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Guillaume Branlat : « L’attractivité passe par la compétitivité de nos tarifs »

1 fév 2017 | PAR La rédaction | N°316
« Nos recettes extra-aéronautiques représentent aujourd’hui 25% de notre chiffre d’affaires, nous avons l’ambition de les porter à 35% à l’horizon 2022. » - Studio Lumière pour la SA ARRG
Le nouveau président du directoire s’explique sur le plan stratégique de l’aéroport Roland Garros et évoque une probable évolution de son actionnariat dans les prochaines années.

L’Eco austral : Au mois de mars, vous allez soumettre à votre conseil de surveillance le plan stratégique de l’aéroport Roland Garros pour les prochaines années. Quel est son contenu ?
Guillaume Branlat : Il s’agit d’un projet de développement économique visant à poursuivre nos investissements de capacité, mais aussi à attirer de nouvelles activités de commerce et de service sur la plateforme. Notre compétitivité passe par le gel, voire la réduction de nos tarifs aéronautiques. L’augmentation du trafic permettra de maintenir le chiffre d’affaires, alors que nos investissements dans la création de nouvelles surfaces commerciales feront augmenter nos recettes extra-aéronautiques. Elles représentent aujourd’hui 25% de notre chiffre d’affaires, nous avons l’ambition de porter cette part à 35% à l’horizon 2022. Nous devons en parallèle accompagner le personnel dans la mise en œuvre de ce plan stratégique, en suscitant l’adhésion au projet d’entreprise.

L’aéroport Roland Garros dispose-t-il de l’espace suffisant pour ses projets de développement à long terme ?
Il n’existe pas réellement d’obstacle foncier puisque le principal propriétaire de la zone est l’État. L’affectataire principal des terrains est la Société Aéroportuaire, le secondaire étant l’Armée de l’Air. L’Armée tient à conserver sa base, mais elle est prête à discuter d’une mutualisation d’une partie des surfaces. Sur le front de piste, nous avons des possibilités de densification pour les quinze prochaines années. À l’arrière, la Région est propriétaire de la zone d’activités aéroportuaires, qui a pour vocation d’accueillir des activités liées à l’export. Mais aussi des fonctions de soutien à l’activité aérienne, qui ont besoin d’un accès, sans qu’il soit direct, aux pistes et pourront, à terme, reculer. Sur ce sujet, nous avons un dialogue constructif avec la Région, qui est aussi notre actionnaire à 10%.

L’État a commencé à se désengager de plusieurs concessions aéroportuaires en Métropole. Est-ce envisageable à La Réunion ?
Les aéroports d’Outre-Mer sont des infrastructures stratégiques, l’État y conservera sans doute une part significative. Cela dit, il n’a pas vocation à rester actionnaire majoritaire, il se trouve un peu juge et partie actuellement. Un rééquilibrage entre les acteurs est certainement envisageable, avec une montée au capital des collectivités locales, telles que la Région, aux côtés d’investisseurs privés. Mais l’évolution de l’actionnariat ne devrait pas être d’actualité avant plusieurs années. 

INGÉNIEUR MANAGER
Né à La Réunion il y a 42 ans, Guillaume Branlat est ingénieur en génie civil de formation, diplômé de l’Université du Havre. Il a d’abord travaillé pour des bureaux d’études réunionnais avant d’intégrer l’Aéroport Roland Garros en 2006, en charge du service Études et Travaux. En 2011, il prend la tête de la direction technique et entre au directoire de la Société Aéroportuaire, nouvellement créée. En 2015, Guillaume Branlat devient directeur des Opérations puis décroche un diplôme de manager dirigeant délivré par l’École Supérieure de Commerce de Paris Europe. Le 1er janvier dernier, il a succédé à Jean-Paul Noël à la présidence du directoire. « En tant qu’ingénieur, j’étais un constructeur, je deviens un développeur », résume-t-il.
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