel de Spéville se lance dans la production de poulets de chair en pensant aux besoins futurs de son pays et s’engage peu à peu dans une intégration verticale de ses activités. Si bien qu’aujourd’hui, de l’élevage des poussins à la fourniture de poulets dans les grandes surfaces et les petits franchisés Chantefrais (sans parler des 21 restaurants KFC exploités par le groupe), tout est géré par l’entreprise qui exploite ses propres fermes, mais travaille également avec un réseau d’éleveurs indépendants. Food and Allied leur fournit les poussins et toute l’assistance nécessaire. Pour se faire une idée de l’importance de l’activité, il faut savoir que 160 000 poussins sortent chaque semaine du « couvoir le plus moderne de la région » pour être livrés aux fermes du groupe et de ses partenaires indépendants qui pèsent environ 45 % de la production. Ce concept de partenariat fait la force de l’entreprise en plus de sa stratégie d’intégration verticale qui l’a conduite à produire aussi les aliments des poulets avec LFL (Livestock Feed Ltd). « Cette filière s’est construite pour répondre aux besoins et se rapprocher le plus possible de l’autosuffisance alimentaire. » Une grande grève des dockers, peu après l’indépendance de Maurice, avait d’ailleurs révélé l’insécurité alimentaire du pays. Aujourd’hui, le marché mauricien du poulet est devenu mature, mais aussi très concurrentiel, et sa croissance annuelle ne dépasse pas 3%. Food and Allied se concentre sur les gains de productivité et la création de valeur, tout en poursuivant son expansion à l’extérieur. 

« NOUS SOMMES VENUS À MADAGASCAR POUR MADAGASCAR »

Présent depuis une vingtaine d’années à Madagascar, il y a dupliqué son modèle avec une prédominance des éleveurs indépendants qui pèsent 90% de sa production. Le volume est presqu’équivalent à celui de Maurice avec 150 000 poussins livrés chaque semaine. Mais les bénéfices de cette activité malgache sont réinvestis localement par le groupe qui s’implique beaucoup dans la filière. En 2013, il a lancé dans la région de Tananarive le premier centre spécialisé en Afrique dans le domaine avicole, Avischool. Depuis 2006, Avitech-LFL a déjà formé des milliers de Malgaches à la technique avicole de base. Mais avec Avischool, le groupe veut répondre aux besoins d’encadrement technique. « On est venu à Madagascar pour Madagascar », commente Cédric de Spéville qui, aujourd’hui, regarde du côté du Kenya où son entreprise fournit déjà des poussins. Une filiale a été créée il y a six mois, à côté de Nairobi, avec l’objectif de dupliquer un modèle de partenariat et d’intégration verticale qui a fait ses preuves. 

  • L’AGRO-INDUSTRIE DANS LE DÉTAIL

    Du petit élevage de poulets des débuts, en 1967, au groupe diversifié d’aujourd’hui, il n’y plus grand chose à voir, sinon cet attachement à certaines valeurs humanistes qui ne font pas des « dividendes » une fin en soi. Cela n’empêche pas le groupe Food And Allied d’être la quatrième entreprise de Maurice et la onzième de la région avec un chiffre d’affaires de 13,5 milliards de roupies (336,6 millions d’euros). Le groupe s’est diversifié et se développe désormais à travers sept métiers différents, mais l’agro-industrie demeure sa première activité. Celle-ci englobe la production de poulets (marque Chantecler), métier historique du groupe, et de nutrition animale. Des poulets qui, pour certains, sont désormais valorisés à travers la transformation. Il faut y ajouter la production de salades sous la marque Bonduelle, les produits laitiers, sous les marques Yoplait et Candia, et les glaces Miko. Enfin, il faut citer Les Moulins de la Concorde, une entreprise un peu atypique au sein du groupe. Cette minoterie est en effet cotée à la bourse et plus de la moitié de son capital détenu par quelque 2 000 actionnaires. Une véritable institution qui parvient à remporter régulièrement l’appel d’offres annuel de fourniture de 90% de farine du pays (géré par l’entreprise para-publique STC). Un exploit quand on sait qu’une bonne dizaine de soumissionnaires, dont de très gros, venus de différents pays, participent à la consultation. 

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