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Forum économique mondial pour l'Afrique : lancement d'un réseau d'affaires des infrastructures

3 juin 2015 | PAR African Press Organization
Selon le SDF, le manque de capacité et de fonds dans la préparation des projets et l'implication insuffisante du secteur privé sont les principaux freins à la mise en œuvre des infrastructures régionales africaines. - NEPAD
Les plus importants présidents directeurs généraux du monde et d'Afrique lancent un réseau d'affaires continental (Continental Business Network, CBN) afin d'accélérer les investissements du secteur privé dans les infrastructures régionales africaines.

Le lancement du Continental Business Network (CBN) en marge du Forum économique mondial sur l'Afrique qui réunira, du 3 au 5 juin, les dirigeants régionaux et mondiaux du monde des affaires, des gouvernements et de la société civile au Cap, en Afrique du Sud, est une suite obligatoire et correspond à la mise en œuvre des recommandations formulées lors du Sommet de Dakar sur le financement (SDF) voulu par Macky Sall, président du Sénégal.
Le secrétaire exécutif de l'Agence du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), Ibrahim Mayaki, indique que le CBN a été approuvé par le Comité d’orientation des chefs d'État et de gouvernement du NEPAD (HSGOC) en juin 2014 et apporte une réponse directe afin de faciliter les conseils et le leadership du secteur privé dans les projets d'infrastructure essentiels du NEPAD et de l'Afrique. M. Mayaki invite le secteur privé à prendre en mains l'avenir du développement des infrastructures régionales. « Nous passons actuellement d'une approche exclusivement publique à une approche mixte public-privé concernant la mise en œuvre des infrastructures régionales africaines. Cette nouvelle culture sera encadrée par les instruments qu'offrira le CBN ».
Selon le SDF, le manque de capacité et de fonds dans la préparation des projets et l'implication insuffisante du secteur privé sont les principaux freins à la mise en œuvre des infrastructures régionales africaines. Le CBN est le pilier qui manquait pour résoudre ces problèmes, explique Momar Diop, ambassadeur du Sénégal en Afrique du Sud. « L'Afrique ne pourra réussir que si tous les acteurs du secteur public et du secteur privé unissent leurs efforts », ajoute Elham Mahmoud Ahmed Ibrahim, Commissaire à l'infrastructure et à l'énergie de l'Union africaine (UA).
La cérémonie de lancement du CBN, organisée par l'Agence du NEPAD, a réuni un échantillon représentatif de dirigeants du secteur privé qui ont proposé des recommandations aux chefs d'États africains concernant les approches et les étapes pratiques nécessaires pour améliorer le climat d'investissement dans les infrastructures de l'Afrique pour les projets d'investissement dans les infrastructures transfrontaliers et autres en Afrique.
Le CBN est une plateforme exclusive de conseils en investissements dans les infrastructures destinée aux chefs d'États africains, qui propose un engagement et un leadership éclairé au sujet de différentes questions stratégiques comme la politique, l'évaluation des risques d'investissement, la structuration des projets et plus particulièrement les contraintes existantes quant à la mise en œuvre du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA). Le réseau regroupe les principales entreprises et institutions financières d'Afrique et du monde ainsi que des organisations régionales et internationales.
 

Le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA), piloté par la Commission de l'Union africaine (CUA), l'Agence du NEPAD, la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (UNECA) et les Communautés économiques régionales (CER), est la solution de l'Afrique pour financer des infrastructures mutuellement avantageuses et renforcer les échanges intra-africains. Les 51 programmes et projets du PIDA sont regroupés dans quatre domaines : transports, énergie, technologies de l'information et de la communication (TIC) et eaux transfrontalières. Le PIDA permettra de :
 
•          Réduire le coût de l'énergie et d'en élargir l'accès. En Afrique, les coûts de production de l'électricité seront réduits de 30 milliards USD par an, soit une économie de 850 milliards USD d'ici à 2040 Avec le raccordement de 800 millions de personnes supplémentaires, l'accès à l'électricité passera de 39 % en 2009 à près de 70 % en 2040. Les projets énergétiques du PIDA fourniront plus de 61 009 mégawatts à l'Afrique.
 
•          Réduire drastiquement les coûts des transports et stimuler les échanges intra-africains. Les gains d'efficacité dans les transports équivaudront à au moins 172 milliards USD dans le Réseau africain d'infrastructures régionales de transport (ARTIN), avec la possibilité d'économies beaucoup plus importantes à mesure que s'ouvriront les corridors d'échange. La progression régulière de l’intégration régionale et des services finira par réorienter le commerce d'outre-mer vers les échanges entre les pays ainsi qu’à l’intérieur des régions et entre celles-ci, ce qui contribuera à réaliser les promesses du Marché commun africain pour 2028.
 
•          Financer les transports. Le secteur des transports bénéficiera de plus de 22 milliards USD d'investissements.
 
•          Assurer la sécurité alimentaire et celle de l’approvisionnement en eau. L’Afrique dispose de la plus faible capacité de stockage hydraulique et agriculture irriguée du monde. Tandis que près de la moitié du continent souffre d’une forme ou d’une autre de stress hydrique ou de pénurie d’eau, la demande va exploser. Afin de faire face à la crise qui s’annonce, les projets du PIDA permettront la réalisation des infrastructures de stockage hydraulique nécessaires à la production alimentaire et à sa distribution.
 
•          Accroître la connectivité régionale. Les projets du PIDA vont accroître de 20 % le nombre de connexions haut débit. L'augmentation de la pénétration du haut débit de 10 %, qui devrait être atteinte en 2018, entraînera une augmentation de 1 % du PIB grâce à une meilleure mise en relation des biens et des marchés d'une part, et des personnes et des emplois d'autre part.
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