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Réunion

Gaston Bigey, directeur général de Nexa : « Il était temps de passer à la vitesse supérieure »

1 fév 2018 | PAR Thierry Chateau | N°326
« On a mis en place des mesures incitatives qui nous placent en troisième position en France en matière d’aide à la production. » Guillaume Foulon
Le directeur général de Nexa, l’Agence de développement, d’investissement et d’innovation de La Réunion, se réjouit du succès remporté par l’édition 2017 de l’éductour « La Réunion des cinémas ». Il se dit satisfait de l’impact de l’opération sur l’économie du département.

L’Eco austral : Qu’est-ce qui démarque l’éductour 2017 des éditions précédentes ?
Gaston Bigey
: Les trois précédents éductours avaient permis aux partenaires que nous sommes, Ile de La Réunion Tourisme (IRT), Agence Film Réunion (AFR) et Nexa, de démontrer notre savoir-faire. Le bouche-à-oreille dans le cinéma a fonctionné, on commence à être connus et La Réunion est en train de prendre une vraie place dans le paysage international du cinéma. Il y a aussi une montée en puissance au niveau des aides. Et le fait que nos équipes soient désormais bien rodées facilite les choses. Donc, il était temps de passer à la vitesse supérieure.

Qu’est ce qui constitue l’attractivité principale de La Réunion ?
Il y a trois éléments importants. D’abord, il faut le rappeler, la diversité des sites : des paysages exceptionnels avec des plages, des montagnes, un volcan. De plus, les distances sont assez réduites entre ces différents sites, ce qui limite les coûts opérationnels. Ensuite, il y a cette mosaïque au niveau de la population. Les producteurs ont parfois l’impression d’être en Inde ou en Afrique et, l’instant d’après, ils se retrouvent en Europe... 
Le troisième facteur, c’est l’argent. On a mis en place des mesures incitatives qui nous placent en troisième position en France en matière d’aide à la production. Dans un monde où l’attractivité de destinations de tournage comme le Canada est très forte, nous pouvons être très compétitifs.

Quels sont les effets directs d’un tournage sur l’économie du département?
Les effets sur l’économie sont très concrets. Lorsqu’une production tourne à La Réunion, cela fait travailler les professionnels, les intermittents mais aussi les hôtels, les restaurants, les agences de location, etc. Pour les professionnels locaux, un tournage est aussi l’occasion de gagner en expertise. En ce qui concerne l’aspect touristique, le cinéma est un formidable vecteur de promotion. Lorsque l’on voit des images de La Réunion à l’écran, on a envie d’y aller. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé Nexa, au départ, à s’investir dans la filière.
Nexa a mis en place un observatoire pour évaluer l’impact du cinéma sur l’économie locale et les premières constatations indiquent une évolution globale de 35 % dans la filière depuis 2009 (chiffres de 2017, NDLR). Il nous reste encore à affiner la notion d’impact sur les emplois, notamment dans le cas des intermittents du spectacle, ainsi que sur les entreprises.

Quelle évaluation faites-vous des opérations de promotion du cinéma à La Réunion pour l’année 2017 ?
Ce cru 2017 est meilleur que le précédent, c’est un fait. Nous avons accueilli plus d’invités parce que nous avons une meilleure maîtrise de ce qu’il faut faire. En 2017, en plus des Européens et des Sud-Africains, nous avons accueilli des Chinois et des Indiens. Au moins trois producteurs ont indiqué leur intention de tourner. Donc, le résultat sera automatiquement meilleur. L’éductour 2016 avait abouti à un tournage qui a eu lieu en 2017. On a vraiment marqué des points et je crois aussi qu’on a trouvé la recette. On a déjà des pistes pour 2018, on va essayer de faire encore mieux…

Comment voyez-vous l’avenir du cinéma réunionnais ?
Le développement du septième art à La Réunion peut se concevoir à plusieurs niveaux. Déjà, il y a l’impact direct que la filière a sur l’économie et les effets indirects sur les secteurs comme l’hôtellerie, la restauration, la location de voitures, etc. Il y a aussi la visibilité du territoire sur le plan international. Et puis, il y a l’évolution technologique avec la part de plus en plus importante du numérique. Les films de demain s’appuieront de plus en plus sur la réalité virtuelle. L’avenir est là. Dans ce secteur, La Réunion est à la pointe avec des structures comme le studio Pipangaï, et elle doit le rester.

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