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GÉNÉRAL YVES MÉTAYER, NOUVEAU PATRON DES FAZSOI : « Une région stable mais un équilibre fragile »

1 sep 2019 | PAR Ignace de Witte | N°343
Le 1er juin 2019, Yves Métayer est passé du grade de colonel à celui de général de brigade et le conseil des ministres l’a nommé, à compter du 16 août, commandant supérieur des Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI). Photo : Ignace de Witte
À la tête des Forces armées françaises dans la zone sud de l’océan Indien depuis le 16 août, Yves Métayer a en charge une zone d’intervention de 24 millions de kilomètres carrés. Tout ça avec des moyens qui restent très limités.

« Trente-quatre ans que je porte l’uniforme, que je fais ce métier, et je ne m’en lasse pas ! » Ce breton né à Vannes, issu d’une famille de militaires, a choisi les troupes de Marine pour satisfaire son goût du large et des rencontres. Il a été affecté en Martinique, en Nouvelle-Calédonie et à Djibouti. Comme toute carrière militaire bien gérée, celle-ci alterne état-major, formation et zones de guerre (Mali, Kosovo, Afghanistan, Tchad). Il ne se plaint pas de ses passages obligés à Paris, où il a eu « la chance de ne pas avoir des dossiers fastidieux mais des dossiers plus concrets ». Aujourd’hui, il se dit « fier de commander un dispositif unique dans l’océan Indien, avec des capacités Terre, Mer et Air, un outil de combat unique, très resserré, avec beaucoup de réactivité ».
Le général Métayer dispose d’un outil formidable mais a parfaitement conscience de ses limites. L’effectif des FAZSOI est actuellement de 2 000 hommes (avec la réserve opérationnelle) pour une zone d’intervention de 24 millions de kilomètres carrés. « Nous sommes les premiers seaux d’eau sur l’incendie », dit-il avec humilité. Il se félicite de ce qu’on ait mis fin à la « rationalisation » (mot politiquement correct pour démantèlement - NDLR) et que l’on soit maintenant en phase de « remise en place de moyens : Astrolabe (*), Champlain et, en 2023, des patrouilleurs, qui seront plus gros que ceux qu’ils remplacent.  La Pointe-des-Galets est la troisième base française, après  Toulon et Brest ».
Pour lui, l’arrivée d’un boutre sri-lankais dans le port de Sainte-Rose n’est pas un trou dans la raquette. « L’immigration est sous contrôle, on savait qu’il arrivait. Aller à sa rencontre à 20 nautiques n’aurait rien changé. »
Le général Métayer a d’ailleurs profité de sa visite au 2ème RPIMA, « seul régiment parachutiste stationné Outre-mer et donc le plus rapide à projeter dans la zone sud de l’océan Indien » pour réaliser un saut en tandem, à partir d’un Casa (avion cargo militaire). Et de rappeler qu’il y a 45 000 Français dans la zone et qu’il faut « se tenir prêt à intervenir, parer à toute éventualité ». Mais l’actualité concrète dans la zone, c’est le président Andry Rajoelina, qui lors de sa visite officielle à Paris a demandé à ce que l’on rouvre le dossier de la souveraineté sur les îles Éparses du canal du Mozambique. Madagascar est aussi concernée par les go-fast, puissantes embarcations à moteur qui partent de la côte est de la Grande Île et transportent de la drogue vers l’île Maurice. Sans oublier l’immigration clandestine entre Anjouan et Mayotte. Bref, ce ne sont pas les missions qui manquent dans la zone sud de l’océan Indien et le général avoue qu’il lui serait totalement impossible de prendre en charge les appelés du nouveau « service militaire », qui ne verra donc pas le jour de sitôt.

(*) L’Astrolabe est un bâtiment exploité en coopération par les TAAF (Terres Aus-trales et Antarctiques Françaises) et la Marine. Le Champlain est un bâtiment multi-missions (B2M). 

Le général Vidaud au Commandement des opérations spéciales
Le général Yves Métayer suc-cède au général Éric Vidaud, promu général de division et nommé chargé de mission au-près du chef d’état-major de l’armée de terre, des termes discrets pour dire qu’il prend la tête du Commandement des opérations spéciales (COS), qu’il connaît bien.
Cure d’amaigrissement
Certaines décisions prises en haut lieu étonnent : La Réunion était autrefois dotée d’une BA (Base aérienne) qu’on a fait évoluer en DA (Détachement air), un dispositif plus léger. Ce qui est paradoxal puisque c’est a priori l’aérien qui permet de réagir le plus rapidement face à une situation qui nécessite une intervention militaire.
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